Publié le 21/08/2020 à 16:25 / Isabelle Brenguier

Alimentation

Xavier Robichon et Hugues Vaudel viennent de s'installer au sein du Gaec " Plantzydon " à Pontcharra. Leur projet orienté autour d'une production maraîchère de proximité s'inscrit dans une démarche globale de préservation de la ressource en eau.

Xavier Robichon et Hugues Vaudel viennent de s'installer au sein du Gaec

Xavier Robichon et Hugues Vaudel ont tous deux exercé d'autres activités professionnelles que l'agriculture dans le passé.

Mais ils ont toujours aimé « gratter la terre ».

Au fil du temps et au gré de leurs expériences respectives, l'envie de s'installer comme maraîcher s'est imposé pour chacun avec de plus en plus d'évidence.

Ils se sont donc formés et ont multiplié les apprentissages grâce à des stages et des emplois dans différentes exploitations.

Leur rencontre il y a sept ans les a conduits à ce projet d'association et de création de ferme maraîchère.

Amis dans la vie, les deux trentenaires ont cependant pris le temps de s'assurer qu'au-delà de la sympathie qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre, ils partageaient des valeurs identiques et le même modèle de développement pour leur structure.

Soucieux des questions environnementales et sanitaires, ils se sont naturellement tournés vers l'agriculture biologique, en ayant à cœur de mettre en œuvre des pratiques respectueuses des sols et de la biodiversité.

Préserver la ressource en eau

Les deux associés se sont lancés il y a un an et demi. Hors cadre familial, il leur a fallu une année pour trouver le site adapté à la mise en œuvre de leur projet.

Ayant jeté leur dévolu sur la vallée du Grésivaudan, entre Grenoble et Chambéry, c'est à Pontcharra qu'ils ont fini par trouver les surfaces permettant de créer leur Gaec « Plantzydon ».

« Nous avons adopté une démarche volontariste pour rencontrer l'ensemble des acteurs du territoire, qu'il s'agisse des agriculteurs ou des collectivités. Au départ, nous nous étions positionnés sur un appel à projets pour des terres à Saint-Vincent-de-Mercuze. Mais l'ensemble de nos précédents échanges nous a fait constater que notre installation serait plus pertinente à Pontcharra, dans la zone de protection d'un captage d'eau potable qui alimente plus de 7 000 habitants, à proximité d'un bassin de consommateurs. Grâce à une large discussion animée par la Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural), nous avons pu nous installer dans une surface de trois hectares », relate Xavier Robichon, conscient des efforts consentis par les exploitants déjà installés pour leur céder ces terres.

Proximité et sécurité alimentaire

Xavier Robichon et Hugues Vaudel sont dans l'installation de leurs parcelles, à Pontcharra.

 

Aujourd'hui, le projet prend en forme. Le Gaec a été créé en avril et la partie administrative et financière se termine. Le budget d'installation formalisé dans le cadre de la DJA (Dotation jeunes agriculteurs) qu'ils ont demandé se situe autour de 265 000 € avec, entre autres, 50 000 € d'apports personnels, 120 000 € de prêts bancaires et 50 000 € en cours d'obtention par le biais d'un financement participatif via la plateforme Blue Bees.

« Nous avions un objectif initial de 40 000 € que nous avons atteint en moins de trois semaines. Cette mobilisation va au-delà de nos espérances. Elle révèle tout l'intérêt des consommateurs pour leur alimentation et la nécessité de la relocaliser. Nous constatons qu'ils s'interrogent de plus en plus sur leurs produits et sur ces dimensions de proximité et de sécurité alimentaire », indique le maraîcher.

Les mois à venir seront consacrés aux constructions et à l'installation de sept serres, du réseau d'irrigation et des espaces de stockage des légumes.

Les premiers semis seront réalisés cet automne pour assurer les plantations du printemps prochain. « Nous commençons à deux dans 2,5 hectares, mais comptons nous développer dans l'ensemble de la surface, chercher un nouvel associé et embaucher deux ou trois salariés saisonniers d'ici quatre à cinq ans », expose Xavier Robichon.
La commercialisation des légumes, des fraises et des plants sera organisée en circuits courts.

« A la ferme, au sein d'Amap, dans des magasins de producteurs et biologiques, et peut-être dans un marché », détaillent Xavier Robichon et Hugues Vaudel, qui établissent actuellement les contacts nécessaires.

La municipalité de Pontcharra se montre aussi intéressée pour introduire des produits bios et locaux dans sa cantine.

Isabelle Brenguier
Foncier
Le Gaec « Plantzydon » a vu le jour grâce à une démarche amiable entre des porteurs de projet agricole, des exploitants déjà installés et le soutien des collectivités. 

De l'échange verbal aux échanges de terres

La ferme biologique
La création de la ferme « Plantzydon » à Pontcharra, dans la vallée du Grésivaudan, se pose comme un exemple... à reproduire.
Elle témoigne du bénéfice obtenu grâce à la discussion organisée entre les différents acteurs d'un territoire.
L'histoire a commencé avec deux jeunes maraîchers, Xavier Robichon et Hugues Vaudel, qui souhaitaient s'installer entre Grenoble et Chambéry et qui étaient en recherche de surfaces agricoles pour monter leur projet.
Elle s'est poursuivie grâce à l'implication de la Communauté de communes du Grésivaudan qui voulaient préserver la ressource en eau du secteur en protégeant le captage d'eau potable du « Pied des Planches » et grâce à l'intervention de la Safer, qui a organisé dans ce territoire du Grésivaudan une convention de veille foncière.
En mettant autour de la table toutes les parties, la Safer a mis en évidence l'intérêt d'installer la ferme biologique « Plantzydon » dans le périmètre du captage et de trouver une solution de remplacement pour les exploitants en place et pour ceux  qui comptaient acqérir une partie de la surface.
L'un d'eux s'est vu proposer une autre parcelle à acheter dans un autre périmètre, quand l'autre a fait le choix de renoncer à 800 m² pour « aider ces jeunes à s'installer, comme on l'a lui même aidé dans le passé ». Les deux maraîchers peuvent ainsi travailler trois hectares appartenant maintenant à la commune de Pontcharra et à la Communauté de communes du Grésivaudan qui a acquis certaines de ces parcelles et qui leur les loue grâce à un bail rural.
Selon Pascal Denolly, président de la Safer, « il y avait un enjeu important d'installer des jeunes maraîchers, dans un environnement urbain présentant un intérêt pour la vente directe, et dans une surface suffisamment importante pour que le projet soit viable. Sa singularité a été de revenir sur un compromis déjà signé par un exploitant qui avait prévu d'acquérir certaines de ces parcelles. Cela n'allait pas de soi au départ. mais il y a eu une convergence d'intelligences, tout le monde a joué le jeu, et cela a pu fonctionner ».
IB
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