Publié le 12/12/2018 à 11:15 / Isabelle Doucet

Prédation

Les chiffres annoncés par l'ONCFS font état du dépassement du seuil des 500 loups en France, à partir duquel le plan loup pourrait être révisé.

Carte de dispersion du loup établie par l'Observatoire du loup.

Dans un communiqué de presse adressé à certains médias, l'ONCFS(1) a anoncé que la population de loups avait atteint un premier seuil de viabilité.

Le suivi hivernal fait apparaître que « l'expansion démographique se poursuit avec 85 zones de présence permanente, ZPP, dont 72 meutes (le dernier bilan hivernal faisait état de 74 ZPP dont 57 meutes). Cette croissance de la population se traduit en premier lieu par un renforcement de la population dans le secteur alpin et provençal (...) ».

L'office ajoute : « il est probable que l’estimation de l’effectif en sortie d’hiver 2018/2019 dépasse les 500 loups. Ce chiffre correspond à un premier seuil de viabilité de la population ».

12 500 bêtes tuées

Le gouvernement s’était fixé comme objectif d’atteindre ce seuil de 500 loups à l’échéance du présent plan loup, soit 2023, et a pris l’engagement de réexaminer le dispositif de gestion une fois l’objectif atteint.

C'est ce que demande la Fédération nationale de défense du pastoralisme (FNDP)(2). « Il est donc temps, dès aujourd’hui, sans attendre la sortie de l’hiver, de remettre à plat ce plan loup, comme prévu par le gouvernement dès que la viabilité serait atteinte.»

La fédération estime par ailleurs « que ces chiffres officiels sont largement en-deçà de la réalité » et dénonce « le manque de connaissance scientifique ».

Elle rappelle que les prédateurs « n'ont à ce jour plus rien de sauvage », qu'il s'agit le plus souvent « de loups hybridés avec des chiens (qui) se nourrissent principalement d'animaux domestiques ».

40 millions d'euros

Elle met en exergue un autre chiffre, celui de 12 500 bêtes tuées en 2017 pour 360 loups  et prévient : « le bilan 2018 sera encore supérieur à celui-là ».

Dans son argumentaire, la FNDP fait aussi valoir le coût du loup en France : 40 millions d'euros.

Elle demande à ce que le ministère de l'Agriculture reprenne la main sur ce dossier, afin de se départir d'une « politique d'ensauvagement des territoires en dehors de toutes réalités.  »

Statut du loup

L'association d'élus Usapr(3) réagit également en indiquant qu'il y a « urgence à réviser les modalités de gestion et les maires doivent être associés à cette réflexion ». 

Elle s'interroge quant à la viabilité des communes rurales, sachant que 960 supportent aujourd'hui la présence du loup (dont 524 régulièrement) et que cette fréquentation est en augmentation de 13%.

L'Usapr en appelle enfin à « s'interroger sur le statut des prédateurs dans notre pays, tel que fixé par la convention de Berne et la Directive habitat faune flore ».

ID

(1) Office national de la chasse et de la faune sauvage

(2) La FNDP regroupe des éleveurs, des bergers, des élus et des scientifiques convaincus de « l’impossible cohabitation des troupeaux et des grands prédateurs »

(3) Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales

 

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