Publié le 18/03/2019 à 09:15 / Marianne Boileve

FD Cuma

Le bon fonctionnement d'une Cuma passe par une approche prospective et partagée des enjeux, donc par l'investissement dans le matériel autant que dans la formation de ses adhérents.

Cultiver l'esprit Cuma, ça ne se décrète pas, ça se travaille. Avec une grosse journée technique organisée par la Cuma de Thodure et trois formations plébiscitées par les adhérents tout au long de l'année, la FDCuma de l'Isère est plutôt satisfaite du résultat. Côté accompagnement technique, la journée du 27 septembre a rencontré un vif succès : plus de 500 personnes ont participé à ce rendez-vous consacré au désherbage mécanique, le travail du sol simplifié et le semis direct. En parallèle, 35 adhérents de la FDCuma ont suivi une formation individuelle pour « s'engager et devenir acteur de sa Cuma »  (formation SDAC), acquérir les fondamentaux de la conduite économe ou s'initier au logiciel MyCuma Compta.

« Se former prend du temps, convient Daniel Petitjean, mais il faut le voir comme un investissement. C'est important si l'on veut que sa Cuma fonctionne. » Le président de la FRCuma Aura s'est ainsi exprimé dans le cadre de l'assemblée générale du réseau isérois, qui s'est déroulée le 6 mars dernier au CFPPA de La Côte-Saint-André, ajoutant qu'il fallait aussi « toucher les jeunes pour leur expliquer le fonctionnement d'une Cuma. Ça les amène à prendre conscience qu'une Cuma, ce n'est pas Kiloutou ! »

Retours très positifs

Dans la salle, les témoignages appuient le propos. Un adhérent qui a « fait les trois jours » de la formation SDAC livre un retour très positif de la session. « Le plus difficile, c'est de trouver le temps, souligne-t-il. Mais c'est vraiment intéressant. Ce qui serait bien, ce serait que l'on puisse appliquer ce que l'on voit en fonction de notre expérience et de nos propres outils. » Les responsables du réseau Cuma entendent la remarque : « Il y a un côté un peu théorique à cette formation, mais on pourrait envisager une suite plus pratique, en travaillant avec vos propres données... », proposent-ils.

Un adhérent de la Cuma de Saint-Nattier juge lui aussi la formation SDAC « excellente » et les échanges « très enrichissants ». « Le petit défaut, nuance-t-il, c'est qu'on ne nous donne pas de document de synthèse en fin de session. » Message reçu. « La formation est contruite sur les échanges et les informations qui viennent des Cuma participantes », plaide Jay Jivan, l'animateur du réseau isérois tout en notant l'observation. Et le président Eric Greffe-Fonteymond de préciser que « c'est l'interactivité qui fait tout l'intérêt de ces journées : à la fin des sessions, dans 90% des cas, ce que les gens retiennent, ce sont les échanges ».

Optimiser le logiciel

Pour ce qui est des formations via l'outil numérique CumaNet, le progiciel en ligne de gestion administrative et financière du réseau, les responsables insistent sur la nécessité de s'y mettre... « Souvent, pour la gestion, on fait comme l'ancien nous a montré, constate Emeric Barbier, le vice-président de la FDCuma. Ça marche, mais on peut aussi faire autrement, d'autant que la loi évolue. Quand on a une vision à long terme de sa Cuma, il faut que les trésoriers se saisissent du logiciel pour l'optimiser. C'est un peu compliqué au début, mais il y a un potentiel énorme. » L'engagement est d'autant plus pertinent que de nombreux outils en découlent (MyCuma Compta, CumaPlanning...).

En Isère, 96 Cuma sur 118 ont franchi le pas en adoptant MyCuma Compta. Le petit dernier, actuellement en test dans le Grand Ouest, s'appelle CumaLink. C'est un logiciel qui permettra bientôt de visualiser l'ensemble des Cuma d'un territoire, repérer qui en sont les responsables et consulter la liste détaillée des matériels avec leurs spécifités techniques. A condition que les données soit renseignées par les adhérents avec un maximum de précision. 

Marianne Boilève

Amortir les subventions d'investissement

« Faire vivre le réseau, c'est aussi le défendre au niveau local, régional et national pour aller chercher des financements », a rappelé Eric Greffe-Fonteymond, président de la Cuma du pays de Tullins et de la FDCuma de l'Isère, lors de l'AG du 6 mars. A ce titre, le réseau mène de nombreuses actions de lobbying qui portent leurs fruits. « La dernière en date, c'est l'amortissement des subventions à hauteur de 50% », précise Eric Greffe-Fonteymond. Depuis 1er janvier 2019, les Cuma peuvent en effet amortir 50% des subventions d'investissement, ce qui permet, in fine, d'abaisser le coût d'utilisation du matériel.
Pascal Ravix, référent Subventions de la FDCuma, a profité de l'occasion pour faire le point sur les aides obtenues dans le cadre du PDR Rhône-Alpes 2014-2020. Plus de 70 Cuma ont déposé un dossier, ce qui correspond au financement de 117 matériels (48% d'aides en moyenne). En Isère, six dossiers (pour 19 matériels) ont été subventionnés à hauteur de 51%, soit une enveloppe globale de 308 000 euros d'aides accordées. Le dossier plus important a été porté par la Cuma d'Esparron, dans le Trièves, qui a pu ainsi investir dans une charrue déchaumeuse, une herse-étrille, un broyeur, deux tracteurs, deux faucheuses, deux andaineurs, une presse et un plateau. 
Le PDR parvenant à son terme, Pascal Ravix a fait savoir qu'il était encore temps pour les Cuma de déposer des dossiers. « Tous les matériels sont éligibles, sauf le bois et l'irrigation, a-t-il indiqué. Idéalement, ces demandes de subvention doivent se faire dans le cadre d'un projet global, mûri. C'est l'occasion de mener une réflexion sur l'avenir de la Cuma. » Attention : il n'y aura qu'un comité de sélection en 2019 (et non deux) et un dernier en 2020.
MB
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