34 400 ha d’arrachages de vignes en quête de financement
Reçue par Annie Genevard, la filière vitivinicole a eu l’engagement de négociations avec le commissaire européen, d’ici la fin du mois, sur sa demande d’un plan d’arrachage de 200 millions d’euros.
« Le moral des professionnels est au plus bas et de nombreux signaux de détresse remontent du terrain. » C’est ce qu’a signifié la filière vitivinicole à l’occasion d’une réunion le 6 novembre avec la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Les échanges ont duré plus de 2 h 30. Mais les représentants de la production, interprofession et négoce attendent encore « des décisions fortes ». La ministre s’est engagée sur des négociations avec le commissaire européen « d’ici la fin du mois » concernant leur demande d’un plan d’arrachage de 200 millions d’euros (M€), indique un communiqué de l’APV réunissant la Cnaoc, les Vignerons coopérateurs, Vignerons indépendants, la Confédération des vins IGP. 34 428 hectares (ha) sont concernés, selon une enquête de FranceAgriMer à laquelle ont répondu 20 % des viticulteurs : près de 12 000 ha en Languedoc-Roussillon, 8 400 ha en Nouvelle-Aquitaine, 5 700 ha en Vallée du Rhône et Provence. Les demandes visent à 80 % des arrachages partiels. « Cela signifie qu’il s’agit bien d’une mesure visant à réadapter le potentiel de production des exploitations et non des cessations d’activité », souligne le communiqué. Les négociations avec l’Union européenne (UE) portent sur un financement national et européen via la réserve agricole. Fin 2024, la France avait eu le feu vert de l’UE pour un régime d’aides nationales à l’arrachage de 120 M€, largement consommés sur 27 500 ha.
Guichet sécheresse de plus de 10 M€
Par ailleurs, la ministre a annoncé la prorogation du guichet sécheresse jusqu’au 31 décembre 2026, avec une enveloppe dédiée de plus de 10 M€, pour accompagner l’adaptation des exploitations. Elle s’est engagée à réactiver le dispositif de consolidation bancaire au 1er janvier 2026, en révisant des critères « pour le rendre réellement accessible aux exploitations et coopératives les plus fragilisées », selon le communiqué. La nouvelle version du dispositif sera étendue aux coopératives. Autre annonce, la prise en charge des cotisations sociales est arbitrée sur le 2e semestre 2025 à hauteur de 5 M€. Une demande de budget supplémentaire sera instruite dans le cadre de l’examen du PLFSS 2026, précise le communiqué. Enfin, le plan de filière sera remis en selle à l’occasion des conférences de la souveraineté alimentaire le 8 décembre, « permettant d’entrer dans une phase d’arbitrages et de décisions opérationnelles ». Lancé fin 2023 sur l’idée d’un « New deal du vin », il est aujourd’hui « au point mort », avait estimé le 30 octobre le sénateur Daniel Laurent, co-auteur d’un rapport sur l’avenir de la viticulture. L’APV considère, à l’issue de la réunion du 6 novembre, que « le plan de filière national sera remis au cœur de l’action publique ».
JCD