Sélection ovine
« Améliorer nos performances, c'est une vraie passion »
Eleveur de moutons Charollais à Saint-Antoine-l'Abbaye, Jean Ginot a remporté le premier prix du challenge Upra au dernier Salon de l'agriculture. Une performance qui récompense ses efforts et son travail en matière de sélection.
Quand il a reçu le premier prix du challenge de l'Upra* en février à Paris, au Salon de l'agriculture, Jean Ginot ne s'y attendait pas du tout. « J'étais en train de prendre en photo un collègue quand j'ai été appelé pour le premier prix. Les gens applaudissaient, me regardaient... J'avoue ne pas avoir compris tout de suite ce qu'il se passait », raconte cet éleveur d'ovins Charollais, à Saint-Antoine-l'Abbaye. Une fois la surprise passée - « j'ai même eu les larmes aux yeux » - la fierté l'emporte. « C'est la première fois qu'une de mes bêtes était sélectionnée pour concourir au Salon. On ne pensait pas gagner, surtout que d'après les critères, mon bélier était trop lourd, trop haut et trop lainé. Finalement, je suis récompensé par des professionnels. Cette reconnaissance est extrêmement valorisante », ajoute-t-il.
Ce n'est pas une science exacte
Installé depuis 1990 au quartier de Font froide, à Saint-Antoine-l'Abbaye, Jean Ginot cumule plusieurs activités, avec l'aide de sa femme et de son fils : poules pondeuses, production de noix, et ovins. « Au départ, j'ai mis seulement trois moutons dans un parc et, c'est comme ça que la passion est née. Petit à petit, j'ai acheté des agnelles, et une partie de l'élevage de deux exploitations qui cessaient leur activité. Le travail de sélection a vraiment commencé avec ces deux troupeaux. J'ai gagné vingt ans de génétique car ce n'était que des mères au top », souligne l'éleveur.
En 2005, il s'inscrit à l'Upra et entre définitivement en sélection. Un choix qu'il ne regrette pas : « Il y a beaucoup de choses à faire, c'est extraordinaire ! Ce n'est pas comme pour les poules où, même si j'exagère un peu, il suffit de leur donner à manger pour ensuite ramasser les œufs. Là, c'est différent. Essayer de toujours améliorer nos performances, c'est une vraie passion, affirme-t-il, en souriant. Je suis en train de travailler sur la prochaine reproduction et je sais déjà ce que je vais faire en août ».
Pour la plupart de ses bêtes, il a recours à l'insémination artificielle, et travaille sur une trentaine de familles. « Nous n'avons aucun problème de consanguinité. Ensuite, c'est aux petits de faire leurs preuves. Ce n'est pas une science exacte, mais c'est ça qui fait le charme du métier », soutient-il. Quant aux bêtes qui n'ont pas les capacités d'entrer dans la sélection, elles sont vendues pour leurs qualités bouchères.
Contribuer à améliorer la race
Seul problème rencontré parfois par Jean Ginot, « la tendance à trop soigner nos bêtes, car elles sont un peu plus fragiles ». Chouchouter ses animaux, il ne s'en lasse pas. Très attaché à eux, il ne se résout pas à se séparer de ses plus vieilles bêtes, « elles m'ont trop donné pour que je puisse les laisser partir ».
Mais, pour les autres, il parcourt les foires régionales, et les salons comme celui de Cournon pour les vendre. « Je veille quand même à ne pas aller sur les plates-bandes des autres sélectionneurs. On vend aussi des bêtes par le biais de l'organisme de sélection. L'année dernière, lors de la vente aux enchères de l'OS à Palinges, en Saône-et-Loire, tous les agneaux qui étaient en stations de contrôle ont été vendus. J'en ai quatre qui ont été pris pour aller en centre d'insémination. Et mon premier bélier est en Irlande! », note-t-il.
Des performances, qui avec la récompense du Salon de l'agriculture, l'encouragent à poursuivre son travail. « Grâce au Salon, j'ai vendu un bélier sans que l'acheteur ne vienne le voir. Il me fait une totale confiance ! L'année prochaine, nous aimerions être sélectionnés de nouveau pour y retourner, et nous serons aussi présents au sommet de l'élevage, à Cournon. Tout cela me donne encore plus envie de continuer à contribuer à l'amélioration de la race ».
Lucile Ageron
*Challenge national Upra : ce concours récompense un éleveur par race pour sa forte participation à la réussite du programme collectif de sélection et plus largement à la compétitivité de l'élevage français.
Ce n'est pas une science exacte
Installé depuis 1990 au quartier de Font froide, à Saint-Antoine-l'Abbaye, Jean Ginot cumule plusieurs activités, avec l'aide de sa femme et de son fils : poules pondeuses, production de noix, et ovins. « Au départ, j'ai mis seulement trois moutons dans un parc et, c'est comme ça que la passion est née. Petit à petit, j'ai acheté des agnelles, et une partie de l'élevage de deux exploitations qui cessaient leur activité. Le travail de sélection a vraiment commencé avec ces deux troupeaux. J'ai gagné vingt ans de génétique car ce n'était que des mères au top », souligne l'éleveur.
En 2005, il s'inscrit à l'Upra et entre définitivement en sélection. Un choix qu'il ne regrette pas : « Il y a beaucoup de choses à faire, c'est extraordinaire ! Ce n'est pas comme pour les poules où, même si j'exagère un peu, il suffit de leur donner à manger pour ensuite ramasser les œufs. Là, c'est différent. Essayer de toujours améliorer nos performances, c'est une vraie passion, affirme-t-il, en souriant. Je suis en train de travailler sur la prochaine reproduction et je sais déjà ce que je vais faire en août ».
Pour la plupart de ses bêtes, il a recours à l'insémination artificielle, et travaille sur une trentaine de familles. « Nous n'avons aucun problème de consanguinité. Ensuite, c'est aux petits de faire leurs preuves. Ce n'est pas une science exacte, mais c'est ça qui fait le charme du métier », soutient-il. Quant aux bêtes qui n'ont pas les capacités d'entrer dans la sélection, elles sont vendues pour leurs qualités bouchères.
Contribuer à améliorer la race
Seul problème rencontré parfois par Jean Ginot, « la tendance à trop soigner nos bêtes, car elles sont un peu plus fragiles ». Chouchouter ses animaux, il ne s'en lasse pas. Très attaché à eux, il ne se résout pas à se séparer de ses plus vieilles bêtes, « elles m'ont trop donné pour que je puisse les laisser partir ».
Mais, pour les autres, il parcourt les foires régionales, et les salons comme celui de Cournon pour les vendre. « Je veille quand même à ne pas aller sur les plates-bandes des autres sélectionneurs. On vend aussi des bêtes par le biais de l'organisme de sélection. L'année dernière, lors de la vente aux enchères de l'OS à Palinges, en Saône-et-Loire, tous les agneaux qui étaient en stations de contrôle ont été vendus. J'en ai quatre qui ont été pris pour aller en centre d'insémination. Et mon premier bélier est en Irlande! », note-t-il.
Des performances, qui avec la récompense du Salon de l'agriculture, l'encouragent à poursuivre son travail. « Grâce au Salon, j'ai vendu un bélier sans que l'acheteur ne vienne le voir. Il me fait une totale confiance ! L'année prochaine, nous aimerions être sélectionnés de nouveau pour y retourner, et nous serons aussi présents au sommet de l'élevage, à Cournon. Tout cela me donne encore plus envie de continuer à contribuer à l'amélioration de la race ».
*Challenge national Upra : ce concours récompense un éleveur par race pour sa forte participation à la réussite du programme collectif de sélection et plus largement à la compétitivité de l'élevage français.