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La filière avicole recherche des éleveurs

VOLAILLES / Première viande consommée en France depuis 2024, après le porc, la volaille gagne du terrain y compris en Auvergne-Rhône-Alpes, mais pas suffisamment pour répondre à la demande. Reportage dans deux exploitations de l’Allier aux profils différents.

Par Anna Beck
La filière avicole recherche des éleveurs
À Étroussat, dans l'Allier, Aurélien Lafoucrière élève des volailles fermières d'Auvergne et des poulets du Bourbonnais AOP.

Situé à Coutansouze dans l’Allier, le Gaec Méli Meloux incarne une stratégie de diversification réussie. L’exploitation actuelle s’étend sur 135 hectares, dont une quinzaine de céréales, et s’appuie sur la complémentarité entre un atelier bovin allaitant et deux ateliers avicoles. L’histoire du Gaec commence avec Sandrine, installée individuellement en 2015 avec un atelier de volailles fermières destiné à la base à des fins de ferme pédagogique. Auparavant paysagiste, Christophe est installé avec son oncle en bovin viande et rejoint sa femme en 2019. Initialement installé sur la commune de Vernusse où il gère un troupeau de cinquante vaches charolaises, Christophe s’associe avec Sandrine dès que l’opportunité se présente. Aujourd’hui, le couple gère conjointement les activités. Sur l’exploitation, l’organisation de la production avicole est scindée pour répondre à des besoins de consommation différents. L’atelier « poulet du quotidien », où la production est gérée sous contrat, permet de sécuriser une partie du revenu de l’exploitation. L’atelier volailles fermières correspond à un élevage diversifié composé de poulets, pintades, canettes, canards, cailles et lapins conduit sur un cycle long. Les volailles fermières sont abattues directement à la ferme, vendues sur les marchés et en vente directe.

Deux ateliers volailles pour deux marchés

À Étroussat, dans l’Allier, Aurélien Lafoucrière s’est installé en 2012 sur la ferme familiale. Initialement en systèmes céréaliers, avec vente de fourrage et pension de génisses, Aurélien décide de diversifier l’exploitation de 250 ha en y installant deux poulaillers aux normes label rouge de 400 m2 chacun. Pour l’éleveur, la volaille est un levier de stabilité essentiel : « Ce que japprécie, cest que ça me permet de sécuriser les revenus. En céréales, on sème et cest mère Nature ou les marchés mondiaux qui décident. En volaille, quand on fait bien notre boulot, on est rémunéré régulièrement ». Aurélien accueille actuellement des lots de 5 200 pintades et 4 400 poulets, avec des parcours extérieurs herbagés de 1 et 1,3 ha. L’itinéraire technique de la pintade, animal assez sauvage, demande une surveillance particulière. Les poussins arrivent juste après l’éclosion et restent en bâtiment, sous une chaleur dégressive de 30 à 17 °C, le temps de s’habituer à la température extérieure et de pouvoir sortir à partir du 41ème jour. En production label rouge, la durée d’élevage est longue, avec un minimum de 95 jours pour les pintades. Aurélien a dû installer des lignes électriques pour protéger ses animaux des renards. En complément du label rouge, l’éleveur a fait le choix de l’excellence avec le poulet du Bourbonnais, une AOP comparable au poulet de Bresse. Ce projet est né d’une volonté de valorisation foncière : « Javais une petite surface enherbée dont je ne me servais pas. La filière cherchait des éleveurs et je me suis dit que cela permettrait de valoriser cet endroit, tout en améliorant les revenus ».

DSC04733.jpg©Anna Beck / Sandrine et Christophe du Gaec Méli Meloux.

DSC04836.jpg ©Anna Beck / Étroussat, dans l'Allier, Aurélien Lafoucrière élève des volailles fermières d'Auvergne et des poulets du Bourbonnais AOP.

Anna Beck