Publié le 22/05/2019 à 11:05 / Jean-Marc Emprin

Edito



Votons dimanche pour une Europe réaffirmée

Nous, agriculteurs, représentons une profession qui s'est trouvée au cœur de la construction européenne depuis ses débuts. Cette place privilégiée rend les agriculteurs, peut-être plus que d'autres, préoccupés par l'avenir de l'Union européenne. C'est pourquoi, nous soutenons et défendons des propositions afin de consolider l'édifice européen. Des propositions pour « mieux d'Europe », parmi lesquelles le projet agricole européen trouve toute sa place.
Aussi, nous ne pouvons pas soutenir les listes extrêmes, qui défendent les intérêts agricoles russes ou américains, qui rejettent la modernisation de l'Europe ou qui se contentent de soutenir uniquement l'agriculture paysanne.
Car nous conservons l'intime conviction que l'Union européenne est l'avenir des agriculteurs, comme celui de l'ensemble des citoyens. Certes parfois, comme beaucoup d'entre eux, nous agriculteurs, avons de plus en plus de mal à comprendre le projet européen (dérive technocratique, accroissement des distorsions de concurrence, une PAC « à la carte »).
Mais, parce que nous croyons que l'Europe est la meilleure solution pour répondre à la sécurité alimentaire des citoyens, à la qualité de notre alimentation, à la protection de l'environnement, tout en gardant l'objectif de revenu pour les agriculteurs, nous défendons les propositions suivantes :
• l'attachement à une politique agricole réellement commune ;
• la fixation d'objectifs clairs et lisibles à la PAC rappelant l'impératif de rémunération des agriculteurs et dotée d'un budget à la hauteur de nos attentes ;
• une politique agricole qui oriente, structure, stabilise et protège ;
• une harmonisation urgente des politiques fiscales, sociales et environnementales ;
• nous martelons que dans un marché unique les règles doivent être uniques. Les distorsions sont inacceptables ;
• nous voulons une adaptation du droit de la concurrence européen pour renforcer l'organisation économique des agriculteurs.

Nous exigeons également :
• des simplifications face aux contraintes qui freinent le dynamisme et l'application d'un véritable droit à l'erreur ;
• une PAC favorable à la recherche et à l'innovation ;
• une PAC qui préserve des agriculteurs nombreux et soit ambitieuse pour le renouvellement des générations tout en ciblant les agriculteurs professionnels ;
• nous attendons une cohérence entre tous les échelons de mise en œuvre de la PAC (européen, national, régional) ;
• des transitions dans la PAC acceptables et gérables pour les agriculteurs ;
• une politique claire face aux prédateurs pour préserver le pastoralisme.
C'est seulement comme cela que nous aurons une Europe forte, ambitieuse et protectrice.

Jérôme Crozat, président de la FDSEA de l'Isère
Publicité
Annonces légales