Publié le 30/11/2018 à 10:55 / TD journaliste

Société

Afin de soutenir les aidants, ces personnes issues du cercle familial qui s'occupent d'une personne en difficulté, la MSA Alpes du Nord présentait à Beaurepaire une pièce de théâtre sensée délier les langues à l'occasion de la journée nationale des aidants.

A gauche, une femme du public propose au

Les aidants, parfois accompagnés des aidés, sont venus nombreux pour assister à la pièce de théâtre « Points d'appui » à l'occasion de la journée organisée par la MSA et ses partenaires à Beaurepaire. Au travers de quatre scénettes, quatre saynètes et un animateur jouent des situations que rencontrent au quotidien les membres du public. « On mène une enquête sur le sujet pour construire une pièce, explique Thibault de Vivies, de la compagnie Entrées de jeu et animateur de la pièce, le but est de dédramatiser un sujet sérieux et de confronter leurs vérités, leurs points de vue ». La pièce aborde la thématique de l'aide à domicile, des disputes familiales, des difficultés à savoir ce que souhaite l'aidant... Après une première représentation, une seconde est proposée mais, cette fois, le public peut intervenir pour changer l'histoire et même jouer dans la pièce. Ce format de représentation est un théâtre-forum.

Savoir souffler

« Dès que vous n'êtes pas d'accord avec quelque chose, vous pouvez lever la main et couper la scène », invite Thibault de Vivies. Dans la première scène, les enfants rendent visite à leur mère, malade, et leur père, en situation d'aidant. L'aidée ne souhaite pas participer au repas alors le père insiste pour qu'elle vienne. Une personne du public interrompt la scène et rejoint le groupe de comédiens dans le rôle de la fille. « Je vais aller la chercher », propose la nouvelle recrue. « Je ne t'ai pas invité pour ça ! », improvise le père. Après insistance de sa « fille », le père obtempère : « en attendant, qu'est-ce que je fais ? », « tu souffles ! ».
Dans la deuxième scène, la fille, en position d'aidant, souhaite donner à manger au père, atteint de Parkinson, tandis que le fils, peu présent au quotidien, souhaite qu'il se débrouille par lui-même. Une personne du public intervient : « Ce n'est pas aux enfants de faire ça, c'est à une aide à domicile. Il faut faire comprendre au fils l'état réel de son père ». Les deux dernières saynètes abordent la difficulté de faire confiance à une aide à domicile et de prendre la décision de placer l'aidé en maison spécialisée. « Ils essayent de prendre du recul sur leur situation. Dans la peau d'un personnage, on peut aller beaucoup plus loin dans la réflexion », explique Thibault de Vivies.

150 personnes

Derrière le jeu, certains membres du public se sont retrouvés dans les situations présentées. Patricia Barnal s'est rapidement identifiée à plusieurs scènes, notamment la deuxième : « Il faut le vivre pour comprendre, explique-t-elle, il faut essayer d'avoir un bon contact avec les aides à domicile et leur expliquer les problèmes de l'aidé. Mais parfois, lorsqu'elles sont remplacées, c'est compliqué... » Après la représentation, les aidants étaient invités à échanger avec les partenaires de la MSA pour trouver des solutions.
« C'est la première année que la MSA organise une journée dédiée aux aidants, explique Matthieu Payer, animateur à la MSA. Il y a plus de 150 personnes présentes et très peu de désistement. » « C'est une action qu'il fallait faire car il faut qu'ils parlent de leurs difficultés, qu'ils puissent rester des mères, des conjoints et des frères et sœurs au-delà du statut d'aidant », explique François Rozier, président de l'Isère rhodanienne pour la MSA. Si le spectacle se déroulait à la salle polyvalente de Beaurepaire, ce n'est d'ailleurs pas par hasard. « A Beaurepaire, il y a beaucoup d'aidants mais peu de structures. En amenant nos partenaires, on essaie qu'ils repartent avec des solutions », confirme-t-il. Aides financières, aides à domicile, ou relayeur de l'aidant, les solutions se développent pour soutenir un million d'aidants recensés en France. « Après cette après-midi de répit, ils doivent oser dire : « Je suis aidant et j'ai besoin d'être aidé », encourage François Rozier.

Virginie Montmartin

 

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