Publié le 10/06/2019 à 16:25 / TD journaliste

Cinéma

Sophie Loridon a filmé l’une des dernières années de vie de sa cousine éloignée, Lucie, dans un film en sortie nationale Lucie, après moi le déluge". Au Mélies, à Grenoble cette semaine.

Lucie (à droite) est la cousine éloignée de la réalisatrice, Sophie Loridon (à gauche)

Les yeux malicieux et le rire cristallin emplissent la salle du cinéma Le Club. Lucie, dans sa maison, dans son village, dans son histoire, raconte la campagne d'autrefois. Lucie, c'est la cousine éloignée de Sophie Loridon, la réalisatrice. « J'ai toujours voulu la filmer, mais je n'ai jamais voulu mettre une caméra entre elle et moi », raconte Sophie Loridon, lors de la projection du film au Festival du pastoralisme à Grenoble. C'est Sandro Lucerna qui a accepté de la suivre jusque dans le village de Lucie, dans son hameau de Malfougère à Saint-Jeure-d'Andaure. Coup du sort ou du destin, le binôme a filmé la vieille dame âgée de 94 ans en 2008 dans l'une des dernières années de sa vie. Lucie s'est éloignée en 2010.
Le film « Lucie, après moi, le déluge » raconte, en douceur et en poésie la vie de cette dame, au fil des saisons. Les enfants jouant durant l'été, le voisin qui porte le bois durant l'hiver... le tout rythmé par des poèmes récités de la voix rocailleuse de Lucie.

Un bout de mémoire

Le film a été présenté durant le Festival du pastoralisme, car, à l'époque de Lucie, l'agriculture n'était pas loin. De vieux films et de vieilles photos jaunies montrent la récolte des foins. « On voit que tout le village se regroupait pour faire les foins, c'était un rassemblement solidaire », raconte la réalisatrice. Lucie raconte comment elle récoltait et le rythme éreintant que c'était, sans se plaindre.
La solidarité se voit aussi par la présence du facteur qui se rend jusqu'à la porte de la dame et attend patiemment qu'elle puisse venir ouvrir, dès la première scène du film. C'est aussi la présence des amis, de la famille dans l'entourage de Lucie qui lui cuisine des plats, lui règle son horloge ou fait marcher le poêle à bois. Lucie, c'est aussi une image catholique. Les croix au mur, les citations religieuses et le mode de vie miséricordieux dans cette petite maison sont marquants. « C'est un témoignage de vie, un bout de mémoire. Je voulais immortaliser cette vie qui est passée », confirme Sophie Loridon.

Après elle, le renouveau

« C'est un film biographique, c'est votre famille que l'on voit à l'écran », souligne un spectateur. En effet, la réalisatrice apparaît à l'écran, avec ses enfants. Les images, entre les scènes tournées caméra à l'épaule et les gros plans sur le visage marqué de Lucie, sont intimes. « On respectait le lieu, c'était le dernier bout de quelque chose », confirme la réalisatrice, émue. Elle a mis 10 ans à retranscrire à l'écran cette relation forte qu'elle entretenait avec cette dame. Mais déjà, après avoir raconté le passé, la réalisatrice a d'autres idées. « On est loin de faire revivre les campagnes. Mais de nouvelles initiatives se montent, de nouvelles exploitations se créent. Peut-être un prochain film ? »

Virginie Montmartin

 

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