Isère
Les éleveurs face à la baisse des financements publics
Comité isérois des éleveurs/Le contrôle laitier de l'Isère fait sa mue. Rénové, rebaptisé, il semble en mesure d'accompagner les évolutions de l'élevage tout en s'adaptant au contexte de restrictions budgétaires.
Thème imposé dans la vie publique, l'austérité était également au centre de la dernière assemblée générale du contrôle laitier, le 16 mars à Coublevie. Le président du comité isérois des éleveurs laitiers (Ciel), Pierre-Yves Bonneton, a en effet consacré toute la première partie de son rapport moral à « la baisse des financements publics permettant aux éleveurs de mutualiser leurs moyens et de s'impliquer dans des projets d'intérêt général, tels que des programmes de recherche appliquée ou des animations sur l'élevage. Amorcée de longue date par l'Etat, elle se concrétise également, depuis 2010, au niveau du Département, en perspective des modifications de compétences des différents échelons territoriaux. Pour le moment, la chambre d'agriculture nous maintient sa participation, mais les temps sont durs également pour cette structure ».
Or, les subventions d'exploitations représentaient près de 9 % des produits perçus par le Ciel en 2010, une proportion en baisse par rapport à 2009, mais encore importante pour une structure qui a notamment absorbé 846 000 euros de charges de personnels et réglé 504 000 euros de services extérieurs l'an dernier. Au final, « le résultat est déficitaire d'environ 15 000 euros, indique Serge Herrenberger, le directeur du comité. Mais ce chiffre s'explique en partie par le fait que nous avons provisionné, à la demande de notre commissaire aux comptes, 9 000 euros correspondant aux congés encore non pris par le personnel. Il ne grève pas les finances, dans la mesure où, l'an dernier, le résultat était de + 21 000 euros ».
La riposte monte en puissance
Voilà pour le constat. Qui inspire des craintes. « Nous ne pouvons qu'être inquiets par rapport à des financements qui pourraient être plus régionaux, sur des choix plus généraux, ou plus locaux, amenant des discordances entre éleveurs de différentes petites régions », a commenté Pierre-Yves Bonneton, qui expose la riposte mise en oeuvre depuis l'an dernier par le biais d'une offre de services renouvelée : « Face à ces diminutions d'aides publiques, nous avons développé d'autres types d'actions (contrôle de performances, mais aussi expertises, formations, services de conseil en élevage, d'hygiène...) afin de maintenir notre potentiel technique et notre présence sur l'ensemble du département. Isère élevage a clairement été mis en place sur la base de ces objectifs.
Nous renforçons également nos implications sur les actions de la filière laitière, tant au niveau de la Région (diagnostic d'autonomie alimentaire par exemple), que d'actions plus locales (telles que les diagnostics d'exploitations que nous allons mener pour le compte du comité interprofessionnel du saint-marcellin, en vue de la reconnaissance en IGP du fromage et du nouveau cahier des charges qu'elle implique). Ces financements complémentaires ne sont cependant que la rémunération d'un travail effectué. Et il nous faut rester vigilants sur l'équilibre des plans de charge des collaborateurs pour que le service à l'adhérent reste la priorité ».
Un champ d'action élargi
Cette évolution a provoqué une révision des statuts du Ciel, acronyme désignant désormais le comité isérois des éleveurs et plus celui des éleveurs laitiers. En approuvant un objet élargi, les participants à la dernière assemblée générale du comité ont clairement affirmé leur volonté d'ouvrir la structure aux éleveurs ovins laitiers et aux bovins allaitants, voire d'autres. Même si l'un des éleveurs présents s'est inquiété du fait qu'un contrôleur laitier puisse un jour être amené à contrôler la production lainière d'un cheptel de lamas...
Pierre-Yves Bonneton espère que « la modification des statuts, ainsi que le travail engagé au sein du conseil d'administration du groupement de défense sanitaire de l'Isère, resserre encore les relations entre éleveurs responsables des différentes structures, car la bonne entente au sein des organisations départementales d'élevage permet de concrétiser de plus en plus d'actions au sein d'Isère élevage. Il reste encore beaucoup à faire. Apprendre à se connaître pour être prescripteur les uns des autres sans arrière-pensée reste un défi important.
Une nécessaire prise de conscience politique et citoyenne
Mais petit à petit, les offres de services de ces trois organismes trouvent des synergies et, même si nous ne pouvons pas tout, nous continuons, en 2011, d'être présents avec nos partenaires pour proposer les accompagnements nécessaires aux éleveurs, dans un département qui compte de nombreuses entreprises de transformation, des appellations fromagères, des exploitations à même de favoriser l'autonomie fourragère, au moins à l'échelle de petites régions, mais aussi des densités laitières disparates, des bâtiments et des surfaces fourragères limitées face à l'agrandissement des troupeaux. Nous ne parviendrons pas à relever ces défis, ni celui du renouvellement des générations, tant que notre environnement citoyen et politique ne prendra pas conscience du caractère contradictoire des demandes sociales, aggravé par des réglementations déconnectées des conditions de production ».
Cécile Fandos
Or, les subventions d'exploitations représentaient près de 9 % des produits perçus par le Ciel en 2010, une proportion en baisse par rapport à 2009, mais encore importante pour une structure qui a notamment absorbé 846 000 euros de charges de personnels et réglé 504 000 euros de services extérieurs l'an dernier. Au final, « le résultat est déficitaire d'environ 15 000 euros, indique Serge Herrenberger, le directeur du comité. Mais ce chiffre s'explique en partie par le fait que nous avons provisionné, à la demande de notre commissaire aux comptes, 9 000 euros correspondant aux congés encore non pris par le personnel. Il ne grève pas les finances, dans la mesure où, l'an dernier, le résultat était de + 21 000 euros ».
La riposte monte en puissance
Voilà pour le constat. Qui inspire des craintes. « Nous ne pouvons qu'être inquiets par rapport à des financements qui pourraient être plus régionaux, sur des choix plus généraux, ou plus locaux, amenant des discordances entre éleveurs de différentes petites régions », a commenté Pierre-Yves Bonneton, qui expose la riposte mise en oeuvre depuis l'an dernier par le biais d'une offre de services renouvelée : « Face à ces diminutions d'aides publiques, nous avons développé d'autres types d'actions (contrôle de performances, mais aussi expertises, formations, services de conseil en élevage, d'hygiène...) afin de maintenir notre potentiel technique et notre présence sur l'ensemble du département. Isère élevage a clairement été mis en place sur la base de ces objectifs.
Nous renforçons également nos implications sur les actions de la filière laitière, tant au niveau de la Région (diagnostic d'autonomie alimentaire par exemple), que d'actions plus locales (telles que les diagnostics d'exploitations que nous allons mener pour le compte du comité interprofessionnel du saint-marcellin, en vue de la reconnaissance en IGP du fromage et du nouveau cahier des charges qu'elle implique). Ces financements complémentaires ne sont cependant que la rémunération d'un travail effectué. Et il nous faut rester vigilants sur l'équilibre des plans de charge des collaborateurs pour que le service à l'adhérent reste la priorité ».
Un champ d'action élargi
Cette évolution a provoqué une révision des statuts du Ciel, acronyme désignant désormais le comité isérois des éleveurs et plus celui des éleveurs laitiers. En approuvant un objet élargi, les participants à la dernière assemblée générale du comité ont clairement affirmé leur volonté d'ouvrir la structure aux éleveurs ovins laitiers et aux bovins allaitants, voire d'autres. Même si l'un des éleveurs présents s'est inquiété du fait qu'un contrôleur laitier puisse un jour être amené à contrôler la production lainière d'un cheptel de lamas...
Pierre-Yves Bonneton espère que « la modification des statuts, ainsi que le travail engagé au sein du conseil d'administration du groupement de défense sanitaire de l'Isère, resserre encore les relations entre éleveurs responsables des différentes structures, car la bonne entente au sein des organisations départementales d'élevage permet de concrétiser de plus en plus d'actions au sein d'Isère élevage. Il reste encore beaucoup à faire. Apprendre à se connaître pour être prescripteur les uns des autres sans arrière-pensée reste un défi important.
Une nécessaire prise de conscience politique et citoyenne
Mais petit à petit, les offres de services de ces trois organismes trouvent des synergies et, même si nous ne pouvons pas tout, nous continuons, en 2011, d'être présents avec nos partenaires pour proposer les accompagnements nécessaires aux éleveurs, dans un département qui compte de nombreuses entreprises de transformation, des appellations fromagères, des exploitations à même de favoriser l'autonomie fourragère, au moins à l'échelle de petites régions, mais aussi des densités laitières disparates, des bâtiments et des surfaces fourragères limitées face à l'agrandissement des troupeaux. Nous ne parviendrons pas à relever ces défis, ni celui du renouvellement des générations, tant que notre environnement citoyen et politique ne prendra pas conscience du caractère contradictoire des demandes sociales, aggravé par des réglementations déconnectées des conditions de production ».