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Couverts végétaux

Légumineuses ou crucifères ?

Dans le cadre du programme Terre et eau, plusieurs essais de couverts ont été réalisés par la chambre d'agriculture de l'Isère.
Légumineuses ou crucifères ?

Le programme d'action Terre et eau, piloté par la chambre d'agriculture de l'Isère, vise à participer à l'amélioration des pratiques agricoles dans les zones vulnérables ; la couverture des sols fait partie des thèmes principaux abordés par cette démarche. L'objectif des plateformes d'essais est de guider les agriculteurs dans leurs choix de couverts végétaux et dans les modalités d'implantation.
Une série d'essais a été menée sur une parcelle appartenant à Gérald Collion à Faramans. Les résultats ont été présentés dans le cadre des journées Innov'action organisées par la chambre d'agriculture.
Le premier couvert observé est un mélange de chasse composé d'avoine, de vesce, de trèfle, de sarrazin et de phacélie (40 kg/ha). Le semis en ligne lui a permis de bien se développer, « en dépit de la concurrence des repousses de colza », constate Christelle Chalaye, conseillère à la chambre d'agriculture de l'Isère. Les résultats à la volée sont moins intéressants.
Les autres mélanges testés sont : chlorofiltre profil (Jouffray Drillaud), soit 12kg/ha de mélange de vesce pourpre, de trèfle d'Alexandrie et de phacélie ; puis carinazote de Deplanque, soit 8 kh/ha de moutarde et trèfle ; puis Dérobée M Estival de Jouffray Drillaud, à raison de 30 kg/ha de mélage de moha et trèfle d'Alexandrie ; puis Dérobée 2 où sont  ajoutés 7 kg de trèfle.

Mycorhization

Ces essais ont donné matière à de grandes discussions autour de la mycorhization. La mycorhize résulte de la symbiose entre la racine des plantes et des champignons. Les champignons contribuent au développement racinaire en lui facilitant les prélèvements d'eau, de phosphore et d'azote.
Or, les couverts n'ont pas tous les mêmes conséquences sur les mycorhizes des cultures suivantes. Les légumineuses ont un effet positif sur la mycorhization des sols, quand les crucifères, à trop forte dose, peuvent empêcher la mycorhization naturelle. Le labour aussi atténue la pression mycorhyzienne.

Les premières conclusions font ressortir une assez forte présence d'adventices : ambroisie, chénopode, mercuriale et amarante, mais le déchaumage n'a pas pu être réalisé dans de bonnes conditions en raison des précipitations.
Il apparaît également que les légumineuses ont tendance à lever plus tardivement, à partir de la fin septembre.

La destruction des couverts intervient 60 jours avant les semis de maïs et en aucun cas avant décembre.

 

Isabelle Doucet

Caractéristiques de la parcelle :

Sol limoneux
Culture 2016 : colza
Date du semis : le 2 août 2016
Reliquat azoté mesuré le 16 août 2016 : 33 kg N/ha dont 27 u de NO3 et 6 u de NH4
Matériel : semis à la volée déchaumeur Mac Kenn avec semoir Delimbe et semis en ligne semoir Nodet 3 mètres.

 

Des abeilles dans la moutarde

Une autre plateforme d'essai a été mise en place chez Richard Fragnoud, à Agnin, depuis longtemps confronté à la question des cultures intermédiaires pièges à nitrates, ses cultures étant situées en zone de captage d'eau potable. Les couverts testés étaient quatre variétés de moutarde semées le 4 août 2016, à raison d'environ 8 kg/ha, soit à faible densité. « Nous avons observé qu' il n'est pas utile de semer trop tôt pour la variété blanche précoce carla, qui était déjà à graine début octobre », explique l'exploitant. « Il faut surtout travailler le sol lorsque les conditions sont propices. Cela permet de préserver sa structure. Sur un sol limoneux argileux et gras, il faut attendre plus longtemps après les précipitations que sur un sol réessuyé », note encore l'agriculteur qui poursuit des essais sur ses parcelles depuis 5 ans avec le programme Terre et eau. Il apparaît que le couvert précoce donne les meilleurs résultats en termes de couverture du sol et de limitation de la présence d'adventices. La levée du couvert est homogène et sa floraison en septembre-octobre favorise la présence des abeilles.