Conditions de travail : un accord-cadre national est signé
EMPLOI / Plusieurs organisations agricoles ont signé, le 24 février sur le Salon de l’Agriculture, un accord-cadre national sur les conditions de travail pour les salariés agricoles.
«Pour de meilleures conditions de travail et d’emploi en agriculture ». Tel est l’intitulé de l’accord-cadre signé entre plusieurs organisations professionnelles agricoles et d’autre part des syndicats de salariés (voir encadré), à l’exception de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT. Cet accord concerne, entre autres, les conditions de travail relatives à la manutention manuelle, les évolutions climatiques, les produits phytosanitaires et biocides et les équipements et tenues de travail. Cet accord traite aussi, de la qualité de vie, en particulier les lieux d’accueil, de l’organisation du travail, la parentalité, le télétravail et le droit à la déconnexion. Représentants patronaux et syndicats de salariés ont également précisé les modalités de prévention (grossesse, insectes nuisibles, troubles musculosquelettiques, addiction, handicaps visibles et invisibles), ainsi que celles des transports et de l’hébergement. Cet accord a été conclu pour une durée indéterminée et les parties signataires ont convenu de se réunir au minimum tous les cinq ans pour examiner le besoin de réviser l’accord.
Attirer de nouveaux talents
Peu avant la signature de cet accord-cadre, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a rappelé qu’un agriculteur sur deux était employeur de main-d’œuvre. « Cet accord vise aussi à s’adapter aux nombreux enjeux agricoles qui nous font face », a poursuivi Jérôme Volle, qui considère que les bonnes conditions de travail concourent également à la compétitivité des exploitations. L’un des défis de l’agriculture est de pouvoir attirer à elle de nouveaux talents mais aussi de les fidéliser. « Or, un tiers des employeurs agricoles avouent avoir aujourd’hui des difficultés à recruter, malgré le fait que l’enseignement agricole ait vu ses effectifs augmenter de 7 % sur les cinq dernières années », a souligné Claire Ruaud, directrice des affaires sociales de la FNSEA. Le secteur emploie près d’un million de salariés (972 000), dont 931 500 en CDD avec des pics d’emploi en fonction de la saisonnalité des productions et 40 500 CDI. « Nous avons besoin de collaborateurs, de partenaires et d’être structurés », a estimé Arnaud Rousseau. Cet accord, fruit de deux ans et demi de négociations, entend fixer un cadre qui facilite le travail de tous.
Christophe Soulard