Les Vals du Dauphiné en ordre de marche pour le climat
Le plan climat Air-Energie territorial (PCAET) est une obligation réglementaire pour les communes de plus de 50 000 habitants. En quoi consiste votre démarche ?
Quand on voit le niveau du lac de Paladru qui a descendu de plus d'un mètre, on est conscient qu'on a des choses à faire. Le plan climat va commencer par un diagnostic des émissions de gaz à effet de serre, réalisé par un bureau d'études, qui se terminera en décembre prochain. On pourra ensuite développer une stratégie et cibler nos actions, avec l'aide du centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) et de l'Ageden. Le but est de mettre en place une philosophie avec nos partenaires, entreprises, associations...On reste positif, c'est enthousiasmant comme démarche, les gens se mobilisent.
Vous ne partez pas de rien...
Une concertation informelle est menée depuis un ou deux ans avec l'aide du Cerema, avec des associations, des écoles, des élus, des entreprises pour savoir comment économiser de l'énergie et réduire les consommations. Plusieurs projets sont déjà lancés dans le territoire dans le domaine de l'énergie, comme le projet de méthanisation territorial avec l'usine agro-alimentaire d'Aoste et les trois projets de méthanisation agricole. La communauté de communes soutient ces initiatives. Dans le domaine de l'éducation, des enfants ont participé au défi énergie et devaient trouver des solutions pour économiser de l'énergie. Le PCAET va permettre de mettre en musique toutes ces actions.
Un travail semble déjà avoir été mené auprès des entreprises, des associations et des écoles. Mais comment mobiliser la population ?
Le développement durable, c'est de la concertation. Il y aura des réunions publiques prévues, des questionnaires écrits seront envoyés ainsi qu'un relai sur les réseaux sociaux. On va mener aussi des entretiens avec les acteurs clefs du territoire sans oublier un appel à initiatives. Un forum des acteurs sera ensuite organisé en décembre pour découvrir ces initiatives.
Les Vallons de la Tour, ancienne communauté de communes avant la fusion des Vals du Dauphiné, avait déjà un plan climat (2011-2016). Comment articulez-vous le travail déjà effectué?
On a préféré refaire un diagnostic commun pour en faire la base de notre stratégie de développement durable. Mais on travaille toujours avec la Capi. Le périmètre de Nord isère durable a été élargi aux Vals du Dauphiné. On poursuit aussi la démarche Tepos (territoire à énergie positive), initiée par les Vallons de la Tour en 2014.
Le plan climat doit respecter la réglementation du Scot, du Sage et des autres supports cadres Comment cela va s'articuler ?
Notre plan climat sera validé par les autres entités. Il y a également une évaluation environnementale et stratégique (ESS) qui consistera en des notices d'impact réalisées par un bureau d'études tout au long du processus de création du plan climat. On a aussi entamé la démarche de labellisation Cit'ergie. Tous les services sont impliqués et doivent associer les problématiques du développement durable dans leurs démarches. Tous les services et leurs actions menées dans le territoire seront intégrés dans le plan climat.
Les PCAET devaient être rendus au 1er janvier 2018 mais l'Etat vous a accordé un délai...
En effet, car nous sommes une communauté de communes jeune, créée au 1er janvier 2017. Nous rendrons le PCAET à la fin de l'année 2019, ce n'est pas un gros décalage. La première année, on devait organiser le travail de 200 agents venant de quatre structures différentes. On a mutualisé la logistique, le budget et échangé sur la situation géographique. Cette année, on a travaillé sur le transfert de compétences et des charges. L'année prochaine, on devrait être en ordre de marche, avec le rendu de notre plan climat.
Propos recueillis par Virginie Montmartin