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Louis Neel et Éloïse Mure-Ravaud remportent les Ovinpiades régionales

FILIÈRE / La ferme du lycée agricole de La Côte-Saint-André en Isère a accueilli le 18 décembre la finale régionale Rhône-Alpes de la 21e édition des Ovinpiades des jeunes bergers, qui se présente comme une occasion privilégiée de promouvoir la filière ovine.

Par Isabelle Brenguier
Louis Neel et Éloïse Mure-Ravaud remportent les Ovinpiades régionales
La finale régionale Rhône-Alpes des Ovinpiades des jeunes bergers s'est tenue à la ferme du lycée agricole de La Côte-Saint-André en Isère, le 18 décembre.

Les gestes d’un futur éleveur ovin, c’est ce qu’ont accompli 27 élèves venus des lycées agricoles de La Côte-Saint-André, de Cibeins dans l’Ain, de Ressins dans la Loire et de la Maison familiale rurale (MFR) de Chatte en Isère, le 18 décembre, sur la ferme du lycée de La Côte-Saint-André, lors de la finale régionale Rhône-Alpes des Ovinpiades des jeunes bergers. Durant toute la journée, ils ont participé à différents ateliers leur permettant de s’essayer - et de s’affronter - sur les opérations que réalisent au quotidien les éleveurs ovins, tels qu’apprécier la santé d’une brebis et son état corporel, trier les brebis avec un lecteur électronique, parer les onglons, évaluer l’état d’engraissement des agneaux et choisir un bélier qualifié. « Ces épreuves pratiques ont été complétées par une épreuve théorique destinée à valider les connaissances sur l’élevage ovin au niveau de la filière, de l’alimentation, de la reproduction, de la génétique, détaille Marine Moissonnier, chargée de mission filière ovine à la chambre d’agriculture régionale. Toutes les épreuves sont évaluées par un jury composé de trois personnes : un éleveur, un technicien et un membre du corps enseignant, qui les conseillent au fur et à mesure qu’ils s’exécutent. »

La passion des moutons

Mylène Michel, Marius Robin, Mathis Biniek et Dominique Thonizzo étudient tous les quatre au lycée de La Côte-Saint-André. Venant des Hautes-Alpes, du département du Nord et du Sud-Isère, ils nourrissent le projet de s’installer en ovins et en bovins, animés par la passion des moutons qu’ils ont depuis leur plus jeune âge, la volonté de les emmener en alpage, et aussi par une conjoncture ovine plus favorable aujourd’hui qu’il y a quelques années. Certains ont l’habitude de ces gestes, mais d’autres les ont réalisés pour la première fois, un peu stressés, mais déterminés à profiter de l’occasion pour apprendre ou s’améliorer. Si tous comptent bien s’installer, le contexte agricole du moment les inquiète profondément. Claude Font, éleveur en Haute-Loire et président d’Inn-Ovin Sud-Est, et Jean-François Gourdain, éleveur en Isère et président de l'association des éleveurs ovins du Nord-Isère, se sont prêtés à l’exercice de jury avec plaisir, guidant les jeunes dans l’accomplissement de leurs gestes avec les bêtes. « Cette journée est essentielle pour promouvoir la filière et les métiers d’éleveur et de technicien. Nous espérons attirer de nouvelles générations de professionnels, issus du monde agricole ou non. C’est l’avenir que nous préparons, souligne Claude Font. Cela passe par un partenariat important avec les établissements agricoles, dans un contexte où le domaine de l’environnement a tendance à prendre le pas sur celui de la production. Alors que les deux vont de pair et qu’il faut veiller à mettre en cohérence l’équilibre des exploitations. » Préoccupé par le renouvellement des générations, motivé à préserver cette filière qui produit seulement 40 % de ce qui est consommé, le responsable tient à mettre en avant ces productions françaises et européennes, indispensables à l’équilibre des territoires et pourvoyeuse d’emplois.

Préparer la relève

« L’éleveur de demain sera différent de celui d’aujourd’hui. Il faudra veiller à ce qu’il dispose d’un revenu, d’une qualité de vie et de reconnaissance. » De son côté, Jean-François Gourdain se réjouit de la tenue de ce concours dans l’enceinte d’un établissement scolaire. « Si on veut que des jeunes s’installent, il faut qu’on leur parle des moutons et qu’on les fasse travailler sur un troupeau. C’est une chance qu’il y en ait un à La Côte-Saint-André. C’est grâce à cela qu’on peut faire naître des vocations », estime-t-il. À l’issue de la journée, Matthéo Jordan, du lycée Ressins, est arrivé en tête de la finale. Mais ayant déjà participé à la finale des Ovinpiades 2025, et ne pouvant concourir deux années consécutives, ce sont donc Louis Neel, du lycée Ressins, et Éloïse Mure-Ravaud, du lycée de Cibeins, qui s’imposent comme les deux meilleurs jeunes bergers de Rhône-Alpes. Ils sont sélectionnés pour participer au Salon de l’agriculture à Paris.

Isabelle Brenguier