Publié le 15/11/2018 à 17:00 / Jean-Marc Emprin

Mouvement du 17 novembre

Les syndicats agricoles n'appellent pas à manifester et laissent leurs adhérents libre de participer à titre individuel au mouvement du 17 novembre.

crédit photo : archives AFP

Les syndicats agricoles ne prennent pas position quant au mouvement du 17 novembre déclarent-ils dans des séries de communiqués de presse.

La FDSEA, les JA et les entrepreneurs du territoire (EDT) de l'Isère expliquent que « Du fait de l'absence de pilote identifié, de revendications floues de la part du mouvement citoyen, nous ne participerons pas à cette mobilisation en tant qu'organisation professionnelle. » Ils laissent cependant « libres leurs adhérents de choisir à titre individuel s'ils souhaitent ou non participer à la mobilisation (...) ce choix est individuel. » Ils se disent « conscients des charges induites et de l’impact sur la trésorerie des exploitations, des entreprises et des familles » et ajoutent qu'ils sont « solidaires de l’expressions du malaise de la ruralité. » « Nous en constituons une part importante et subissons aussi, ainsi que nos proches, l’augmentation des coûts de la mobilité dont l’accès au travail. »

Pas de leader

Mais devant « un mouvement multiforme, non encadré, mêlant des associations de consommateurs, des appels personnels sur les réseaux sociaux, certains transporteurs, des mouvements anti-tout, sans implication des syndicats et avec une politisation du mouvement qui s’exprime par les deux extrêmes », les responsables syndicaux isérois demeurent prudents.

Pas de mouvement de fond

Au niveau national, l'adhésion est assez diverse en interne. Au Modef, «la très grande majorité des adhérents souhaite y participer», constate son président Jean Mouzat, qui lui même défilera «comme citoyen». A la FNSEA, « une énorme majorité de départements ne souhaite pas s'associer au mouvement », rapporte la présidente Christiane Lambert.

De même à la Confédération paysanne, « la grande majorité des départements ne s'associe pas, et à ma connaissance, aucun n'a décidé d'y participer », rapporte Nicolas Girod, secrétaire national.

Le président de la Coordination rurale Bernard Lannes constate, de son côté, une adhésion « très hétérogène ».

Rappel à l’ordre public

Pour sa part la préfecture de l'Isère indique que « si le droit de manifester est un droit fondamental protégé par la loi, il doit cependant être concilié avec d’autres libertés essentielles comme la liberté d’aller et venir et avec le respect de l’ordre public. »

Dans ce cadre, les organisateurs d’une manifestation de voie publique sont donc soumis à l’obligation de la déclarer. Ce n’est pas une demande d’autorisation. Elle vise à rendre compatible la manifestation avec la préservation de l’ordre public.

Déclaration obligatoire

« La déclaration doit être faite au moins 3 jours avant l’événement à l’autorité administrative en charge de l’ordre public : en préfecture, en sous-préfecture, ou, en mairie dans les communes hors des zones de police », rappelle la préfecture. 
Par ailleurs, la participation à une manifestation publique est un droit fondamental, mais n’exonère pas les participants de leurs responsabilités notamment civiles (ou pénale) en cas de dommages causés.

Pédagogie

Les autorités évoquent « de nombreuses prises de contact ces derniers jours pour faire de la pédagogie auprès de chacun des référents, porte-paroles ou gestionnaires de pages Facebook.» Ils sont invités « à faire preuve d’un esprit de responsabilité et de prudence dans les actions entreprises, pour éviter tout incident. »

 

Jean-Marc Emprin

 

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