Loup : JA et la FNSEA « indignés »
Les deux syndicats d’agriculteurs, Jeunes agriculteurs (JA) et la FNSEA ont exprimé « leur profonde indignation » concernant un projet d’arrêté ministériel sur le loup.
Un projet d’arrêté ministériel sur le loup doit tenir compte du déclassement du loup par la Convention de Berne (décembre 2024) par le Conseil européen (avril 2025) puis par le Parlement européen (mai 2025). Il est passé d’espèce « strictement protégée » à « espèce protégée ». Après la validation européenne, reste à retranscrire ce déclassement dans le droit français, par la voie réglementaire. Or, c’est là que le bât blesse. Ni la FNSEA ni JA ne retrouvent dans le projet d’arrêté ministériel les avancées promises : « Le texte présenté s’apparente à un renoncement total », expliquent les deux organisations dans un communiqué du 27 novembre. « Ce texte creux laisse les éleveurs dans la même impasse qu’auparavant : maintien du quota annuel de prélèvements, restrictions de l’envoi des louvetiers, suspension des tirs, maintien d’un régime d’autorisation pour les bovins… », fustigent-elles. La FNSEA et JA demandent « l’adoption rapide d’une loi permettant une régulation véritablement opérationnelle du loup, débarrassée des lourdeurs administratives et centrée sur la protection effective des élevages et de la ruralité ».
La FNO conteste le comptage des loups
Le nombre de loups prélevés cette année sera finalement de 185 et non de 192 comme initialement prévu. Cette décision a fait sortir la Fédération nationale ovine (FNO) de ses gonds. Elle ne comprend pas pourquoi plusieurs loups ont été déduits de certains départements, notamment deux dans la Drôme et un dans le Var. La FNO pointe la méthode de comptage des loups qui est un point de divergence chronique entre les éleveurs et l’Office français de la biodiversité (OFB). Cette dernière considère qu’en l’absence de cadavre du loup, sa présence n’est pas avérée et qu’il convient de décompter un ou plusieurs prélèvements au quota fixé : 19 % pour l’année 2025. C’est pourquoi la FNO souhaite instaurer une règle simple : sans cadavre de loup, aucun décompte ne doit être retenu. La fédération rappelle aussi que « des précédents attestent des risques d’erreur : dans le département de la Saône-et-Loire, un loup blessé puis considéré comme prélevé avait été retiré du plafond. Or, l’animal est réapparu plusieurs semaines plus tard et a provoqué de nombreux dégâts sur les troupeaux environnants ». Lors d’un groupe national loup en septembre dernier, la préfète chargée du dossier, Fabienne Bucchio, avait annoncé que les attaques du loup contre les animaux de rente avaient grimpé de 25 % depuis le 1er janvier 2025.