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Vente directe

La vente directe, une évidence

Maël Delphin-Poulat est installé comme éleveur de volailles et de vaches allaitantes à La Chapelle-de-Merlas. Pour garder la maîtrise de sa production sur l'ensemble de son parcours, il a fait le choix de la transformation et de la vente directe.
La vente directe, une évidence

A 31 ans, Maël Delphin-Poulat porte un regard satisfait sur son parcours et son installation agricole, une aventure qu'il a commencé en 2009. En dix ans, l'exploitation qu'il a créée à La Chapelle-de-Merlas, au pied du col des Mille Martyrs, en s'installant avec un atelier de volailles plein air et un cheptel de brebis, a bien changé. Aujourd'hui, au sein d'une surface de 39 hectares, il élève en remplacement des ovins, 15 mères charolaises et leur suite, et des volailles. Outre ses 250 poules pondeuses, il possède aussi 2 500 places pour poulets, pintades, chapons, dindes et poulardes.

L’exploitation de Maël Delphin-Poulat évolue peu à peu. Si le bâtiment d’élevage des vaches était au départ une écurie entravée, le jeune éleveur a fait le choix, en 2014, d’installer ses bêtes dans un tunnel. « Comme je ne suis pas propriétaire des lieux, j’ai préféré limiter l’investissement. J’ai ainsi pu faire réaliser le tunnel et les barrières pour un coût de 13 000 euros », souligne-t-il. Actuellement, les volailles sont logées dans un bâtiment de 30 mètres carré et dans quatre de soixante mètres carré. Maël Delphin Poulat a toujours été très vigilant sur ses investissements. Jusqu’à présent, il les limitait à 10 000 euros par an. Mais le bâtiment en cours de construction qui vise à faire croître son cheptel de poules pondeuses à 700 unités au cours de l’année 2020, déroge à cette règle. « Là, il s’agit d’un autre projet. L’objectif est d’avoir un bâtiment complet, qui puisse contenir les poules dans une partie ainsi qu’un laboratoire de transformation et un espace de stockage dans l’autre », détaille Maël Delphin-Poulat.

Valoriser ma production

Titulaire d’un Bac pro à La Côte-Saint-André, le jeune éleveur est autodidacte sur tout ce qui concerne la découpe et la transformation. Mais, en tant qu’adhérent APFI (Association des producteurs fermiers de l’Isère), il a suivi des formations en matière d’hygiène et de biosécurité. Déjà équipé d'un «  labo de transfo et de découpe », il abat et transforme lui-même ses volailles en cuisses, escalopes, paupiettes et autres préparations, qu'il commercialise au magasin de producteurs savoyard « Producteurs de saveurs », à Pont-de-Beauvoisin et dans quatre marchés des environs. Quant à sa viande, elle est aussi commercialisée en direct grâce aux marchés déjà évoqués. Pour Maël Dephin-Poulat, la vente directe a toujours été une évidence. « Je veux rester maître de mon produit, du début à la fin. Je veux valoriser le mieux possible ma production. Je ne veux pas déléguer l'étape de commercialisation. En m'installant sur une petite surface et pour percevoir un salaire, je pense que c'est une obligation de vendre en direct », explique-t-il. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires de l’exploitation est de 200 000 euros, dont 80 % provient de l’atelier volaille. Son EBE (Excèdent brut d’exploitation) est de 60 000 euros. « Mais comme il faut rembourser les prêts en cours, il ne reste que 30 000 euros pour réinvestir », tempère l’agriculteur.

Main d'œuvre familiale

Pour Maël Delpin-Poulat, la charge de travail est conséquente. Entre l’élevage des animaux, l’abattage des volailles deux fois par semaine, la transformation, la commercialisation de ses produits, les journées sont bien chargées. Même s’il est appuyé par un salarié qu’il emploie à hauteur de trois quart de temps. Même s’il est aidé par une main d’œuvre familiale très présente. Son oncle Bernard Delphin-Poulat à qui il a repris une partie de l'exploitation lui donne encore un sérieux coup de main. « Sans ma famille, c’est sûr que ce serait difficile de faire tout ce que je fais », reconnaît-il. Ses parents n’étaient pas agriculteurs mais il a toujours voulu faire ce métier. Aujourd’hui, il n’est pas déçu de son activité. Mais va t-il travailler dans l’exploitation toute sa vie, ça, il n’en est pas certain.

Isabelle Benguier

Changement d'approche grâce au détecteur de vêlage

C'est un achat qu'il ne regrette pas. Maël Delphin-Poulat est éleveur de vaches allaitantes à La Chapelle-de-Merlas. Il a acquis il y a un an un détecteur de vêlage qui lui signale, via son smartphone, que le moment est venu pour la vache de mettre bas. Installé sur la queue de l’animal, l'appareil détecte les mouvements - et donc les contractions de la vache - qu’il signale par appel ou envoi de sms à l’éleveur qui dispose d’environ une heure pour intervenir. Pour Maël Delphin-Poulat, qui habite à un kilomètre de l’exploitation, il n’était pas évident d’être présent au bon moment. « On faisait comme on pouvait », se souvient-il. « Mais c’est le genre de petit équipement qui facilite le travail ». Même s’il a un coût. 350 euros l’appareil et 150 euros par an l’abonnement GPRS.
Expériences concluantes
En un an, Maël Delphin-Poulat a déjà utilisé son appareil plusieurs fois. Mais uniquement lorsque les bêtes sont en stabulation. Car lorsqu’elles sont en parcours, il estime qu’il peut se décrocher et se perdre. Ses quelques expériences se sont révélées concluantes, notamment la fois où l’appareil s’est déclenché, en pleine nuit, alors qu’il y avait plus de 40 centimètres de neige dehors. « Je suis monté à pied jusqu’à l’exploitation où j’ai pu constater que la vache avait fait la matrice. J’ai pu sauver la vache et le veau », explique-t-il.
IB