Le plan d’Agrial pour augmenter sa collecte
La branche lait d’Agrial mobilise des moyens pour inciter les éleveurs de chèvres à s’installer. Une solution pour augmenter sa collecte, mais le prix du lait reste trop bas selon les éleveurs.
La coopérative Agrial, premier collecteur de lait de chèvre en France, a dévoilé le 25 novembre son plan caprin 2035, qui vise à « installer une quarantaine d’éleveurs par an d’ici 2035 » et à « soutenir le développement des élevages existants ». L’objectif de ce plan est d’augmenter la collecte de la coopérative de 35 millions de litres (Ml) de lait de chèvre en dix ans. Pour rappel, la filière lait d’Agrial représente 160 Ml de lait de chèvre collectés par an. Elle possède notamment la marque Soignon, leader du fromage de chèvre en France. Le nouveau plan s’articule autour de trois piliers : des formations, un suivi individuel par un référent conseiller lait, et un accompagnement financier. La coopérative prévoit notamment « un prix garanti pendant cinq ans, réévalué pour les nouveaux installés et les développements d’exploitation, une dotation Soignon versée dès la première année pour les nouveaux producteurs et les développements d’exploitation, pouvant aller jusqu’à 15 000 € par associé, et une aide à l’achat de reproducteurs de bonne qualité sanitaire et génétique ». Le premier plan d’accompagnement de la filière caprine lancé en 2016 par Agrial a permis de collecter plus de 25 Ml de lait de chèvre supplémentaires, de réaliser 300 installations et d’accompagner 77 projets de développement. Pourtant, à l’échelle nationale, la filière caprine stagne ou recule ces dernières années. Le nombre d’animaux stagne aux alentours de 1,2 million de têtes. Quant aux volumes de lait livrés à l’industrie, ils ont atteint 500 Ml en 2024, en baisse de 3,2 % par rapport à 2023. Le nombre de livreurs est en recul de 3 % en 2024 par rapport à 2023, selon les données de l’Idele. « Le dynamisme du renouvellement des actifs de la filière caprine est fragilisé, notamment pour les livreurs. Sur la dernière décennie, le recul est de 10 %, soit 278 éleveurs de moins », note l’institut dans son dernier dossier annuel Caprins d’avril 2025. « Le renouvellement des actifs est un enjeu majeur pour le maintien de la production dans toutes les régions », analyse l’Idele.
Mieux rémunérer le lait
Si la filière s’affaiblit, c’est à cause de la faible rémunération des éleveurs, estime la Fnec (FNSEA), qui demande aux transformateurs et distributeurs une augmentation du prix du lait. « La matière première agricole (MPA) n’a pas connu de hausse ces dernières années et cela s’est répercuté sur le prix de base du lait de chèvre qui stagne depuis 2023 », a-t-elle indiqué le 25 novembre. Deux années difficiles se sont succédé. « En 2023, alors que la production stagnait, le coût de production augmentait de 50 €/1000 l. Quant à 2024, la collecte a baissé de plus de 14 Ml. Et en 2025, les coûts de production se maintiennent à un niveau élevé, ils ne diminuent pas ! » Selon l’Idele, en 2024, « le coût de production a augmenté en moyenne de 48 €/1 000 l tandis que le prix moyen payé du lait a augmenté de 12 €/1 000 l, en prenant en compte une baisse estimée de la production par chèvre de 5 % par rapport à 2023 ».