Fin de crise à l’interprofession laitière
La crise de gouvernance à l’interprofession nationale laitière (Cniel) se termine avec un accord des différentes parties prenantes pour un budget et un plan triennal obtenu sous les bons offices du nouveau président Marc Delage. Sa nouvelle méthode semble avoir payé.
Cela faisait plusieurs mois que les désaccords persistaient entre les différents collèges de l’interprofession nationale laitière (Cniel). Mais les choses ont visiblement changé à l’occasion du conseil d’administration du 20 novembre. Pour 2026, le budget du Cniel est reconduit avec des contributions identiques en termes de proportions entre les éleveurs et les transformateurs. Concernant le plan triennal 2026-2028, les quatre collèges (producteurs, transformateurs, coopératives et distributeurs) sont tombés d’accord. Cela permettra au Cniel de lever la contribution volontaire obligatoire (CVO) en janvier. L’État doit toutefois avaliser l’accord triennal et publier l’arrêté d’extension avant le 31 décembre au Journal officiel. Le délai est très court, sachant que le document devait être remis à l’État en septembre dernier, afin d’avoir assez de temps et de respecter la date butoir. Le Cniel assure que le contact a été maintenu avec les ministères et que les délais seront respectés. Cet accord met un terme, au moins provisoirement, à la crise de gouvernance qui s’est concrétisée mi-octobre par la démission du président Pascal Le Brun, issu du collège des coopératives, résultat de positions antagonistes entre les éleveurs (FNPL) et les transformateurs (Fnil).
Faire valoir l’intérêt général
Premier président issu du collège des distributeurs, Marc Delage estime avoir réussi à faire valoir l’intérêt général et la pérennité de l’interprofession aux yeux des différents maillons. Selon lui, la méthode a son importance. « J’ai pu avoir des discussions assez poussées et passer beaucoup de temps avec l’ensemble des différentes familles », précise-t-il. Marc Delage a mis en place un nouveau format de réunions régulières à cinq, le président et les quatre vice-présidents représentant chaque collège, donc plus resserré qu’avec tout le bureau. « C’est une équipe qui est jeune, qui ne se connaît pas, elle a besoin justement de ce collectif pour pouvoir avancer et prendre des décisions. » Le président veut aussi travailler autrement. « Ce qu’on souhaite vraiment pousser, c’est la partie territoriale, et être plus en lien avec nos différents Criel. On veut pouvoir adapter la communication en fonction des besoins et qu’elle soit adaptée aux zones de production, tout en gardant, bien sûr, un socle qui est la communication nationale. » L’avenir dira si la nouvelle méthode en vigueur permettra de faire enfin fonctionner correctement l’interprofession. Un point est prévu dans quelques mois sur les finances afin « d’être certain qu'on est sur le bon budget de fonctionnement et que le budget est bien en lien avec les actions qu’on veut mettre en place ou s’il a effectivement besoin d’être ajusté », a précisé Marc Delage.