Publié le 06/04/2020 à 15:30 / Isabelle Brenguier

Soin des animaux

Le parage permet d'éviter de nombreux problèmes aux bovins. Rencontre avec Grégoire Picquendar, pareur au sein du GDS.

https://www.youtube.com/watch?v=l73Gpf_Y-1M&feature=youtu.be
Grégoire Picquendar est pareur au sein du GDS.

Grégoire Picquendar exerce un métier rare.

Au sein de l'entreprise Farago, la branche de services aux éleveurs du GDS de l'Isère, le jeune homme est pareur.

Ou pédicure bovin.

Les deux appellations s'emploient.

Le parage est une activité de soins aux animaux : soins de la corne des ongulés pour entretenir - ou rétablir - les fonctions du sabot.

C'est un métier de précision qui consiste à équilibrer la charge entre les deux onglons et sur l'onglon lui-même.

« Il y a cinq étapes clés pour parer un animal de façon préventive », explique avec application Grégoire Picquendar. « D'abord, il faut vérifier la longueur de l'onglon interne et couper si besoin. Ensuite, il faut prendre la longueur de l'onglon externe et l'aligner à l'onglon de référence. Il faut aussi aménager la surface portante de l'onglon référence en respectant la hauteur de talon et également aménager les creux axiaux en creusant cette partie pour soulager la protubérance osseuse et éviter l'apparition de lésion. Et dans le cadre d'une intervention curative, s'il y a des lésions, nous devons faire un parage supplémentaire, diminuer les appuis sur l'onglon lésé pour que l'onglon sain porte plus et serve de « béquille ». Si la supression n'est pas suffisante, on peut alors coller une talonnette », détaille-t-il.

Méthode et finitions

 

Entre chaque utilisation, la cage est nettoyée et désinfectée.

 

 

Les interventions du pareur sont réalisées avec beaucoup de méthode.

L'animal est installé dans la cage de contention que le pareur emmène d'élevage en élevage.

Il la nettoie et désinfecte entre chaque exploitation pour éviter la transmission de virus ou de maladies.

Le parage se fait à l'aide d'une meuleuse, classique, mais équipée d'un disque à parer.

« Il s'agit d'un disque de menuisier adapté au parage, avec quatre lamelles qui coupent la corne du pied », précise Grégoire Picquendar.

Les finitions se font avec une reinette, un couteau de forme spécifique qui permet de faire une coupe très lisse.

Tous les bovins ont besoin d'être parés. Mais la pratique est d'autant plus fréquente dans les élevages laitiers, où les vaches sont davantage poussées en ration pour produire plus de lait, ainsi que dans les systèmes où elles vont moins pâturer dehors.

Un plus à l'éleveur

 

Pour être parés, les bovins sont placés dans une cage de contention.

 

Si Grégoire Picquendar ne connaissait « pas plus que ça » le parage avant de le découvrir avec le GDS, il a vite constaté que l'activité lui plaisait beaucoup, au point d'en faire son métier.

« Après mes études agricoles, je cherchais à faire quelque chose qui soit en extérieur et au contact des animaux. Je voulais travailler de mes mains et ne pas m'installer dans une routine ».

Quand il a été recruté, en janvier 2018, il n'était pas encore un professionnel de la discipline.

Il a été formé à son entrée dans l'entreprise.

Pendant huit semaines, il a été initié au sein de l'unique école de parage existante en France, le CFPPA de Le Rheu à côté de Rennes, à tous les gestes techniques du parage et à l'ensemble des connaissances sur la gestion globale des problèmes de boiteries dans les élevages.

Le métier de pareur répond à ses attentes.

Seul dans son organisation, aucune journée n'est semblable à la précédente.

Un jour, il est dans une grande exploitation à parer une cinquantaine de bêtes de façon préventive, en collaboration avec d'autres pareurs d'autres départements.

Un autre jour, il est seul dans un petit élevage à soigner deux taureaux.

Son quotidien n'est fait ni des mêmes personnes, ni des mêmes bêtes, ni des mêmes lieux.

Et l'activité présente un réel intérêt pour les animaux.

C'est un investissement que les éleveurs font sur leur troupeau, pour que les vaches soient en état, n'aient pas mal aux pieds ou ne soient sujettes aux boiteries et évitent les problèmes de reproduction. Cela évite aussi les réformes prématurées. « J'ai vraiment l'impression d'apporter un plus à l'éleveur », souligne-t-il.

Muni de sa tablette, il enregistre les lésions constatées et la nature de ses interventions, ce qui permet aux agriculteurs de conserver un suivi mais aussi de mettre en évidence d'éventuels problèmes d'élevage comme des déséquilibres de ration.

Isabelle Brenguier

Pour voir la vidéo montrant Grégoire Picquendar en activité, cliquez-ici.

 

Chômage partiel

Depuis le confinement, Grégoire Picquendar est au chômage partiel. L'activité de parage étant réalisée grâce à une étroite collaboration entre le pareur et l'éleveur, le président Jean-Yves Bouchier, et le directeur Grégoire Malaval du GDS de l'Isère, ont estimé qu'il était plus sage d'interrompre les interventions pour éviter tout risque de contamination des éleveurs. A ce jour, seules les urgences subsistent. Cette décision a été prise pour tous les pareurs Farago de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Normalement, de nombreuses interventions de parage ont lieu au cours des mois de mars et avril. Elles seront décalées à la fin du confinement.
IB
Mots clés : BOVIN SOCIETE FARAGO ISERE PARAGE GDS ISERE PAREUR SOIN DES BOVINS GREGOIRE PICQUENDAR FARAGO ONGLON LESION
Publicité
Annonces légales