Aménagement
500 millions d’euros pour l’Isère

Isabelle Doucet
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L’attractivité des territoires est clairement ciblée dans les investissements du nouveau contrat de plan État-Région.

500 millions d’euros pour l’Isère
Joël Gullon, maire de La Côte-Saint-André, Jean-Pierre Barbier, président du Département, Laurent Wauquiez, président de la Région, Yannick Neuder, député, Éléonore Lacroix, secrétaire générale de la préfecture et Stéphane Rosnoblet, président du GF 38.

Le contrat de plan État-Région décliné en Isère s’élèvera, pour la période 2021-2027, à 500 millions d’euros d’investissements « pour structurer le visage de l’Isère de demain », a annoncé Laurent Wauquiez, le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes en déplacement à La Côte-Saint-André, le 2 décembre.
La Bièvre va en effet accueillir un projet phare du nouveau contrat avec l’installation du prochain centre de formation du GF 38.
Le contrat de plan s’attachera à soutenir « des projets emblématiques répartis dans les différents territoires », a indiqué Laurent Wauquiez.
Il concerne pour l’instant tout le département hormis la métropole grenobloise qui a sollicité un délai.
Le montant de l’enveloppe est double comparé au précédent plan : 213,12 M€ pour la Région, 182,33 M€ pour l’État et environ 100 M€ pour les projets soutenus par le Département et la recherche.

Le maintien de l’agriculture

Le président de la Région cible quatre priorités : l’économie et la création d’emploi ; la cohésion des territoires ; l’amélioration du cadre de vie et l’attractivité.
Il a insisté sur le « maintien et de développement de notre agriculture. L’Isère est un département modèle où il y a une vraie diversité des productions. Notre défi est de mettre en place des systèmes d’irrigation pour se protéger contre la sécheresse. C’est le meilleur geste pour l’environnement. Nous soutenons le développement et l’utilisation raisonnée de l’eau, pour consommer moins, l’utiliser avec parcimonie et donner l’accès à l’eau à davantage d’agriculteurs ».
Parmi les grands projets soutenus, l’enseignement et la recherche bénéficieront de plus de 83 millions d’euros d’investissements (42 M€ pour la Région, 30 M€ pour l’État et 8 M€ pour le Département, dans l’attente de la contribution de la Métro).

Caves et véloroute

Les caves de Chartreuse et la poursuite de leur aménagement seront les grandes bénéficiaires du volet tourisme. La montagne se verra quant à elle dotée d’équipements structurants avec notamment des ascenseurs valléens entre Le Bourg-d’Oisans et L’Alpe d’Huez, ainsi qu’entre Les Deux-Alpes et l’Alpe d’Huez. « Un projet innovant et pour les travailleurs, un moyen de transport plus souple », a expliqué Laurent Wauquiez.
Il a également cité le futur conservatoire de la Capi (1) en tant que « très gros projets culturel », la reconversion des centres-villes de Voiron et de Saint-Marcellin, le soutien au projet cinématographique porté par la communauté de communes de la Bièvre, ainsi que le projet de cette dernière de création d'une voie verte sur l’ancienne voie ferrée.
Cette véloroute dite des Cinq lacs – Léman, Annecy, Bourget, Aiguebelette, Paladru - mobilise pour la Région une enveloppe de 50 millions d’euros. Son tracé couvre quatre départements et rejoint la ViaRhôna.

Le choix de la culture

Les projets en faveur du patrimoine historique et culturel sont aussi nombreux et concernent, en Isère, le chantier du Palais du Parlement à Grenoble et l’installation du futur musée de la Résistance, la rénovation du Château Louis XI à La Côte-Saint-André ou encore le musée d’histoire de Vienne (5 M€ pour l’État, 5 M€ pour la région et 22 M€ pour le Département.
« Nous avons fait le choix de la culture, de l’attractivité du département et du tourisme », a souligné Jean-Pierre Barbier, le président du Département.
La collectivité consacrera en tout 50 M€ aux projets pour lesquels elle assure la maîtrise d’ouvrage et qui relèvent de financements croisés avec le CPER.
« Le volet territorial met en lumière la dynamique des investissements structurants portés par les intercommunalités », a déclaré Eléonore Lacroix, secrétaire générale de la préfecture, en saluant « le courage des porteurs de projets ».

Isabelle Doucet

Le GF 38 signe dans la Bièvre
Stéphane Rosnoblet, président du GF38 et Max Marty, directeur.
Formation

Le GF 38 signe dans la Bièvre

Pour son retour en tant que club formateur, le GF 38 a choisi de s’installer à La Côte-Saint-André.

« Le foot n’a pas toujours eu une bonne image parce qu’il a formé des gens qui jouaient pour gagner de l’argent », a lancé Max Marty, le directeur général du GF 38, lors de l’annonce de l’implantation du centre de formation à La Côte-Saint-André.
Le club grenoblois, bien installé à la quatrième place de la Ligue 2, va retrouver son homologation comme club formateur et entend bien mettre en place « une nouvelle philosophie de formation ».
En choisissant un site en milieu rural, il souhaite former des jeunes sportifs « qui aiment le foot, l’argent n’étant qu’une conséquence », insiste le directeur. Le projet bénéficie du soutien du Contrat de plan État-Région.

Haut niveau en milieu rural

Pour ce nouveau départ, le club de foot a cherché un site lui proposant suffisamment d’espace, des hébergements et la capacité de regrouper toutes ses catégories dans un environnement calme.
La Maison d’enfants des Tisserands, propriété du Département, offrait les meilleures conditions d’accueil.
En effet, le site était voué à une seconde vie puisque les enfants accueillis par les services départementaux de l’aide à l’enfance sont désormais répartis dans de plus petites unités de vie à travers le département.


« Il y avait un foncier de 7 hectares disponibles », explique Joël Gullon, le maire de La Côte-Saint-André. Il rappelle que sa commune compte une très grande communauté éducative, dispose d’un tissu associatif dense et de nombreux équipements sportifs.
« De plus, nous avons rendu 3,6 km de voirie à l’agriculture et aux piétons, où les sportifs pourront faire leur footing. » Cette décision est pour lui la preuve « que les territoires ruraux sont capables d’accueillir des équipements de haut niveau et structurants. Le GF38 ne s’installera pas dans une bulle, mais en synergie avec le reste du territoire. »
Le nouveau centre de formation devrait ouvrir ses portes en 2024. Il accueillera les collectifs U16 ; U17 ; U18 ; les équipes réserve et première, soit une centaine de sportifs. Pour faire vivre le site, le GF38 devrait en outre recruter une quinzaine de personnes hors encadrement sportif.

Reconstruction

Le projet prévoit la création de quatre terrains de foot (trois en gazon naturel et un en synthétique), des zones d’entraînements, des aménagements paysagers et une tribune de 250 places.
« Ces infrastructures sont ce qui se fait de mieux », assure Augustin Douillet, le stadium manager du GF38. « Nous avons envie de devenir un gros club de ligue 2 et un gros club de ligue 1 et avoir un outil fondateur pour cela », assure Max Marty.
Le club grenoblois est capable du meilleur puisqu’un certain Olivier Giroud est sorti de ses rangs.
Ce projet est un fait marquant de sa reconstruction. Car en déposant le bilan en 2011, le GF38 avait dû abandonner son statut de club formateur.
Pour autant, son site historique de La Poterne à Grenoble est resté dans le giron du club et va être réhabilité pour accueillir les féminines et les jeunes.

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