La marque is(h)ere se lance dans le grand bleu
Le week-end dernier, Lans-en-Vercors n'a pas seulement accueilli la Fête du bleu avec le succès que l'on sait : près de 28 000 visiteurs en deux jours. La toute jeune marque Is(h)ere a également fait ses premiers pas dans le monde. Samedi et dimanche, les agriculteurs se sont relayés pour faire goûter aux visiteurs abricots, nectarines, saint-félicien, fromage de chèvre, jus de fruit et autres produits isérois récemment agréés Is(h)ere. Grand succès. Surtout les fruits. « A certains moments, nous avons eu des coups de bourre pour couper les abricots et trancher les fromages tellement il y avait de monde, sourit Richard Duvert, producteur de lait à Romagnieu et trésorier adjoint de la FDSEA. Les gens étaient très contents. Beaucoup ne connaissaient pas la marque. Nous leur avons expliqué que c'était pour mieux valoriser le travail des agriculteurs. On les a sentis favorables à la démarche. »
« Super bon »
C'est le cas de Carole qui trouve le saint-félicien « super bon ». « C'est bien d'encourager les agriculteurs, salue cette gastronome avertie venue du Gard. Il faut aller dans ce sens pour développer l'agriculture du pays. On mange beaucoup de trucs chimiques, des produits dont on ne sait pas trop la provenance. Personnellement, j'essaie d'utiliser des produits locaux et de faire des choses maison. » Et quand on lui explique que la marque garantit à la fois l'origine, le juste prix et la qualité, elle demande ce qu'on entend par « qualité ». « Si un produit a le logo de la marque mais n'est pas bon, ce n'est pas la peine ! » Après avoir goûté le panel de produits proposés à la dégustation, Carole glisse un flyer dans son sac et repart convaincue.
Dorian, dix ans à peine, trouve le yaourt à la myrtille de la laiterie du Mont Aiguille « délicieux ». Sa toute petite sœur aussi. « Les produits dauphinois, on les consomme, mais en dehors de la noix, du saint-marcellin et du bleu du Vercors, on ne les connaît pas vraiment, explique sa maman, Séverine, qui habite Chambéry. Cette marque et ce logo, c'est bien, c'est une référence qui va nous permettre de les repérer dans les rayons. » Thoma, lui, se précipite sur le fromage de chèvre, pendant que sa maman se laisse expliquer la démarche Is(h)ere. Caroline se dit « à fond là-dedans ». « Je ne suis pas très riche, mais je mets beaucoup d'argent dans mon alimentation, précise-t-elle. J'achète ma viande chez un petit producteur et je sais où va mon argent. Quand je sors le billet, c'est un peu cher vu mes revenus, mais je sais que c'est le juste prix. »
Test consommateur
Catherine s'approche du stand avec curiosité. « On peut goûter ? » Originaire de Saint-Pierre-de-Mésage, c'est l'une des premières qui dit avoir eu vent de la marque « par les journaux ». Mais elle n'avait pas encore eu l'occasion d'essayer. Jus de pomme-cassis : test consommateur positif. « Excellent. On a besoin de ce genre d'initiative pour contrer l'industrialisation de l'alimentation, applaudit-elle. C'est bien d'aller vers ça. C'est aussi l'avenir de nos jeunes. »
C'est également ce que pensent les agriculteurs qui s'investissent dans la démarche et sont venus la défendre à la Fête du bleu. Durant deux jours, ils ont servi des jus de fruit, expliqué, fait de la pédagogie. Jérôme Crozat, président de la FDSEA, donne un verre jus de pomme à un passant. « Vous savez ce que vous buvez ? » Le badaud le regarde, étonné : « Ben oui, un jus de pomme ! » Et l'agriculteur d'expliquer ce qu'il y a derrière la marque : une qualité, une proximité et une juste rémunération. Le badaud connaît le logo : il l'a vu à la télé. « Sauf que nous, les agriculteurs, on le reprend pour valoriser nos produits », poursuit l'éleveur. S'engage une conversation sur la qualité, les circuits-courts, la grande distribution. « Nous ne voulons pas concurrencer les circuits courts, mais alimenter la restauration hors domicile et les GMS, souligne Jérôme Crozat. De toute façon, les supermarchés n'ont pas le choix : s'ils ne suivent pas, c'est Amazon qui va leur tailler des croupières. »
MB