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Matheysine et Vercors

D'importants dégâts de gibier dans des prairies

Relations agriculteurs-chasseurs/De Nantes-en-Rattier à Méaudre, les sangliers se sont beaucoup attaqués aux prairies cette année. Certaines étant déjà broutées par les cerfs, les éleveurs expriment leur ras-le-bol.
D'importants dégâts de gibier dans des prairies
Les dégâts de sangliers sont tels à Nantes-en-Rattier, que les agriculteurs de ce village matheysin ont fait signer une pétition et l'ont adressée à la direction départementales des territoires (DDT, issue de la fusion des directions de l'agriculture et de l'équipement). « Malgré divers échanges avec la société de chasse de notre commune, nous n'avons pu trouver de solution, regrettent-ils dans ce document signé par la plupart des professionnels exploitant des terrains à Nantes-en-Rattier à l'initiative du président du syndicat d'exploitants agricoles local, François Garnier. Les chasseurs ont jugé opportun de cesser leur activité dès la première neige, en l'occurrence au mois de novembre dernier. Depuis, les dommages se sont multipliés et accentués gravement. Les cultures sont maintenant sorties de terre. C'est pourquoi nous vous demandons de faire intervenir tout recours pour remédier à cette situation ».
Ailleurs, même si les dégâts de gibier peuvent également être importants, les agriculteurs parviennent heureusement à trouver des terrains d'entente avec les chasseurs. « Cette année, à Méaudre, nous constatons également une recrudescence des dégâts de sangliers, témoigne Eric Rochas, éleveur dans cette commune du Vercors. Nous supposons qu'elle est liée à l'arrêt de l'agrainage et c'est une hypothèse que nous avons pu évoquer avec le président de l'association communale de chasse agrée (ACCA) lors de l'assemblée générale du syndicat d'exploitants agricoles de Méaudre, car cela ne se passe pas trop mal avec les chasseurs chez nous. Nous avons des représentants au sein de l'unité de gestion cynégétique », au sein de laquelle la profession peut faire part de ses problématiques.
Les sangliers et au-delà
Ces dernières ne sont pas forcément traitées : « Nous avons plus de problèmes avec les cerfs qu'avec les sangliers, complète Eric Rochas. Nous ne pouvons pas mesurer précisément les dégâts qu'ils infligent à nos prairies, même si nous pensons qu'ils y pâturent pas mal, et nous ne pouvons être indemnisés de ce manque à gagner que si l'ACCA n'atteint pas 50 % de son quota de cerfs, bien que leur population augmente d'année en année ».
Dans ce contexte, « il faut déclarer les dégâts qu'on a subis », recommandent unanimement les syndicalistes. Très touché, Maurice Rebreyend a fait la démarche, « mais je préfèrerais que l'on vienne me remettre mes prairies permanentes en état, car c'est un travail lourd, que l'indemnisation ne compense pas », note, amer, cet éleveur matheysin.
Cécile Fandos