TRANSFORMATION
Une évolution positive des abattages en région

Dans son rapport publié le 3 mars 2024, Agreste restitue les évolutions structurelles et conjoncturelles des abattoirs de boucherie, de 2017 à 2022. Un bilan globalement positif pour les filières porcines et bovines de la région

Une évolution positive des abattages en région
Il existe aujourd’hui 40 outils d’abattage en Auvergne-Rhône-Alpes. ©Pixabay

De nombreuses réorganisations des abattoirs ont eu lieu ces dernières années, à la suite de la fermeture de certaines unités dans la région (Europagro Valence dans la Drôme ou encore l’abattoir de Pierrefort dans le Cantal). Malgré une réduction du nombre d’abattoirs, les tonnages abattus restent importants. Ils représentent 330 734 tonnes à l’échelle régionale, soit 9,2 % du total abattu en France en 2022. Il existe aujourd’hui 40 outils d’abattage en Auvergne-Rhône-Alpes. Parmi eux, les huit premiers outils sont les plus productifs et sont situés essentiellement dans l’Allier (36 %), la Loire et l’Ain, six d’entre eux abattent plus de 20 000 tonnes par an, soit 80 % du tonnage régional abattu.

Des abattages de bovins et porcins en légère hausse

Ce sont les viandes bovines et porcines qui dominent l’ensemble des abattages : la France est le plus gros abatteur de bovins à l’échelle européenne, devant l’Allemagne et l’Italie. Elle est en 3e place en ce qui concerne les porcins. En 2022, près de 3,6 millions de tonnes de viande de boucherie ont été abattues, dont 60 % en viande porcine et 38 % en viande bovine : les viandes d’agneaux, de caprins et d’équidés représentant une part très faible des abattages en France. À l’échelle régionale, les bovins représentent 14,2 % du tonnage total abattu en France métropolitaine. Le rapport d’Agreste souligne donc une augmentation de la dynamique des abattages de bovins et de porcins, avec une hausse de 3,7 % par rapport à 2017. En 2022, la région connaît un léger repli, qui s’explique en partie par la baisse de dynamique des établissements à fort tonnage (Stéphanoise d’abattage à la Talaudière en bovins et Tradival à Lapalisse en porcs).

Une région stable et dynamique

Depuis 2022, la décapitalisation du cheptel bovin a entraîné une baisse des tonnages abattus dans la région. Un an plus tôt, la situation était positive avec un regain dans la dynamique d’abattage dès 2019 et jusqu’à 2021. Alors que la France peine à maintenir ses tonnages abattus, la région fait figure de bon élève avec une moindre baisse qu’au niveau national : - 1,1 % en région sur un an contre 3,2 % en France métropolitaine. Cette dynamique, notamment sur les abattages porcins, est étroitement liée à deux outils situés dans l’Ain. Ces derniers ont vu leur activité augmenter de manière significative durant cette période, tandis que l’année 2018 est marquée par une hausse des abattages bovins grâce à une forte activité des abattoirs, notamment dans le département de la Loire. Entre 2017 et 2021, on note une augmentation importante des tonnages abattus au sein des grosses structures régionales. Ce bilan ne concerne pas les changements notables depuis mai 2023 : l’inflation, la loi Égalim, la baisse du pouvoir d’achat des ménages et la décapitalisation du cheptel allaitant ont donc pu modifier la dynamique régionale à ce jour.

Charlotte Bayon source Agreste

Localisation des abattoirs en Auvergne-Rhône-Alpes