Publié le 18/06/2020 à 07:45 / Isabelle Brenguier

Mutualisme

La Cuma latteroise, dans le sud-Grésivaudan, a connu de belles années. Ses responsables veulent miser sur l'avenir et investir dans de nouveaux matériels pour recréer une dynamique.

Christophe Rey, Pierre Girard et Martin Roche,  sont respectivement président, secrétaire et trésorier de la Cuma latteroise. Ils sont convaincus des services qu'elle peut encore rendre aux agriculteurs du secteur.

De syndicat de battage qu'elle était à sa création dans les années 1950, à Cuma latteroise qu'elle est devenue, la société coopérative agricole de Saint-Lattier, dans le sud-Grésivaudan, en limite de la Drôme, a beaucoup évolué au cours du temps. Comme les exploitations du secteur, d'abord orientées en polyculture-élevage, puis tournées vers le tabac et aujourd'hui dirigées vers la noix. Il y a eu des périodes où elle était très active au point d'employer un salarié et d'autres durant lesquelles les besoins de ses adhérents se faisaient moins ressentir. C'est un peu le cas aujourd'hui. Malgré ses 40 adhérents isérois et drômois, son activité présente un essoufflement. Si le constat est partagé par les membres de son bureau, Christophe Rey, le président, Pierre Girard, le trésorier et Martin Roche, le secrétaire, sont convaincus qu'elle a encore toute sa raison d'être et qu'elle peut encore rendre service aux agriculteurs du secteur. D'où leur motivation pour la relancer.

Tarière et semoir direct

« Dans le territoire, les exploitations sont devenues importantes et bien équipées. Elles ont une forte capacité à amortir le matériel acheté et, par conséquent, le recours à la Cuma est moindre. Pour autant, nous avons de la chance de l'avoir. Il serait dommage de la dissoudre », explique Christophe Rey. Martin Roche aussi pense qu'elle a un rôle à jouer : « Au regard des attentes sociétales, du changement climatique, des évolutions des modes de consommation, de la charge administrative que nous avons, nous devons toujours évoluer et nous mettre aux normes. Cela représente des investissements lourds. Notre Cuma est un outil à garder ». Et les deux responsables de citer leur tarière pour la plantation des noyers et leur semoir à semis direct unidrill. « Ils ne sont pas utilisés tous les jours mais les adhérents sont contents de les avoir quand ils en ont besoin », affirment-ils.
Alors, pour relancer la structure, les administrateurs veulent investir : dans une mini-pelle utile aux agriculteurs pour planter des noyers et réaliser des travaux dans les exploitations et dans une tondeuse satellite pour entretenir les noyeraies sans recourir au glyphosate. « Nous savons que la législation concernant les phytosanitaires va évoluer. Il faut que nous nous adaptions et même que nous anticipions », souligne Martin Roche.

Accompagnement par la FDCuma de l'Isère

Les trois agriculteurs ont aussi en tête le rôle social joué par leur Cuma. Christophe Rey et Martin Roche ne sont ni originaires du village, ni issus du milieu agricole. La structure leur a permis de s'intégrer. « Pour nous deux, elle a fait office de lien social. Elle nous a aidé à nous créer un réseau », souligne Martin Roche. « Dans le secteur, il y a des jeunes qui s'installent ou des personnes qui exerçaient une autre activité qui se reconvertissent. La Cuma pourrait les accompagner dans leur projet », ajoute-t-il, convaincu.

La crise sanitaire ne les a pas aidés. Elle a empêché la tenue d'une réunion physique qui leur aurait permis d'exposer leurs projets. Mais aujourd'hui, les administrateurs sont prêts. Ils n'attendent que les bonnes volontés pour concrétiser leurs projets pour lesquels ils sont accompagnés par la fédération départementale des Cuma. Leur dossier de demande de subventions via le PDR (Programme de développement rural) a été déposé. Il est éligible et pourrait leur permettre d'être aidés à hauteur de plus de 40%. « Nous ne voudrions pas que cela traîne trop, car les agriculteurs peuvent éprouver certains besoins à certains moments. Si nous n'allons pas suffisamment vite, ils pourraient s'organiser autrement », précise Pierre Girard, qui invite toutes les personnes intéressées à se rapprocher d'eux.

Isabelle Brenguier

Contact : Pierre Girard : 06 43 18 52 54 

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