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Economie

L'emploi partagé : un bénéfice commun

Pour faire face à un pic d’activité, Bruno Nicaize, exploitant forestier à Moissieu-sur-Dolon, a recours à un salarié via Agri emploi. Le système profite aux deux parties.
L'emploi partagé : un bénéfice commun

Depuis une dizaine de jours qu'ils ont commencé à exploiter cette parcelle de robiniers faux-acacia à Ville-sous-Anjou, le chantier a bien avancé. Il faut dire qu'à deux, c'est plus efficace et plus motivant. C'est la raison pour laquelle Bruno Nicaize, agriculteur et exploitant forestier à Moissieu-sur-Dolon, se fait aider d'un salarié qualifié en matière de bûcheronnage, d'abattage et d'ébranchage. Mais il n'a pas franchi le pas de l'embauche. « Cela prend trop de temps. C'est trop compliqué. Il y a trop d'évolutions réglementaires. Ce n'est pas mon métier », estime-t-il. Cependant, dans le même temps, une connaissance lui a parlé d'Agri emploi et une autre d'un jeune du secteur, Jonathan Giraud, bucheron sylviculteur de métier. « Pourquoi ne pas tenter l'aventure ? », se dit-il.

Gestion simple du salarié

Ni une, ni deux. Bruno Nicaize contacte Sariah Donzel-Gargand, responsable d'Agri emploi et lui expose la situation. « Le lundi après-midi, nous la rencontrions tous les deux à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs. Je suis devenu adhérent d'Agri emploi, qui a embauché Jonathan, qui m'a été mis à disposition. Le mardi matin, toutes les formalités liées à l'embauche, étaient accomplies, et nous commencions un chantier. Au niveau administratif, je n'aurai qu'à régler la facture à la fin du mois. C'est simple ! », explique, satisfait, Bruno Nicaize. C'était il y a un peu plus d'un mois. Depuis, Bruno Nicaize et Jonathan Giraud travaillent ensemble trois jours par semaine, les lundis, mardis et mercredis. « La présence de Jonathan me permet de travailler plus vite, d'avoir une activité plus soutenue qui correspond davantage aux attentes des donneurs d'ordres. Et cela me permet de ne pas être seul en forêt », détaille le forestier, qui apprécie aussi de « pouvoir se concentrer sur le cœur de son métier et de pas devoir assumer de risque lié à l'embauche ». Pour Jonathan Giraud, licencié dernièrement d'une entreprise, la proposition a aussi été une aubaine : « Pour l'instant, je touche encore des indemnités de Pôle emploi, mais je n'aime pas rester sans rien faire ».

Bonnes perspectives

Rester sans rien faire, il n'en a pas été question. Dans la continuité de son embauche par Agri emploi, il a vite été rappelé par Sariah Donzel-Gargand lui proposant de compléter son temps de travail pour seconder Dominique Jullien, agriculteur à Meyssiez. « Dans cette exploitation, je dois être polyvalent car les tâches que je dois accomplir sont très variées. Je dois nourir les vaches, nettoyer les box. Je vais aussi conduire le matériel et apprendre à semer, labourer, herser. L'agriculture, c'est toujours différent. Chacun a sa façon de travailler. Pour moi, c'est très intéressant et enrichissant », apprécie Jonathan Giraud. D'autant qu'il n'a pas de nombreux kilomètres à parcourir. Lui qui habite à Bougé-Chambalud doit faire au plus 30 kilomètres pour se rendre chez l'un des exploitants. Et des perspectives existent. « Cela fait quelques temps que nous recherchons un salarié à plein temps pour trois agriculteurs du secteur », confirme Sariah Donzel-Gargand. Pour l'instant, Jonathan Giraud réfléchit. La proposition l'intéresse, mais il envisageait de s'engager dans l'armée pour faire de la conduite d'engin.

Bouche-à-oreille

La mise à disposition de Jonathan Giraud chez Bruno Nicaize s'est réalisée grâce au bouche-à-oreille. Selon la responsable, « cela se fait comme cela assez régulièrement. C'est souvent grâce aux connaissances entre exploitants ou entre salariés que les embauches sont réalisées. Depuis 2009 que le service a été créé, nous commençons à être bien connus. Ceux qui ont déjà travaillé avec nous gardent une certaine satisfaction de notre collaboration qui les incitent à revenir vers nous lorsqu'ils rencontrent des besoins en matière de complément de main-d'œuvre ». Depuis sa création, le service de mise à disposition de salariés a connu une constante progression. « Mais cette année, avec la crise agricole qui a particulièrement touché le milieu de l'élevage, notre principal secteur d'intervention, notre activité a stagné. On nous sollicite davantage sur des missions courtes. On craint plus l'engagement dans la durée », relève Sariah Donzel-Gargand.

Isabelle Brenguier

 

 L'activité d'Agri emploi s'est fortement diversifiée au cours de ces dernières années.

Un pôle dédié autour de l'emploi

Si le cœur de mission d'Agri emploi reste la mise à disposition de salariés aux exploitants, le service s'est vu attribuer de nouvelles missions, rendant la structure incontournable en matière d'emploi agricole. De nombreuses activités annexes ont été développées, notamment en matière de formation. Pour les employeurs, il s'agit de les informer sur l'évolution de la réglementation (sur le document unique d'évaluation des risques professionnels, la nouvelle mutuelle). Pour les salariés, des formations sont aussi régulièrement organisées. En 2015, une trentaine d'employés a bénéficié de trois sessions consacrées à la taille des arbres fruitiers, à la récolte des fruits et à la conduite d'engins agricoles pour la récolte des noix. Les permanents ont aussi reçu une formation de sauveteur secouriste au travail. Pour les personnes qui n'ont aucune connaissance des métiers de l'agriculture et du paysage, Agri emploi offre la possibilité de les découvrir, via un dispositif intitulé Adema (Accès des demandeurs d'emplois aux métiers de l'agriculture). Les stagiaires suivent une formation de 22 jours, composée de sept jours en centre de formation pour découvrir les différents secteurs d'activités et de trois semaines de stages en entreprise.
« Nous faire connaitre au-delà de l'emploi partagé »
Agri emploi est également gestionnaire de la bourse de l'emploi et réalise ainsi les inscriptions des entreprises et des offres, de même que des candidats et des demandes. Les mises en relation sont effectuées par le biais d'un logiciel. Les candidatures sont ensuite transmises aux exploitants.
Depuis le mois de septembre, Agri emploi assure également l'animation de la Fédération départementale des services de remplacement, ce qui permet de mutualiser les efforts de chacun pour  répondre au mieux aux demandes de salariat des adhérents. Selon Martial Durand, président d'Agri emploi : « L'ensemble de ces actions contribue à nous faire connaître au-delà de l'emploi partagé et participe au développement de la structure. Cela s'est fait en partenariat avec les autres organisations professionnelles agricoles qui s'occupent aussi d'emploi dans le département, comme la chambre d'agriculture et la FDSEA ».
I.B.

 

 

Agri emploi en quelques chiffres

 

- 56 exploitations adhérentes

- 17,2 équivalents temps plein

- 6 CDI, 2 contrats en alternance, 1 emploi d''avenir et 102 CDD

- 2 équivalents temps plein de gestion

- 27 652 heures de mise à disposition dont 50 % en élevage et 20 % en arboriculture

 

Source : Agri emploi