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Crise agricole

Matignon doit revoir sa copie

Après sa rencontre avec Sébastien Lecornu et un courrier adressé à la FNSEA, le syndicat agricole a répondu, aussi par écrit, au chef du Gouvernement. 

Par Christophe Soulard
Matignon doit revoir sa copie
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a reçu tous les syndicats agricoles (à l'exception du Modef) le 18 décembre.

Conformément à son engagement lors de sa rencontre avec la FNSEA à Matignon le 19 décembre, le Premier ministre a fait parvenir un courrier de cinq pages à Arnaud Rousseau, président de la FNSEA sur la gestion de la crise agricole. « Le courrier reçu ne répond pas à cette attente », a commenté la FNSEA sur son compte X. Le syndicat majoritaire « attend du Premier ministre qu’il revoie sa copie d’ici le rendez-vous de la première semaine de janvier. Le compte n’y est pas ». « Malgré un récapitulatif utile de la situation et du contexte, aucun engagement opérationnel supplémentaire n’est apporté. Les réponses attendues, notamment sur les indemnisations des animaux bloqués, la sécurisation économique des exploitations ou encore le soutien aux céréaliers, ne sont pas au rendez-vous », explique la FNSEA. 

Chantiers majeurs

Le syndicat majoritaire a néanmoins répondu au Premier ministre dans un courrier du 20 décembre dans lequel il réitère ses demandes de « vision claire sur l’avenir de l’agriculture en France et en Europe » et d’« une politique publique permettant d’atteindre ce cap ». La FNSEA presse le gouvernement de « passer aux actes » et de faire publier les décrets d’application de la loi d’orientation et de la loi Duplomb-Menonville. Elle regrette aussi que le Gouvernement reste inactif sur les projets structurants comme le plan Agriculture Méditerranée, le plan Fruits et Légumes, mais aussi les chantiers majeurs que constituent la gestion de l’eau, la simplification, la prédation, les questions sociales et fiscales. De manière très diplomatique, la FNSEA estime que le Gouvernement méprise les agriculteurs, en prenant l’exemple des aires de captage : « Les discussions en cours avec le Gouvernement laissent à penser que nous ne l’abordons pas de la bonne manière ». Autre exemple : celui de 6 000 agriculteurs qui ont reçu fin 2025 des courriers leur ôtant une partie des aides Pac « pour de pures questions de formalités administratives ».

Espoirs déçus

« Les agriculteurs sont épuisés par les injonctions contradictoires, par les décalages entre les discours en faveur de la souveraineté et les contraintes imposées, par les politiques commerciales incohérentes avec nos normes de production… », écrit le président de la FNSEA qui évoque aussi la MACF, la crise viticole, la question de la mobilisation de la réserve européenne… La FNSEA attend les réponses du Premier ministre de pied ferme, sur ces nombreux dossiers, à l’occasion de leur rencontre prévue vers le 8 janvier.

Christophe Soulard