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La SNFM veut renforcer ses échelons syndicaux

FONCIER / Avant son congrès qui se tiendra en Bretagne les 17 et 18 mars, la Section nationale des fermiers et métayers de la FNSEA (SNFM) a fait un point d’étape sur l’année écoulée et les dossiers en cours.

Par Christophe Soulard 
La SNFM veut renforcer ses échelons syndicaux
Sébastien Delafosse, président e la Section nationale des fermiers et métayers de la FNSEA (SNFM).

Cette année le statut du fermage fête ses 80 ans. C’est pourquoi la SNFM a décidé d’organiser son 78e congrès à Brest (Finistère), en l’honneur de son créateur : François Tanguy-Prigent (1909-1970 - lire encadré). « C’est un contrat qui dure, qui est ancré dans les territoires et qui a su résister au temps et à ses aléas », a commenté Sébastien Delafosse, président de la SNFM, qui loue les vertus de ce statut, notamment pour l’installation des jeunes agriculteurs. La location des terres, moins onéreuse que l’achat, leur permet de consacrer l’argent économisé sur des investissements de plus long terme (bâtiments d’élevage notamment). D’autant que le bail est devenu cessible hors cadre familial, « ce qui permet de sécuriser les exploitants et les propriétaires », a ajouté Sébastien Delafosse. Les fermiers-métayers qui souhaitent une exonération « plus importante » de la taxe sur le foncier non bâti (TFNB), notamment lorsque les terres sont soumises à un bail rural enregistré, militent pour une meilleure indemnisation des assesseurs aux tribunaux paritaires des baux ruraux. « Elle est aujourd’hui de 11 euros par session. Quand celle-ci dure une demi-journée, ça ne paie pas le parking pour la voiture, encore moins l’agent de remplacement », a observé le président de la SNFM, qui souhaiterait que cette indemnisation soit portée à 90 euros par audience, à l’image des indemnités octroyées aux assesseurs du pôle social du tribunal judiciaire.

Vitesse et précipitation 

Le président de la SNFM entend aussi redonner de la vigueur aux sections départementales qui se voient concurrencées par les autres syndicats. Sébastien Delafosse n’a pas caché que la compétition pouvait être rude au sein des commissions et des tribunaux paritaires des baux ruraux et dans les commissions départementales d’orientation agricole. « La présence de représentants de la SNFM dans ces instances est importante », a-t-il insisté, rappelant que dans certains départements les représentants des syndicats concurrents s’allient aisément avec les propriétaires pour voter les hausses de fermage. « La SNFM va proposer au futur conseil d’administration (ce congrès est électif et Sébastien Delafosse est candidat à sa succession, ndlr) de mettre en place un mode de fonctionnement permettant de guider les FDSEA, animateurs, juristes et élus, dans l’animation des sections départementales. Sans la présence de représentants de la SNFM, le statut du fermage est affaibli », a souligné Denis Labri, secrétaire général, dont c’est le dernier mandat. Concernant la future loi d’urgence agricole, les responsables des fermiers et métayers ne pensent pas qu’elle inclura un volet foncier. « Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation et avec l’instabilité politique ambiante, on ne sait pas où on va atterrir », a avancé Sébastien Delafosse.

Christophe Soulard 

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François Tanguy-Prigent 

Issu d'une famille de petits propriétaires paysans, François Tanguy-Prigent (FTP) travaille sur la ferme de ses parents à Saint-Jean-du-Doigt (Finistère) tout en militant dans le courant des paysans socialistes. Il est maire de sa commune natale, et élu député en mai 1936. C’est alors qu’il veut protéger les fermiers et métayers, car les baux sont alors trop courts, avec des loyers élevés. En outre, parce qu’ils ne bénéficient d’aucune protection juridique, ils se font facilement expulser. FTP n’a pas le temps de soumettre sa réforme. Il est mobilisé en 1939 comme officier dans un régiment de dragons et blessé pendant la campagne de France. Il vote contre les pleins pouvoirs de Philippe Pétain le 10 juillet 1940. Révoqué de son mandat de maire par le régime de Vichy, il prend le maquis. Membre du Comité de libération du Finistère, il devient ministre de l’Agriculture du général de Gaulle en septembre 1944. Il occupe cette fonction jusqu’en octobre 1947. C’est le 13 avril 1946 que sa proposition d’avant-guerre est adoptée à l’unanimité par la Chambre des députés. En 1967, déjà malade, il décide de ne pas se représenter aux législatives. François Tanguy-Prigent, alors membre du comité national du PSU, s’éteint le 22 janvier 1970.