Publié le 15/03/2017 à 18:10 / Isabelle Doucet

Projet

Pour s'installer dans le Gaec familial, Steven Clavel a fait le choix de la diversification. Il a ouvert un financement participatif sur la plateforme Miimosa afin de lancer sa production de bière locale. Dernière ligne droite.

Les bières des frères Clavel.

« J'étais loin d'imaginer, il y a cinq ans, lorsqu'avec Aurélien on s'amusait à brasser, que je commercialiserais un jour notre propre bière. »

Steven Clavel vient tout juste de s'installer en rejoignant le Gaec familial des Terres froides à Biol.

« Je ne souhaitais pas aller vers un agrandissement de la ferme, car cela entraîne davantage de contraintes. J'avais plutôt pour projet de voir du monde, de vendre en direct et de faire de la transformation », explique le jeune exploitant.

Après une formation BEP, Bac pro et BTS APV (agronomie productions végétales), puis cinq années de service de remplacement, il fait donc le choix de la diversification.

L'exploitation compte un troupeau laitier de 55 vaches montbéliardes et prim'holstein. Le lait est livré à l'Etoile du Vercors pour la production de saint-marcellin et de saint-félicien.

La SAU de l'exploitation s'élève à 105 hectares qui servent à la production de céréales pour les bêtes, d'herbe et de semence d'herbe.

« C'est un changement de direction pour l'exploitation, reprend Steven Clavel, mais mon père et mon frère m'ont soutenu dans mon projet. »

Un projet qui se décline en trois nouvelles productions : la noix et la noisette, la miel et la bière.

« La culture du noyer et du noisetier m'a beaucoup plu lorsque j'étais au service de remplacement. Il y a un petit créneau dans la noisette », avance le jeune installé.

Il a déjà planté une cinquantaine de noisetiers à l'automne dernier et 150 pieds de franquette. « A terme j'envisage 5 hectares de chaque production. » Les arbres entreront en production d'ici 5 à 6 ans.

L'objectif est une valorisation des produits transformés par la vente directe.

Orge et noyers bio

Quant à la bière, le projet trottait de longue date dans la tête des frères Clavel.

« Nous avons commencé par nous renseigner, acheter du malt et essayer une ou deux recettes. Petit à petit, nous avons élaboré nos propres recettes, pour en avoir trois ou quatre de base », poursuit le jeune brasseur. Depuis un an, la méthode est rodée.

 

Steven Clavel lance sa gamme de bières locale en faisant appel au financement participatif.


« Nous produisons la bière avec de l'orge de chez nous que nous faisons malter chez Malteurs échos en Ardèche. Nous ne sommes pas encore en agriculture biologique, mais il ne nous manque rien du tout. Nous produisons un hectare par an d'orge plantée sous couvert de luzerne, qui repousse après la récolte. Nous ne désherbons donc pas », indique l'exploitant.

Les noyers et l'orge de brasserie ont pour vocation à être produits en bio. L'orge est cultivée en rotation sur trois hectares de luzerne.

Le houblon est acheté en Belgique et prochainement en Alsace.

« J'ai essayé de faire un petit brassin avec du houblon sauvage de Biol pour fabriquer une bière à la ferme de A à Z », ajoute le jeune homme qui adore jouer avec les houblons et leur saveurs pour donner la couleur et le caractère des différentes bières.

 Les frères Clavel proposent une gamme de cinq bières, trois annuelles (ambrée, rousse et blonde) et deux de saison (blonde au miel et bière noire).

Financement participatif

Reste à financer tout cela. D'autant que la famille souhaite réhabiliter de vieux murs pour faire un laboratoire et un point de vente d'ici à 2018. L'investissement est estimé à 50 000 euros.

Quant au matériel de brassage, à raison d'une production annuelle de 500 litres, il s'élève à 30 000 euros.

La brasserie a encore besoin d'un moulin pour concasser le malt, de deux cuves de 650 litres et d'un système de refroidissement. D'où l'idée de lancer un financement participatif via la plateforme Miimosa avec contreparties... en liquide.

Les dons récoltés seront plus particulièrement dédiés à l'acquisition d'une embouteilleuse et d'une étiqueteuse.

« Si la collecte dépasse nos objectifs, nous achèterons du matériel de manutention », espère le brasseur paysan.

La commercialisation devrait être lancée au mois de juin prochain.

Isabelle Doucet
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