Adaptation des lignes
« En deux ans, le budget du conseil départemental a fondu de 160 millions d'euros suite à la baisse des dotations de l'Etat, ce qui représente 10% en moins », rappelle d'emblée Jean-Pierre Barbier, président du conseil départemental de l'Isère lors de la présentation des orientations budgétaires qui guideront l'élaboration du prochain budget départemental.
Alors qu'entre « 2011 et 2015, les dépenses de solidarité ont augmenté de 17% », ajoute-t-il, « sans oublier les 17 millions d'euros transférés à la Métro et les 90 millions transmis à la Région, deux obligations qui découlent de la loi Notre ». Donc un contexte toujours délicat, « géré par une baisse des dépenses, sans augmentation de la fiscalité ».
Un des leviers pour diminuer les dépenses réside dans une nouvelle approche de la gestion de la politique sociale. Les allocataires RSA seront l'objet de contrôles ciblés répète Jean-Pierre Barbier, « mais entendons-nous bien, ce n'est pas un contrôle des plus pauvres, mais un ciblage de ceux qui ne devrait pas y émarger parce qu'ils ne répondent pas aux critères. Mais je n'en dirai pas plus pour ne pas compromettre l'efficacité des vérifications ». En revanche, le chiffre de 0,9% de baisse circule quant au nombre de demandeurs du RSA en un an, ce qui a permis une diminution de 4 millions d'euros alloués à cette ligne lors de la décision modificative (DM2) du budget votée par le conseil départemental en octobre dernier. « Nous voulons une politique sociale équitable c'est-à-dire que nous sollicitons également ceux qui auraient droit à des aides et qui ne les demandent pas ».
Côté investissement, le président de l'assemblée confirme la reconduction d'une relance par l'investissement de 330 millions d'euros dans les collèges, sur les routes, les digues, la culture, ainsi que de gros efforts dans des infrastructures Très haut débit pour mailler le département.
Enfin, un des gros dossiers d'actualité est celui de l'avenir des transports en commun départementaux. La loi oblige les départements à se retirer du capital des sociétés d'économie mixte. Celui de l'Isère cherche donc un repreneur pour ses parts dans la Sem VFD. Quatre candidats étaient sur les rangs mais trois se sont désistés et le dernier Keolis-Faure « formulait une offre inacceptable ». Le conseil départemental a obtenu un délai d'un an pour opérer le transfert ce qui donne autant de temps pour des négociations amiables avec tous les candidats potentiels. « Nous allons devancer l'appel d'offre pour les transports isérois d'un an également afin que ce transfert corresponde à une nouvelle période de délégation, débutant en janvier 2018, explique Pierre Gimel, conseiller départemental chargé du dossier. La Sem VFD pourra y postuler comme d'autres acteurs. Si elle obtenait le marché, cela lui donnerait une valeur certaine, que nous valoriserions dans la négociation des parts de la SEM ».
Jean-Marc Emprin