Accès au contenu
Dégâts de gibier

« Les sangliers détruisent le maïs en lait »

Malgré les déclarations et le constat d’un expert, les sangliers sont toujours plus nombreux dans l’exploitation Baccard à Pontcharra, détruisant blé et maïs sur leur passage.
« Les sangliers détruisent le maïs en lait »

Claude Baccard, 71 ans, descend de sa faucheuse en espérant trouver un peu de fraîcheur à l'ombre d'un arbre. « La semaine dernière encore, nous avons vu quatre sangliers sortir d'une de nos parcelles de maïs. » L'agriculteur s'occupe de l'exploitation familiale depuis 1976, aidé par sa femme Chantal, 58 ans. Le couple possède une centaine de bovins et gère 262 hectares en alpage privé et 70 hectares en plaine, dans les communes de Pontcharra et du Cheylas. « Nous pensons arrêter l'exploitation d'ici deux ans, c'est trop de travail », explique Chantal. D'autant plus que les relations avec les chasseurs ne s'améliorent pas.

Jusqu'à 80% des parcelles détruites

Cette année, Claude et Chantal cultivent une vingtaine d'hectares de maïs et trois hectares de blé. Pendant le semis en avril, plus d'un hectare de perte a été constaté par un expert, suite au passage de sangliers dans les cultures de maïs. « D'ici le battage en octobre, les dégâts seront beaucoup plus conséquents », regrette Chantal. « En ce moment, les sangliers sont dans les parcelles de maïs en lait. Les plants sont trop hauts pour leur tirer dessus, il est trop tard pour intervenir. »
Le couple a pourtant signalé les dégâts au président de l'Association communale de chasse (ACCA) de Pontcharra en avril. Après la venue de l'expert, une battue devait se tenir début juin mais n'a jamais eu lieu, contrairement aux communes voisines, Saint-Maximin et Le Cheylas. Malgré trois autres déclarations de dégâts par des agriculteurs dans le secteur, l'ACCA n'intervient pas. « Lorsque j'en ai parlé au président, il a déclaré que « seule une déclaration avait été faite » et que ce n'était pas suffisant », déplore l'agricultrice. Une trentaine de sangliers sont toutefois recensés autour de Pontcharra. « Le problème est qu'ils sont toujours là avec leurs petits, de plus en plus nombreux. » La semaine dernière, c'est une de leurs voisines qui a vu sa parcelle de blé détruite à 80% par les sangliers.

Relations complexes avec les chasseurs

Les parcelles du couple, intégrées à l'ACCA, sont soumises au passage des chasseurs. Ces derniers s'y aventurent lorsque les bovins sont en pâturage, selon Chantal Baccard. « Cela me dérange de voir passer les chasseurs avec leurs fusils et les chiens au milieu des bêtes, alors que rien n'est fait pour protéger nos parcelles des sangliers ». Elle espère pouvoir s'entretenir avec le président de l'association afin de faire interdire la chasse dans les parcs en présence des vaches. Pour le moment, le règlement mentionne cette interdiction uniquement pour « les clos à moutons et à chevaux lorsque les animaux y sont parqués ».
Une autre expertise de leur exploitation est prévue en octobre, juste avant le battage des maïs. Les dégâts constatés sont chaque année plus importants. En 2019, le couple a touché entre 1 000 et 1 200 euros de dédommagement de la Fédération départementale des chasseurs. Au printemps prochain, sur les conseils des louvetiers, ils contacteront le plus tôt possible la Direction départementale des territoires (DDT) pour une intervention contre les sangliers dès la période de semis.

Coline Mollard