Les chasseurs victimes de vandalisme
Plus d’une quarantaine de miradors détruits depuis le 1er janvier. Les chasseurs en ont assez. La Fédération départementale de la chasse de l’Isère (FDCI) a donc provoqué une rencontre avec la gendarmerie de Roussillon, en présence Robert Duranton, le 6 décembre.
Minorité active
Les gendarmes de Roussillon et de tous les secteurs adjacents sont bien au courant du problème. Depuis plusieurs mois, ils ont des remontées de terrain liées à des incivilités à l’encontre des pratiquants de la chasse. Une activité très à la mode en ce moment est le repérage des miradors de chasse et leur destruction. « Nous avons affaire à une minorité active, autoalimentée par les réseaux sociaux qui pratique un activisme local, voire départemental », explique Danielle Chenavier, présidente de la FDCI.
Le phénomène est fréquent dans le Roussillonnais qui regroupe une soixantaine de communes le long du Rhône. Mais les problèmes existent dans tout le département. « On retrouve nos pneus crevés, les voitures plus ou moins rayées ou des cabanes de chasse dégradées », ajoute un président d’ACCA.
Rien n’est acceptable, mais la destruction de « postes de tir surélevés » comme les nomme Danielle Chenavier, n’est pas le fruit du hasard. Ni en tant qu’objet des dégradations, ni dans leur origine. « C’est plus facile de détruire ou saboter ces équipements que de découvrir la chasse et de discuter avec ses pratiquants », analysent les responsables d’ACCA présents lors de la rencontre avec la gendarmerie. Ils rappellent la raison de telles installations : « Il y en a pas mal dans le secteur, car nous sommes dans une région plate et que le grand gibier, même s’il a toujours été présent, se sédentarise. Et donc nécessite une intervention plus fréquente de notre part. Avec ses risques. C’est pour cela que les miradors ont été installés. En hauteur, le tir orienté vers le bas est fichant, la balle va se planter dans le sol, sans risque pour quiconque aux alentours. De là-haut, on voit en plus très bien ce sur quoi on tire. Enfin, le chasseur par définition ne bouge pas. Il reste à son poste. » On l’aura compris, le mirador est un outil indispensable à la sécurité de tous, que ce soit pour les chasseurs eux-mêmes ou celle des autres utilisateurs de la nature.
Un gibier en augmentation
« Nous avons régulièrement des opposants à la chasse, du simple quidam qui invective un chasseur posté à ceux qui se mettent délibérément entre les chasseurs et le gibier, et qui les eng… copieusement, explique la présidente de la FDCI. Mais la régulation des grands gibiers est non seulement une mission qui nous est dévolue par la loi, mais c’est aussi une nécessité. A part le loup, qui par sa présence fait déménager le gibier, nous sommes les seuls grands prédateurs. On est obligé d’intervenir dans la chaîne ». Une explication que les activistes ne veulent pas entendre, mais il est nécessaire de gérer la cohabitation entre les hommes et les animaux. « Il y a 35 ans, 1 000 chevreuils étaient tués par an en Isère, souligne un technicien de la fédération des chasseurs. Dorénavant ce chiffre est atteint dans ce seul secteur de 60 communes. Depuis le début de la saison, 500 sangliers ont été prélevés dans le secteur, et on est loin d’avoir fait le chiffre nécessaire ». Quand on sait qu’il faut tirer sept balles pour un animal tué, on mesure la nécessité de prendre des précautions.
Dépôt des armes
Aujourd’hui, la consigne lancée par la FDCI est claire : en cas de confrontation avec un opposant, le chasseur doit déposer son arme et arrêter son action de chasse. Tant pis pour le chevreuil ou le sanglier (ou tant mieux pour lui..). Tous les incidents ou les détails inhabituels doivent être rapportés à la gendarmerie, au moins pour consigner sur la main-courante. Les officiers de gendarmerie sont formels : « Tous les détails et leur croisement nous aideront à trouver les coupables de ces exactions ».
La FDSEA de l’Isère a apporté son total soutien aux chasseurs et à leurs représentants « dans cette lutte contre toutes les formes de vandalisme que subissent les chasseurs comme les agriculteurs ».
Jean-Marc Emprin