Publié le 12/01/2018 à 12:25 / Marianne Boileve

Loup

Le nouveau plan Loup et le dispositif réglementaire associé doivent entrer en vigueur au début du mois de février.

La FNO et le réseau syndical prônent le zéro attaque.

La consultation publique concernant le plan Loup 2018-2023 a débuté le 8 janvier et se clôturera le 29 janvier. « Le nouveau Plan se fixe pour objectif de conjuguer la protection de l'espèce et les activités d'élevage et de pastoralisme », explique un communiqué commun des ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique.

Objectif : zéro attaque

La Fédération nationale ovine et le réseau syndical appellent les éleveurs à prendre part à la consultation publique. Prônant toujours le « zéro attaque sur les troupeaux », ils invitent les professionnels à demander que « les prélèvements soient possibles au regard de la pression de la prédation et non du taux de prélèvement du loup, que les tirs de défense renforcée et de prélèvement soient valables toute la campagne » et qu'il n'y ait « aucune gestion différenciée entre les territoires dans l'octroi des tirs ».

Pro-loups majoritaires

Au regard des enjeux, la participation à la consultation publique semble s'imposer car, le 12 janvier, en fin de matinée, sur les plus de 700 avis déjà en ligne, l'immense majorité des internautes se prononçait contre les tirs de loup. Certains commentaires vont même jusqu'à mettre en cause l'incurie ou les pratiques des éleveurs. Les contrepoints sont rares. Seuls quelques citoyens, éleveurs, vétérinaires ou syndicalistes apportent une note discordante, faisant valoir l'impérative nécessité de réguler la population de loups.

Manif anti-loup dans le Trièves à l'été 2017.

Dans un long message, perdu au milieu d'appels à l'arrêt du « massacre des loups », Brigitte Muret, éleveuse bio, explique pourquoi il faut que le loup soit régulé : « Parce que chaque jour est trop court pour à la fois faire fuir les loups qui voudraient attaquer nos brebis (6 attaques en 2017, dont une particulièrement éprouvante où je me trouvais prise en chasse avec les brebis) et faire le travail quotidien ». Si rien ne change, l'éleveuse ne voit « qu'une issue à la longue : c'est la fin du pâturage et de l'élevage extensif ».

La FNO et le réseau syndical prônent le zéro attaque sur les troupeaux (crédit photo : Annette Jouvent).

De son côté, « Eric » souligne qu'« avec 40 loups abattus en 2016, il y a quand même eu une augmentaion de 14% de loup en 2017 ». Quant à « Nanou », elle s'indigne du fait de laisser « des gens ni concernés ni compétents donner leur avis (...). Va-t-on demander au berger de Peine ce qu'il pense d'un nouveau feu rouge à Paris ou d'un parking à Nice ? » Pour sa part, François Pecquerie, vétérinaire, conseille à « ceux qui défendent le loup » d'aller voir les vidéos montrant « une brebis éventrée vivante léchant son agneau mort » ou celle du « mouton dévoré vivant se traînant avant de pouvoir être euthanasié en attendant l'administration ». Son confrère, le docteur Françoise de la Margotière, s'emporte contre le « business du loup » et rappelle que « personne ne vient entretenir la montagne, sauf les agriculteurs, alors restez bien dans vos villes et continuez de mettre la clim dans vos appart et de chauffer vos piscines ».

Nouveau plan loup

A l'issue de la consultation publique, « le nouveau plan et le dispositif réglementaire associé entreront en vigueur au début du mois de février 2018, après avis du Conseil national de la protection de la nature », ont annoncé les ministères.

 

Marianne Boilève

 

Consulter le projet d'arrêté fixant les conditions et limites dans lesquelles les tirs de loup peuvent être accordés

Consulter le projet d'arrêté fixant le nombre de loups pouvant être prélevés

Télécharger le Plan national d'actions sur le loup et les activités d'élevage (2018-2023)

Le nouveau Plan loup

Le projet d’arrêté « cadre » propose les évolutions suivantes :
- possibilité de gérer les tirs de loups sur une période calée sur l’année civile pour éviter l’atteinte du nombre maximum de loups pouvant être abattus au moment de la montée en estive des troupeaux ;
- priorité donnée aux tirs de défense, utilisables toute l’année, et limitation des tirs de prélèvement à la période entre le 1er septembre et le 31 décembre et principalement sur les zones ayant subi de nombreuses attaques ;
- mise en place par le préfet de département d’un suivi des dommages dus au loup sur les troupeaux d’animaux domestiques permettant d’évaluer l’importance et la récurrence des attaques, afin de procéder à un sélection de territoires où les tirs de prélèvements et de prélèvements renforcés de loups peuvent être autorisés ;
- possibilité de réaliser des tirs d’effarouchement (non létaux) sans formalité administrative en l’absence de mise en place de mesures de protection des troupeaux ;
- conditions d’accès aux tirs de défense (simple et renforcée), uniformisées quelle que soit l’ancienneté de la colonisation des territoires ;
- suivi d’une formation de 2 heures pour la réalisation de tirs de défense renforcée ;
- obligation d’envoyer chaque année à la DDT le registre de tirs, nécessaire pour justifier la délivrance d’autorisation de tir de prélèvements ;
- meilleure lisibilité de la section relative aux tirs de prélèvements avec une présentation harmonisée avec celle des tirs de défense ;
- définition d’un régime spécifique d’intervention sur certains fronts de colonisation où la mise en œuvre des mesures de protection présente des difficultés importantes.
Mots clés : FNO BREBIS ELEVEURS PLAN LOUP TIR DE DEFENSE PROTECTION DES TROUPEAUX EFFAROUCHEMENT REGULATION TIRS DE PRELEVEMENT ATTAQUES PROJET D'ARRETE LOUP
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