Alimentation animale : la filière reste sous pression
Les derniers chiffres de production du secteur de l’alimentation animale sont encourageants. Après la chute de 2021-2022, le rebond opéré en 2024-2025 se poursuit et l’objectif de 20 Mt produites pourrait être atteint en 2026.
Après deux années de recul de la production, le secteur de l’alimentation animale connaît un rebond et espère renouer avec vingt millions de tonnes produites en 2026. « Une progression tirée par les vaches laitières, un prix du lait favorable, mais aussi par l’agrandissement des fermes », selon le Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia). Ludovic Michel, le vice-président de la filière l’a précisé : « Le lait et la volaille tirent la production, tandis que la production porcine diminue, confrontée aux nombreux départs en retraite d’éleveurs. Les ventes d’aliments en Bretagne et en Pays de la Loire sont en augmentation tandis qu’elles baissent en Auvergne avec la réduction des bovins viande. » À noter également un rebond des ventes d’aliments composés aux filières biologiques. Les représentants du Snia ont renouvelé leur soutien aux différentes filières animales dans leur ambition de restaurer la souveraineté alimentaire du pays, et s’inquiètent des hausses de leurs charges depuis quatre années. La main-d'œuvre a augmenté de plus de 15 % en quatre ans, l’énergie a pris 25 % pour le gaz et près de 20 % pour l’électricité. Les services informatiques et les transports ont vu leurs tarifs croître entre 10 et 20 % sur la même durée. Ces augmentations entraînent une faible rentabilité de la filière et freinent ses capacités d’investissement. « Or la filière de l’alimentation animale a besoin de se renouveler. Elle prévoit 300 embauches par an d’ici 2030 dans cinquante métiers différents », explique François Cholat, le président du Snia. Une campagne nationale de sensibilisation aux métiers de la nutrition animale est engagée avec l’Onisep et France-Travail.
Actuagri