L’actu vue par Danielle Chenavier,
« Faire réapprendre les « codes » de la campagne »

Isabelle Brenguier
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Présidente de la Fédération départementale de la chasse de l’Isère, à l’occasion de l’ouverture de la chasse le 12 septembre.

« Faire réapprendre les « codes » de la campagne »
Crédit photo : FDCI Danielle Chenavier est la présidente de la Fédération départementale de la chasse de l'Isère.

L’ouverture aura lieu dimanche. Comment s’annonce-t-elle ?

Elle s’annonce bien ! Nous sommes dans les préparatifs. Toutes nos équipes sont sur le pied de guerre pour réaliser toutes les validations nécessaires au permis de chasser. C’est un travail administratif important puisque notre fédération compte 16 000 adhérents.

Mais il faut savoir que certains chasseurs ont déjà fait leur rentrée. 66 sangliers ont déjà été prélevés grâce à l’organisation de battues dans des territoires où la pression en la matière est forte. C’est vrai que les populations (de sangliers, ndlr) augmentent mais les chasseurs font aussi l’effort de prélever plus pour les stabiliser et ainsi maintenir l’équilibre nécessaire aux agriculteurs.

Outre l’ouverture, la rentrée de la FDCI semble chargée. Vous organisez différents évènements pour (re)tisser le lien entre la chasse et la société. En quoi consistent-ils ? Quels sont leurs objectifs ?

Tout à fait. Nous avons organisé le 5 septembre dernier la troisième édition du salon « Dimanche en nature » qui a rassemblé à Saint-Pierre-de-Bressieux, 40 exposants - usagers de la nature, comme des randonneurs, des pêcheurs, des vététistes, des archers, des cavaliers, mais aussi, des botanistes, des éleveurs canins…Notre objectif était de rassembler tout le monde pour mieux évoluer ensemble. Nous voulions faire connaître les différents usages de la chasse, de la forêt, de l’agriculture. Nous voulons faire réapprendre les « codes » de la campagne.

Et le 17 octobre, nous organisons « un dimanche à la chasse », une journée durant laquelle les adhérents peuvent inviter toutes les personnes qui souhaitent participer à une partie de chasse. Chaque année, nous avons plus d’une quarantaine d’ACCA qui contribuent à cette manifestation. Nous en avons d’ailleurs un retour très positif. Car elle permet de contrebalancer les idées reçues que peuvent avoir des personnes qui n’ont jamais chassé. Beaucoup nous font part des sentiments d’amitié et de la prudence qu’ils ont constatés lors de cette journée, et qu’ils n’imaginaient pas.

Aujourd’hui, ces manifestations de rencontre sont une priorité pour nous. Comme le dit notre président national, Willy Schraen, « la chasse n’a pas besoin d’être défendue. Elle a besoin d’être expliquée ». En effet, nous avons besoin d’expliquer la chasse, la régulation, qui sont deux choses différentes, à nos concitoyens mais aussi à nos élus locaux, dont beaucoup maintenant ne sont pas issus du monde rural. La chasse est devenue un enjeu dogmatique, philosophique et on en oublie que, sur le terrain, il y a des femmes et des hommes qui œuvrent au quotidien et concrètement pour l’environnement.

Un important travail est mené en matière de sécurité. Quelle forme prend-t-il ? Comment est-t-il accueilli par vos adhérents ?

La législation oblige tous les chasseurs à suivre une formation sécurité décennale à partir de 2030. C’est un travail de longue haleine ! Nous avons engagé une nouvelle personne qui consacrera une large partie de son temps à cette tâche pour être déjà en mesure de la proposer aux chasseurs isérois. Notre objectif est de former 1 500 à 2 000 chasseurs par an. Cette formation qui, je le rappelle, ne se substitue pas à celle de responsable de battue, suscite un bel engouement auprès de nos adhérents. Techniquement, nos chasseurs sont expérimentés mais ils apprécient d’avoir l’opportunité de prendre un peu de hauteur, de considérer l’activité chasse dans sa globalité.

Propos recueillis par Isabelle Brenguier