Publié le 14/01/2019 à 17:10 / Jean-Marc Emprin


Le grand débat est engagé. Certains pensent déjà qu'il ne servira à rien. Facile d'exiger et de renier, c'est moins facile de se mettre à l'ouvrage. La France est un pays de liberté d'expression et ce débat est une chance de transmettre des idées, des messages, des propositions nouvelles ou innovantes. Il rejoint le principe de la démocratie participative que beaucoup de citoyens souhaitent.
Après deux mois d'expression sur les ronds-points avec des revendications peu claires ou mal structurées, il serait décevant de ne pas s'approprier ce débat d'envergure qui propose l'ouverture et n'exclut pas de thématiques par principe.
Alors gilets jaunes qui exprimaient d'abord un ras-le-bol ou gilets d'autres couleurs, chacun doit essayer de jouer son rôle de citoyen responsable, sa part de construction d'un modèle français, où l'économie et la liberté d'entreprendre soient au service des hommes et des femmes.
On le sent bien : la question tourne autour de l'argent et de la répartition des richesses. Un pays riche coïncide mal avec la pauvreté. Qu'en est-il d'un pays lourdement endetté ? Pourtant, le malaise jaillit de ces écarts parfois insupportables entre un PDG de Renault, un joueur de foot... et un salarié à 1 200 euros, un agriculteur qui ne prélève rien et un retraité à 700 euros.
Comme pour les Etats généraux de l'agriculture ou ceux de la ruralité, il faut mettre en évidence le refus de l'inéquité et de l'injustice. Les constats sont faciles à écrire et à faire reconnaître.
La différence de traitements des zones rurales, la répartition des services administratifs, la concentration des entreprises et des pôles d'attractivité accentuent les malaises entre les communes, les pôles urbains, les habitants de quartier huppé et ceux de la banlieue. Globalement, ceux qui produisent sont souvent les plus mal récompensés de leur travail.
Evidemment, les citoyens crient le manque de proximité. Ils veulent des services, des produits locaux, des voies d'accès. Y réfléchir, c'est aussi mettre en évidence de grandes incohérences de comportements individuels, entre l'idéale proximité et la pratique quotidienne où l'on va consommer dans les grandes surfaces, sur internet où l'on achète des textiles coréens et des fleurs en Afrique du sud et des fruits du Chili. Les ronds-points ont mis en évidence un besoin de convivialité. A-t-on pris le temps de dire bonjour à son voisin ? A exiger toujours plus de l'Etat, on oublie ce que l'on peut faire individuellement !
Proximité, équité, sécurité, reconnaissance et écoute sont des valeurs que ce grand débat devra éclaircir pour lever les incohérences. Il devra surtout mettre des propositions en face d'une méconnaissance assez flagrante des mécanismes républicains, ceux que nous devrions apprendre dès l'école primaire. Il devra aussi le faire face aux contraintes budgétaires d'un pays, aux exigences d'une Europe et d'une planète où beaucoup reste à faire pour assurer la paix et protéger les éléments naturels pour nos enfants.
Souhaitons au moins que ce grand débat puisse donner lieu à un élan de modernisation de notre pays et de nos habitudes, tout en préservant la grande qualité de vie, les libertés de dire et d'apprendre ainsi que le respect des gens entre eux, quelles que soient leur religion ou leur couleur. Espérons que la France puisse partir au scrutin européen plus sereine, forte d'une unité interne et d'une envie d'avancer démocratiquement.

 

Didier Villard
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