FORMATION
Enseignement agricole : le Sénat demande une stratégie et des objectifs clairs

La mission d’information sénatoriale portant sur l’enseignement agricole a rendu son rapport le 5 octobre. Elle appelle à « redonner une stratégie et des objectifs clairs » à l'enseignement agricole.

Enseignement agricole : le Sénat demande une stratégie et des objectifs clairs
Nathalie Delattre (RDSE, Gironde) co-auteure avec Jean-Marc Boyer (LR, Puy-de-Dôme) du rapport de la mission sénatoriale d'information sur l'enseignement agricole.

Les auteurs du rapport de la mission sénatoriale d'information sur l'enseignement agricole rendue le 5 octobre, Nathalie Delattre (RDSE, Gironde) et Jean-Marc Boyer (LR, Puy-de-Dôme), pointent pour l'enseignement agricole des difficultés grandissantes : il est confronté à une « diminution des effectifs de la formation initiale dans l'enseignement technique (- 11 % en dix ans) » ; « à une situation financière des établissements parfois préoccupante », et à un ministère de l'Agriculture « autrefois perçu comme pilote et désormais vu comme suiveur ». La mission d'information avait été installée après un refus du Sénat de voter le budget de l'enseignement agricole lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2021 en décembre 2020, a rappelé Nathalie Delattre. « Nous demandons au ministre de l'Agriculture qu'il s'attache à soutenir l'enseignement agricole, alors qu'il nous dit qu'il ne peut rien sans la décision de Bercy. Nous demandons qu'il soit présent dans les débats au Parlement au moment de la discussion du budget », a-t-elle ajouté, avant de lancer : « partons au combat face à Bercy ». La mission ne prend pas fin avec la remise du rapport : « Nous allons faire un Tour de France. Nous voulons faire partager notre conviction que l'enseignement agricole français est un outil de formation d'excellence qui a près de deux cents ans. »

Annuler les suppressions d'emploi

Parmi ses recommandations, la mission propose de doter la DGER (direction chargée de l'enseignement au ministère de l'Agriculture) de nouveaux outils de suivi et de pilotage afin « d'intégrer dans les coûts pédagogiques de fonctionnement d'un établissement l'ensemble des missions que leur confère la loi ». Elle demande au ministère d'élaborer, en associant l'Éducation nationale, les régions et les branches professionnelles, « un nouveau projet stratégique pour l'enseignement agricole pour la période 2022-2027, assorti d'indicateurs de suivi et de performance ». La mission demande l'annulation des suppressions d'emplois prévues dans le schéma 2019-2022. Pour la mission, un effort important de promotion du métier d'agriculteur doit être fait, tant par l'intermédiaire des chaînes de télévision, de radio, par les journaux, que par les réseaux sociaux. Car 35 % des étudiants sortant de l'enseignement agricole épousent la profession d'agriculteur. Trop peu selon les sénateurs, tandis que 42 % des élèves se dirigent vers les services.

MN

 

Quelques propositions du rapport sénatorial

• Réaffirmer le rôle de pilotage du ministère de l’Agriculture et établir un nouveau projet stratégique pour l’enseignement agricole,

• Annuler, à titre conservatoire, pour 2022, les suppressions d’emploi prévues dans le schéma prévisionnel d’emplois pluriannuel 2019-2022,

• Consolider les fondamentaux de l’enseignement agricole pour qu’il contribue à relever les défis de l’agriculture et des territoires ruraux,

• Renforcer l’attractivité de l’enseignement agricole pour les apprenants, pour les familles et pour les personnels.