La FNSEA va lancer la présidentielle au SIA
SYNDICAT / La FNSEA, qui sera présente au Salon international de l’agriculture (SIA), a annoncé qu’elle profiterait de l’occasion pour avancer ses idées en vue de la prochaine élection présidentielle d’avril-mai 2027. Des propositions qui seront concrétisées dans le rapport d’orientation qui sera présenté lors de son 80ᵉ congrès à Caen.
« L’élection présidentielle est le rendez-vous qui doit clarifier la vision stratégique de l’agriculture », a annoncé Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, lors d’une conférence de presse le 18 février à Paris. Le moment est d’autant plus important que « l’agriculture française est en danger. La vérité est glaçante : on continue à perdre de la production et des exploitations », a-t-il soutenu, énumérant la litanie des principales productions en recul depuis 20 ans : - 6 % pour le blé, - 6 % pour le vin ; - 7 % pour les fruits ; - 12 % pour les légumes ; - 19 % pour les gros bovins ; - 31 % pour les ovins. « Il n’y a pas un chiffre positif », a-t-il déploré, appelant à « redresser la barre, changer de logiciel et de braquet et redonner une ambition à notre agriculture pour restaurer la souveraineté alimentaire, retrouver du revenu et renouveler les générations », a-t-il martelé. Le stand de la FNSEA recevra donc toutes les forces politiques représentées à l’Assemblée nationale ainsi que les membres du gouvernement, à commencer par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Principe de non-régression
Les neuf jours du Salon seront aussi l’occasion pour la FNSEA d’exposer ses propositions sur le projet de loi d’urgence agricole qui devrait être examiné en conseil des ministres courant mars, avant d’être débattu au Sénat, en première lecture en juin. Tout l’enjeu est de savoir s’il y aura une session extraordinaire du Parlement au mois de juillet, car en procédure simplifiée, le texte validé par le Sénat passera à l’Assemblée nationale puis en commission mixte paritaire. Or, les sénateurs veulent cesser leurs travaux le 14 juillet pour se consacrer à leur campagne électorale en vue du renouvellement de la moitié de la Chambre haute. « Un examen de ce texte au mois d’octobre, c’est non », a prévenu Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA et coordinateur de cette loi d’urgence pour le syndicat majoritaire. « Il y a urgence à agir et à réarmer l’agriculture française », a-t-il dit, détaillant les grandes lignes écrites en collaboration « avec le réseau ». La FNSEA voudrait voir « un principe de souveraineté agricole en plus de celui de souveraineté alimentaire, inscrit dans le texte. Il s’agit concrètement d’un principe de non-régression de la production agricole et d’assurer l’équilibre économique des exploitations », a précisé Arnaud Rousseau. « Nous voulons aussi une loi d’exception, à l’image de celle de Notre-Dame, pour accélérer les dossiers ». Sur le volet eau de cette loi, le syndicat veut systématiser les études socio-économiques dès la mise en place de Sdage/Sage1, limiter les zonages, prendre en compte l’usage agricole de l’eau comme un usage alimentaire, mais aussi renforcer la présence des agriculteurs dans la gouvernance des comités de bassin. Sur le dossier prédation, la FNSEA veut redonner aux agriculteurs « les moyens de se protéger », sans descendre en dessous du seuil de viabilité des loups estimé à 500 individus. Quant aux moyens de production, autre thème de cette loi d’urgence, il faut en particulier « améliorer les modalités de délivrance des autorisations de mise sur le marché sur les produits phytosanitaires, les biocontrôles, les biocides et les produits vétérinaires », a plaidé Luc Smessaert. « Il faut aussi limiter l’impact sur l’agriculture de la compensation écologique. C’est à l’aménageur de se mettre à distance de nos exploitations et non aux agriculteurs », a-t-il insisté. Autant de demandes qui seront exposées aux politiques qui s’entretiendront avec la FNSEA sur le SIA.
Christophe Soulard