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Viticulture

Coup de stress sur la vigne

Après l'épisode de gel de début avril, les viticulteurs ont subi un nouveau stress début mai. Les dégâts sont très inégaux à travers le département.
Coup de stress sur la vigne

Avec le changement climatique, la sagesse populaire en prend un coup. Les viticulteurs en savent quelque chose qui, début mai, bien avant les fameux saints de glace, ont subi un coup de gel aussi subi qu'inattendu. En Isère, les dégats sont inégaux. Si, dans le Trièves, les vignerons ont connu des heures compliquées, notamment du côté de Roissard, où « les pertes sont considérables », ailleurs le gel a joué à la loterie.

Dans le Grésivaudan, le domaine des Rutissons n'a été touché que sur une parcelle située en plaine, à Chapareillan. « C'est une petite parcelle de 35 ares plantée en gamay, dont la moitié a gelé, ce qui engendre pas mal de pertes, décrit l'exploitant, Wilfrid Debroize, président des viticulteurs de l'Isère. Pour le reste, nous sommes passés à deux doigts de la catastrophe. Sur les coteaux, mises à part quelques grillures, rien de grave. Ça a été limite, mais on s'en sort bien. » Le viticulteur évalue tout de même ses pertes à près de 10 000 euros.

Développement au ralenti

Dans le Royans, les dommages sont inégalement répartis. Il semble que les cépages roussannes aient été plus atteints que les autres. Dans le Voironnais, à La Buisse, Sébastien Bénard a fait le tour de toutes ses parcelles le 6 mai au matin, juste après le coup de froid. Le vigneron exploite quatre hectares, dont deux sont en production. « J'ai deux parcelles vraiment touchées à Saint-Cassien, raconte le vigneron. L'une de 80 ares, plantée en gamay et ne gewurztraminer, l'autre uniquement en gamay. Pour le moment, le développement des vignes étant ralenti, il est trop tôt pour évaluer le taux de perte. On verra bien dans les prochaines semaines, mais on aura probablement des petits rendements sur ces parcelles, comme il y a deux ans. Heureusement, le viognier, le chardonnay, le persan et le servanin sont quasi indemnes. »

Du côté des Balmes dauphinoises, là encore, pas de grosses alertes. En tout cas bien moins sérieuses que début avril. « Le bas du côté avait gelé et nous avons eu 20 % de pertes, raconte Stéphanie Loup, du domaine du Loup des vignes. Une semaine plus tard, nouveau coup de froid. Cette fois, nous avons fait brûler de la paille pour sauver la parcelle. Nous avons eu la chance, car chez un voisin, on n'a rien pu faire... » Comme Wilfrid Debroize, la viticultrice estime qu'elle a de la chance. Mais la vigne est tout de même soumise à rude épreuve. « Il fait froid, la vigne végète. On le voit sur les inflorescences. Il est possible qu'on ait un peu de coulure. » Avec une incidence sérieuse sur la récolte : les fleurs non fécondées se déssèchent et tombent, sans donner de graines. Les grappes de raisin sont alors très clairsemées, ce qui entame le potentiel de production. 

Marianne Boilève