Publié le 26/10/2018 à 17:50 / TD journaliste

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Après la projection des films, les éleveurs, bergers et autres professionnels des alpages se sont retrouvés dans un café pour débattre de la vie future des alpages et du métier de berger.

Les professionnels du pastoralisme ont échangé sur le métier de berger et ses difficultés.

En moyenne, un berger reste 5 ans dans le métier : 7 ans pour un homme, 2,5 ans pour une femme. « Les bergères ne restent pas longtemps car elles ont des projets de vie et de travail », explique Bruno Caraguel, directeur de la Fédération des alpages de l'Isère (FAI).

Pourtant, la relève, il y en a besoin. Certains éleveurs changent de bergers chaque année, voire même « se font planter » au dernier moment. Après avoir travaillé avec deux bergères, Solange Brun-Prince, éleveuse à Chapareillan, se retrouve sans berger pour l'année prochaine. « On ne sait pas trop comment on va gérer 2019, et comment on va gérer avec le loup », confirme-t-elle. C'est d'ailleurs la question principale de cette assemblée.

Les conditions d'alpages ont bien changé en quelques d'années. « Maintenant, avec les chiens de protection et l'hypersurveillance, comment on accompagne le stress et les tirs possibles ? », interroge une femme d'éleveur.

Travailler à deux

« C'est un enjeu d'occupation de territoire. 1 300 têtes, un berger et des loups, ça ne peut pas tenir. Dans certains pays, c'est une famille entière qui monte au hameau pour l'été », raconte Mickaël Thévenin, doctorant en anthropologie.

Il existe des financements pour un aide-berger en France mais pour les invités ce n'est pas toujours la solution. L'aide est parfois utilisée pour financer le berger et non pas l'aide-berger, et ce dernier est parfois confondu avec un apprenti. « Il y a la place et la nécessité d'avoir deux reconnaissances et au même salaire », confirme un membre de la FAI.
Julien Vilmant travaille avec sa compagne Chloé Dehaene à l'alpage de Combe-Madame. Pour eux, il y a un intérêt d'être deux bergers. « On a plus de disponibilités et on peut construire un vrai projet de vie à deux autour du pastoralisme », explique-t-il.

Si cela n'est pas toujours possible, une bergère à la retraite conseille de s'inspirer d'autres massifs. « Il devrait y avoir un berger de soutien qui monte sur plusieurs alpages. Les éleveurs sont à plusieurs heures de route et on les voit trois fois dans la saison. Et ce n'est pas la même chose, l'éleveur c'est notre patron ».

Il y a déjà les brigades d'appui dans le plan loup 2018-2023 mais qui s'occupent des problèmes de prédation. « Au-dessus de 1 200 brebis, il faudrait imposer deux bergers. En-dessous de ce chiffre, il faut un aide-berger », propose  un invité.

Se former au métier

A deux bergers, il est aussi possible de répondre à des problématiques particulières, comme la gestion touristique ou encore l'amélioration des cabanes en alpages. « Il faut réfléchir au niveau de recrutement. On balance sur le terrain, parfois sans formation. Pour rassurer les employeurs, il faudrait un minimum de formation sur ce que les gens vont rencontrer », argumente Bruno Caraguel.

Il existe par exemple une maison du berger ou l'école du Merle qui forme les futurs bergers en un an. La FAI réfléchit aussi à une formation courte et concrète à proposer aux bergers lorsqu'ils prennent le premier poste. Et prendre conscience du métier.

« Le pastoralisme c'est 2 000 salariés en France, y compris le week-end », explique-t-il. Berger, « ce n'est pas un art de vivre, c'est un métier ». Les films diffusés l'ont bien montré.

Virginie Montmartin

 

Mots clés : LOUP FORMATION FESTIVAL DU PASTORALISME BERGER
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