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Sylvicutlure

Et la lumière fût

Le traitement d'une forêt en futaie nécessite de réaliser des éclaircies, permettant aux arbres d'exprimer pleinement leur potentiel biologique. Le sujet a animé les discussions entre professionnels et particuliers lors de la visite d'un chantier forestier en Nord-Isère le 31 août, organisée par le CRPF.
Et la lumière fût

Les arbres ont été plantés la même année. Et pourtant, les différences de diamètre des troncs ne passent pas inaperçues aux yeux des participants de la visite. « Les arbres en bordure de parcelle ont des troncs beaucoup plus importants », indique René Sabatier du Centre régional de la propriété forestière (CRPF) Rhône-Alpes. La cause ? Ils profitent davantage de la lumière et sont moins concurrencés par les autres arbres au niveau des racines. Observer les cernes des troncs permet aussi d'appréhender cet avantage concurrentiel. « Pour un bois de bonne qualité, la croissance de l'arbre doit être régulière. Or ici, les dix dernières cernes sont plus proches les unes des autres. Il y a eu un ralentissement de croissance », explique René Sabatier, qui s'empresse d'ajouter que les éclaircies ont dix ans de retard. Dans le chantier visité, une éclaircie systématique – tous les arbres sont coupés - est effectuée une ligne sur cinq. Dans les quatre autres lignes, seuls les arbres peu ou pas valorisables - arbres morts, tordus ou trop branchus - et quelques gros arbres, sont abattus. « On limite ainsi la concurrence, et on exploite le potentiel de chaque arbre pour le valoriser en bois d'oeuvre », affirme un des techniciens forestiers présents lors de la visite.

Démocratiser la mécanisation

Des troncs d'arbre s'empilent derrière son passage. Le travail est rapide – une trentaine de secondes par arbre, un hectare par jour - et net. Mais malgré son efficacité, l'abatteuse suscite encore des interrogations. « Un des objectifs de cette visite de chantier (dont le thème est « Les éclaircies résineuses mécanisées », ndlr) a été de défaire les préjugés sur l'abatteuse. Certains ont peur qu'elle dégrade la forêt. Tout dépend du chauffeur, insiste René Sabatier. Un arbre coupé par une abatteuse risque moins d'abîmer les arbres alentours qu'un arbre traîné par un cable de débardage, affirme-t-il. Et en roulant sur les branches, l'abatteuse permet d'accélerer leur décomposition, un avantage pour le renouvellement du sol. Il aussi préférable d'utiliser l'engin par temps sec pour limiter le tassement du sol. » Le fonctionnement : la tête d'abattage coupe l'arbre à la base, qui est ensuite placé parallèlement au sol. Les rouleaux l'entraînent pendant que les couteaux l'ébranchent, et que la scie à chaînes le sectionne en plusieurs billots. « Il faut que le matériel soit adapté. Une grosse tête d'abattage avec des arbres trop fins, et l'ébranchement est mal fait », précise un opérateur.

 

Une certification de gestion durable

« Des forêts sont encore mal exploitées dans la région, les gens font n'importe quoi, c'est inacceptable ! » s'indignent certains propriétaires forestiers durant la visite. La marque Programme Européen des Forêts Certifiées (PEFC) garantit que le bois est issu d'une exploitation durable de la forêt. « Une telle certification permet de montrer au grand public que des sylviculteurs font bien leur travail, en respectant la forêt », affirme une des participantes. Le logo PEFC peut être utilisé lorsque le produit est composé au minimum de 70% de matière certifiée PEFC. Un tel engagement dans cette démarche de cerfication de la part d'un exploitant forestier augmente ses chances de trouver des débouchés. « Si un industriel a le choix entre un bois certifié PEFC et non certifié, il n'hésitera pas. Il n'y a pas de plus-value financière pour l'exploitant forestier, mais les consommateurs sont demandeurs », affirme René Sabatier.
MS
Magali Seyvet