BILAN CLIMATIQUE
Un mois de juillet bien maussade et frais

Températures fraiches pour la saison et précipitations abondantes ont été les ingrédients de ce mois de juillet 2021, rappelant juillet 2014. Une véritable rupture après une succession depuis 2015 de mois de juillet très chauds et secs.

Un mois de juillet bien maussade et frais
On retiendra de ce mois de juillet 2021 la pluie importante et la fraicheur, notamment en journée. ©SD

Le mois de juillet aura été souvent nuageux, orageux, pluvieux et globalement frais. Avec une température moyenne qui s’est établie à 20,7 °C sur l’ensemble du territoire, le déficit n’a pourtant été que de - 0,1 °C par rapport aux moyennes de saison (période de référence 1981-2010). « Après six années avec des mois de juillet plus chauds que la normale, juillet 2021 retrouve des valeurs conformes à la saison, à l'instar de juillet 2014 », commentait Météo France dans son bulletin climatique mensuel publié sur son site Internet. L’impression de fraîcheur a pourtant dominé en juillet, notamment des Pyrénées au Centre-Est du pays, avec des déficits de - 0,5 °C à - 1 °C, indiquait la Chaîne Météo le 31 juillet dans son bilan climatique de juillet 2021, relevant - 1,3 °C à Ambérieu (Ain). L’extrême Sud-Est et la pointe bretonne ont en revanche enregistré un excédent, atteignant près de 2 °C en Corse.

Perturbations, grêle et inondations

De nombreuses perturbations ont traversé le pays en juillet et les pluies ont été très abondantes, avec un excédent moyen de + 49 % sur l’hexagone. Ces précipitations ont été hétérogènes, avec un surplus très important du Nord-Est au Centre-Est et un léger déficit dans le Nivernais, le Centre-Ouest et l’extrême Sud-Est. Météo France a enregistré « huit à quinze jours de pluie, soit deux à huit jours de plus que la normale et les cumuls ont souvent été excédentaires de plus de 25 %. Ils ont atteint une fois et demie à trois fois la normale sur le Sud de la Bretagne, de l'Est des Hauts-de-France au Centre-Val de Loire et au Limousin, du Grand Est à Rhône-Alpes, sur une grande partie de l'Occitanie et plus localement sur l'Est de la Corse ». Des records ont été enregistrés : 15 jours de pluie à Mâcon et 177,1 mm de précipitations à Lyon, soit environ trois fois la normale. L’instabilité généralisée a été accompagnée de nombreux orages, parfois violents avec de la grêle, et les cumuls de pluies ont déclenché des crues et des inondations. Ce fut le cas mi-juillet sur le Nord-Est de la France, le Sud-Ouest de l'Allemagne et le Benelux. Enfin, le temps maussade de juillet a été accompagné d’un déficit d’ensoleillement, autour de - 20 % sur une large bande allant du Sud-Ouest au Nord-Est.

Frais et très pluvieux en Aura

En région Auvergne-Rhône-Alpes, le mois de juillet a été plus frais que la normale avec un déficit de - 0,6 °C, analysait Météo France dans son résumé mensuel régional le 5 août. Ce sont surtout les températures du jour qui ont été en recul, avec -1,6 °C en moyenne sur le mois. « Il faut remonter à 2014 pour retrouver des après-midi de juillet aussi frais », commente l’organisme de météorologie. C’est surtout en Auvergne que les jours de chaleur ont été en recul, sur le reste de la région ils ont été proches des relevés de saison. Sur le front des précipitations, Aura a été globalement très arrosée : les cumuls ont été proches des normales ou localement déficitaires sur le Nord de l'Auvergne, le Sud de l'Ardèche (-16 % à Montauban-sur-l’Ouvèze) et le bassin-versant de l'Allier ; en revanche, sur le Lyonnais, le Vivarais, et le Nord de l'Ardèche, les pluies ont été deux à trois fois supérieures à la normale. « Des records mensuels de précipitations sont battus en Isère (176,8 mm à Saint Alban pour une normale de 46,2 mm) et dans le Rhône (177,7 mm à Lyon Bron pour une moyenne de 63,7 mm, 182,6 mm à Saint-Genis-Laval pour une moyenne de 61,4 mm) », relève l’établissement météo. Les pluies ont été parfois fortes, orageuses et, par endroits, accompagnées d’épisodes de grêle.

Forte instabilité en Bourgogne-Franche-Comté

En région Bourgogne-Franche-Comté (BFC), la chaleur n’est pas parvenue à s’imposer en ce mois de juillet, avec un déficit de - 0,7 °C par rapport aux températures moyennes de saison, indiquait Météo France dans son résumé mensuel régional le 5 août. Comme en Aura, la région BFC était située sur la bande d’instabilité qui a apporté fraîcheur et précipitations importantes. « Une période particulièrement fraîche s'installe du 13 au 15, le mercure passant rarement la barre des 20 °C contre une normale voisine de 26 °C pour un mois de juillet », ajoute l’organe de météorologie. La pluviométrie a été très marquée en BFC, faisant de juillet 2021, « le troisième mois de juillet le plus pluvieux depuis 1959 avec 135 mm d’eau. […] En particulier, il s'agit du second mois de juillet le plus pluvieux à Besançon (Doubs) depuis 1885 avec 189 mm (210 % de la normale), derrière les 246 mm de juillet 2014, ainsi qu'à Mâcon depuis 1943 avec 155 mm (172 mm en juillet 1956) ». Durant la semaine du 12 au 16 juillet, la région a subi les effets de la goutte froide qui était bloquée sur le Sud-Ouest de l’Allemagne. De fortes pluies se sont abattues sur le Nord de la Côte-d’Or, la Bresse et la Franche-Comté, provoquant des débordements de rivières, notamment dans le Doubs et la Haute-Saône. « Les cumuls en 5 jours dépassent parfois 120 mm sur la Bresse, le Jura et le sud du Doubs », détaille Météo France.

Sébastien Duperay

PRAIRIES / La pousse nationale excédentaire en juillet

La production cumulée des prairies permanentes est, au 20 juillet, supérieure de 10 % à la pousse de référence (1989-2018), rapporte Agreste dans sa note de conjoncture Prairies publiée le 29 juillet. La pluie fréquente et des températures proches de la normale ont en effet favorisé la pousse de l'herbe. Aussi, « la situation s'est nettement améliorée dans la plupart des régions », observent les spécialistes. La pousse est excédentaire en Nouvelle-Aquitaine, dans le Centre-Val de Loire, en Île-de-France, en Bourgogne-Franche-Comté ainsi que dans le Grand Est. Le déficit de pousse s'est résorbé dans les Pays de la Loire où seule une petite frange côtière présente un déficit faible. En Occitanie, le déficit s'est atténué mais la situation s'est toutefois nettement dégradée dans l'extrême Sud-Est de la région qui présente un déficit important (75 % et moins de la pousse annuelle de référence). Cette production hexagonale excédentaire d'herbe est une bonne nouvelle pour les éleveurs notamment laitiers qui voient le prix de l'aliment flamber depuis quelques mois déjà. « Les pâtures sont vertes, il y a à manger pour les animaux ce qui explique la reprise de la production laitière », se réjouit Daniel Perrin, secrétaire général de la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA).

NAPPES / Des tendances d’évolution contrastées
Les pluies très excédentaires de l’été 2021 permettent d’observer une remontée des niveaux des nappes notamment sur le tiers Nord-Est du territoire, indique le BRGM. ©SD

NAPPES / Des tendances d’évolution contrastées

« En juillet 2021, les tendances d'évolution sont contrastées, constat inhabituel à cette époque de l’année », indiquait le 11 août le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin de situation hydrogéologique au 1er août 2021. Selon l’organisme de suivi des nappes phréatiques, « les pluies estivales arrivant à s’infiltrer dans les sols sont utilisées par la végétation et n’atteignent que rarement les nappes. Les niveaux devraient donc être en baisse. Or les pluies très excédentaires de l’été 2021 permettent d’observer une remontée des niveaux des nappes notamment sur le tiers Nord-Est du territoire ». En conséquence : sur une large partie Nord-Ouest, la situation au mois de juillet est jugée « très satisfaisante » par le BRGM, les niveaux des nappes sont au-dessus des moyennes mensuelles. Concernant les nappes inertielles du couloir Rhône-Saône et celles du pourtour méditerranéen et de la Corse, cette situation est cependant « moins satisfaisante », concède l’organisme. « Les nappes inertielles des formations plio-quaternaires de Bourgogne-Franche-Comté et de Rhône-Alpes évoluent très peu car elles ont un comportement hydrodynamique très inertiel. Leurs niveaux restent sous les normales mensuelles, de modérément bas à bas », commente le BRGM. Et de préciser également concernant « les nappes des cailloutis pliocènes de Bourgogne-Franche-Comté et des corridors fluvio-glaciaires du Rhône amont et moyen », celles-ci « enregistrent des niveaux modérément bas à bas, du fait de plusieurs recharges hivernales successives déficitaires et de leur comportement inertiel ».

S.D. avec communiqué