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Les gens sont plus sensibilisés aux impacts sur l'environnement

Bruno Convert, apiculteur et nuciculteur, formateur au Syndicat apicole du Dauphiné communique sur sa passion, l'apiculture et son métier, l'agriculture.
Les gens sont plus sensibilisés aux impacts sur l'environnement

Vous êtes nuciculteur, mais aussi apiculteur ?

J'ai eu mes premières colonies d'abeilles en mars 2013. En 2015, j'ai suivi une formation d'initiation à l'apiculture, comme celle que je propose au mois de mars à Vinay* en tant que formateur. Elle se déroule en quatre temps et durant quatre mois : théorie, découverte d'un rucher, récolte du miel au rucher école de Vizille et préparation à l'hivernage au mois de septembre. C'est un ami adhérent du SAD qui m'a fait connaître la structure. Je suis entré au conseil d'administration en 2016.

Comment vivent vos abeilles dans le Sud-Grésivaudan ?

Notre exploitation nucicole est située à l'Albenc, sur les berges de l'Isère. Je démarre la saison apicole avec la majorité des colonies sur l'exploitation. C'est plus facile à surveiller, jusqu'à l'essaimage au printemps. Fin mai-début juin, lorsqu'il n'y a plus beaucoup de fleurs de tilleul à butiner, elles sont déplacées sur les hauteurs de Vinay où la floraison est légèrement décalée et où les chataigniers commencent à fleurir.

C'est pour moi une activité secondaire, l'activité principale restant la noix. L'été, j'aime être dans la nature et visiter mes colonies, avoir des abeilles dans les mains et arriver à les apprivoiser.

Echangez-vous avec les riverains ?

C'est quelque chose de récent et de nouveau. Les formations telle que celle qui va se dérouler à Vinay permettent d'échanger et attirent beaucoup d'inscrits. Elle étaient peu connues jusqu'à maintenant, il y avait peu de communication autour.
Mais la question est compliquée dans le Sud-Grésivaudan. A l'issue de la réunion, qui s'est déroulée à Vinay il y a quinze jours, on voit qu'il y a des difficultés de communication entre les Vinois. Pourtant, les Vinois, ce ne sont pas les producteurs de noix d'un côté et les riverains de l'autre. Avec mes deux casquettes, je me retrouve au milieu de ces interrogations. Mais la polémique ne m'intéresse pas. On peut faire de l'apiculture ici et partager cette passion avec un maximum de personnes. Je souhaite expliquer ce que je fais et le partager tout simplement.

Comment appréhendez-vous cette question ?

Il y a trois ans, je ne connaissais rien aux abeilles. Je me suis formé, j'ai rencontré des gens performants au SAD qui m'ont permis de faire moins de bêtises. La formation va dans les deux sens, concerne les agriculteurs comme les apiculteurs, qui ont tous des pratiques différentes. Oui, il existe des pesticides qui font crever les abeilles. Mais il y a aussi des gens qui font des erreurs avec les abeilles, par exemple si elles n'ont pas assez de nourriture pour passer l'hiver, elles meurent de faim. Bien sûr, chez les apiculteurs professionnels, leurs compétences ne sont pas remises en cause. Le souci, c'est quand il y a des pertes de 30% ou 40% sur des ruches. Il y a dans le département des secteurs où il y a beaucoup de mortalité et avec le SAD, nous  voulons savoir ce qui s'est passé.

 

Les nuciculteurs sont très observés ?

Les gens sont plus sensibilisés aux impacts sur l'environnement. Ils se posent beaucoup de questions parfois très légitimement. Nous sommes dans l'ère de la communication. En tant qu'exploitants, nous faisons une agriculture raisonnée. Quand je vais sous les noyers, je réfléchis à ce que je vais faire. Je ne fais pas n'importe quoi. Et je n'ai pas envie de voir disparaître les abeilles. Lorsque je démarre une colonie au printemps, il faut voir la magie de la nature ! Les abeilles nous apprennent plein de choses, notamment sur la météo.

Propos recueillis par Isabelle Doucet

*Devenez apiculteur : formation du SAD à la salle des fêtes de Vinay, les 1er, 8, 15 et 22 mars.