Publié le 19/04/2019 à 15:35 / TD journaliste

Sanitaire

Le frelon asiatique est dangereux pour la biodiversité locale comme pour les humains. Afin de lutter efficacement, le GDS apicole de l'Isère lance un site web pour faciliter le signalement et la destruction des nids.

Le frelon asiatique se nourrit à 50% de thorax d'abeilles. crédit photo : Philippe Garcelon (Flickr)

En 2018, 40 nids de frelons asiatiques ont été détruits par le GDS en Isère. En 2015, il y en avait trois.

Arbre, maison ou même au sol, les nids de frelons asiatiques se développent rapidement dans le département.

« Ce qui ne pouvait que concerner la production apicole est aujourd'hui un problème de santé publique », explique Jean-Yves Bouchier, président du GDS Isère.

Agressif lorsqu'on s'approche du nid, et destructeur de biodiversité, le frelon asiatique ne rencontre que peu de prédateurs sur le territoire. Ce sont les abeilles qu'il préfére... « Il se nourrit à 50% d'abeilles, car leur thorax est chargé de protéines qui servent à nourrir leurs larves », explique Erik Burdet, spécialiste du sujet au GDS apicole.

Sous haute surveillance

L'Isère, avec ses 2 000 apiculteurs, ses noyers et zones arboricoles, en fait donc une place de choix pour l'insecte. Actuellement observé dans le nord du département, l'insecte est sous haute surveillance du GDS.

La première phase de la lutte est de localiser les nids. Le GDS apicole réalise des piégeages dans les zones où quelques insectes ont déjà été observés.

Mais l'exercice a des limites : le piège, à base de bière, vin blanc et sirop de fruits rouges attire les frelons mais aussi d'autres espèces et ne peut donc être posé massivement dans tout le département.

Signaler les nids

Afin de localiser plus efficacement les nids, un site web (frelonsasiatiques.fr) et une application dédiés, financés en partie par la Région, ont été lancés pour permettre à chacun de signaler le frelon ou le nid observé directement sur une carte à l'échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, accompagnant la déclaration d'une photo pour éviter les confusions d'espèces.

Les référents, apiculteurs, du département peuvent ensuite vérifier le signalement avant le passage du désinsectiseur. Car le seul moyen de lutter contre l'insecte, c'est de détruire les nids.

« Les désinsectiseurs sont équipés pour intervenir avec des combinaisons très épaisses et du matériel pour injecter directement l'insecticide dans le nid », explique Grégoire Mallaval, directeur du GDS Isère.

 

Grégoire Mallaval, directeur du GDS Isère

 

Le frelon asiatique attaque en masse lorsqu'il est dérangé et peut piquer à travers la combinaison des apiculteurs.

 

En aucun cas il ne faut agir seul lors de la découverte d'un nid : les frelons attaquent en masse, comme le montre cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=9lCMqqwLe44

Détruire à tout prix

La destruction des nids représente un coût : entre 100 et 300 euros.

Le Département en finance une partie car « le frelon asiatique est un vrai fléau pour la biodiversité et la santé humaine », selon Robert Duranton, vice-président en charge de l'agriculture au conseil départemental. « Pour limiter l'expansion du frelon, il faut que les départements voisins et les intercommunalités y travaillent aussi ».

 

Erik Burdet, spécialiste du frelon asiatique au GDS apicole et Robert Duranton, vice-président en charge de l'agriculture au Département.

 

Des affiches seront posées dans les mairies de l'Isère pour informer de la création du site web et les intercommunalités sont également attendues sur la destruction des nids.

« On n'éradiquera pas le frelon asiatique, reconnaît Erik Burdet, le but est d'en limiter l'expansion ».

Arrivé en France depuis une dizaine d'années, le frelon asiatique reste peut connu. Des études sont menées pour trouver de nouveaux moyens de lutte.

Virginie Montmartin

 

Mots clés : GDS FRELON ASIATIQUE
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