« Il faut aimer la conduite »
« Je me reconnais dans ces enfants, il y a quelques années en arrière ». Omar Abidat est conducteur de car VFD. Il vient tout juste de signer un contrat période scolaire ou CPS. « Tout s'est fait rapidement », déclare le jeune homme chez qui on perçoit une rage de vivre, une soif de revanche. Il signe avec VFD son deuxième CDI. Il exerce l'un à temps plein dans l'industrie où il travaille le week-end, l'autre avec le transporteur, à raison de 12 heures par semaine pendant les périodes scolaires. Et en plus, ce double-actif trouve le temps de profiter de ses deux enfants et de faire du sport ! Originaire de Voiron et habitant à La Murette, il opère essentiellement sur la ligne scolaire Rives-Voiron. « Je travaille le jeudi et le vendredi, reprend-il. VFD a mis en place des horaires de travail personnalisés et j'ai reçu un super accueil ».
Pour qui aime se lever tôt, le métier de conducteur en CPS représente un appoint de revenu à l'année. La prise de service s'effectue à 6 heures du matin, le temps de vérifier l'état du véhicule et c'est parti pour trois heures de conduite. Idem le soir entre 16 heures à 19 heures. Le conducteur énumère les qualités qui lui semblent essentielles pour exercer ce métier : « Il faut aimer la conduite, avoir un sens du relationnel, être débrouillard, concentré, attentif à la route, ponctuel et surtout faire attention car il y a des enfants à bord ». Ce n'est effectivement pas un transport comme un autre. « Nous sommes responsables des enfants de la prise à la dépose », insiste-t-il. Alors pas de débat, le conducteur se montre sympathique mais ferme : à bord, on attache sa ceinture. « Pour tout ce qui est lié à la sécurité, il faut être carré. »
Recruter dans le milieu agricole
Ce nouvel emploi le satisfait au-delà de ses attentes, heureux « de conduire le car que je prenais quand j'étais jeune », confie-t-il. Ses collègues sont les anciens chauffeurs qu'il a connus alors qu'il était collégien et petit à petit, il commence à repérer des têtes, reconnaître les enfants qu'il transporte. Il y a de l'humain dans son métier de chauffeur. Mais l'homme est aussi pragmatique, motivé et ambitieux. « Pour évoluer, il faut mettre tous les atouts de son côté ». Il émet quelques regrets d'une scolarité « prise à la légère, avec les copains ». Il tire une certaine satisfaction de son parcours professionnel qu'il ponctue de qualifications, de diplômes, de VAE. Pas fatigué, Omar Abidat fait ça « tant qu'il est jeune et que la santé le lui permet ». Cette énergie, cet enthousiasme, il cherche à les communiquer autour de lui. « Mes amis sont dans différents secteurs : le bâtiment, les transports, l'industrie, la surveillance. Mais on n'est pas cantonné dans un seul job toute sa vie. » Il ajoute : « Pour les agriculteurs, c'est un bon complément d'activité. »
D'ailleurs, VFD cherche à recruter dans le milieu agricole, et plus particulièrement dans certains secteurs géographiques que sont le pays du Roussillon, la Bièvre, le pays saint-Jeannais, la Capi, les Vals du Dauphiné, le Vercors, la Matheysine, le pays du Grésivaudan et le pays voironnais. « Les circuits et les services peuvent être adaptés en fonction de l'activité agricole », précise Fanny Bar, chargée RH de VFD. Si besoin, l'entreprise est prête à financer une formation* dans la mesure où la collaboration est envisagée dans la durée. Aujourd'hui, plus de trente postes de conducteurs-receveurs sont vacants et les recrutements s'opèrent exclusivement dans le transport scolaire. « Ce ne sont pas des emplois à temps complet, donc s'adressent à des double-actifs », précise la responsable RH qui énumère les avantages : revenu régulier, comité d'entreprise, mutuelle, possibilité de stationner le véhicule à son domicile. « Et puis, ça permet de sortir de la routine », complète Omar Abidat.
Isabelle Doucet
*Permis D et Fimo (Formation Initiale Minimum Obligatoire) voyageurs