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Les Galapagos sous protection limitée

Marie Mallet s’est arrêtée plusieurs jours aux Galapagos pour étudier de près l’agriculture insulaire.
Les Galapagos sous protection limitée

En 2018, 245 000 visiteurs se sont rendus dans l'archipel des Galapagos pour admirer la faune et la flore caractéristique. Pouvant loger sur l'île, ces personnes doivent pouvoir se nourrir. Des marchés paysans proposent de l'agriculture locale et insulaire aux habitants et aux touristes mais celle-ci reste cependant marginale. Avec 97% de la surface de l'archipel protégée de toute activité humaine, la majorité des biens alimentaires viennent du continent et coûtent très cher. Afin de favoriser l'autonomie alimentaire de l'île, des jeunes agriculteurs se sont installés dans l'archipel en favorisant l'agriculture biologique. En Equateur, la certification est délivrée par des entreprises qui ont chacune un cahier des charges défini. « Selon l'entreprise où tu as souscris la certification, l'exigence n'est pas la même en termes de contrôle », explique l'animatrice. Karina Bautista, maraichère aux Galapagos, n'a ainsi pas souhaité se faire certifier. « Elle ne croit pas vraiment à ces labels bio. »

 

Protection des sols

Les agriculteurs ont conscience des limites agricoles et climatiques de l'île. « L'archipel est très jeune donc la formation des sols au niveau géologique n'est pas abouti. Il y a peu de terres et d'éléments fertilisants ». La gestion de l'eau et de la conservation des sols est donc prise en compte. Marie Mallet a rencontré Daniel Berméo, maraîcher, qui vend ses légumes au marché local des Galapagos ainsi que des paniers. Il fait pousser des caféiers et des arbres chétifs mieux adaptés au climat.

Si la labellisation en bio interroge les agriculteurs, c'est moins le cas chez les touristes qui font l'amalgame. « Un parc naturel est chargé de préserver l'environnement donc les visiteurs pensent que tout ce qui est issu du parc est "naturel et bio". Ce n'est pas le cas », explique l'animatrice. Un parc naturel classé au patrimoine mondial de l'Unesco n'a pas l'obligation de faire de l'agriculture biologique. De plus, 98% des marchandises sont importées, notamment d'Equateur. Pour Karina Bautista, il y a erreur sur la marchandise. « Elle considère que ce n'est qu'en communiquant avec les consommateurs qu'elle montrera la différence entre ces produits et ceux du voisin », précise Marie Mallet.

 

VM