« Nous devons revoir le plan loup »
Durant l'inauguration de la foire de Beaucroissant, Laurent Wauquiez s'est fait le chantre des anti-loups, prenant à contrepieds les déclarations du ministre de l'environnement Nicolas Hulot.
M. Wauquiez se trompe quand il explique que le sujet du loup a été laissé entre les mains de doux rêveurs environnementalistes. Ce sujet nous concerne tout autant que l'agriculture et l'environnement. Yann Souriau, maire de Chichilianne, l'a très justement dit : ce n'est pas un problème uniquement français, il est d'un niveau européen. D'autres députés ont les mêmes problèmes dans les Pyrénées avec l'Espagne. C'est avant tout un problème pour l'agriculture européenne que l'on doit traiter avec les autres pays européens. Nous sommes conscients qu'il faut arriver à retrouver un juste équilibre et une bonne insertion dans ce milieu qui n'est plus le milieu naturel d'origine. La bête était bien dans la montagne avant, mais ce n'était pas le même paysage, pas la même topographie. Depuis, la reforestation et la diminution des terres agricoles pose de véritables défis. Cela déséquilibre les rapports et met les agriculteurs dans des situations intenables. Notre première démarche cet été a été de faire augmenter le nombre de loup à abattre. Certes ce n'est pas énorme, de 38 à 40, mais notre volonté était protéger à la fois la nature et les agriculteurs.
Nicolas Hulot a déclaré une chose importante : il faut revoir complètement notre plan loup. Nous l'avons interpellé plusieurs fois à l'Assemblée nationale et nous avons tous le même objectif : nous lui avons dit que l'on peut avoir des loups mais avant tout il faut protéger nos agriculteurs. C'est clair et net. Nous voulons mettre le plan loup sur la table, le revoir et que l'on nous propose de véritables solutions.
Vous ne rejetez donc pas la responsabilité sur l'Europe ?
Comme pour le modèle agricole, nous ne sommes pas tout seuls. Nous devons avoir une vision au niveau européen. Nous devons arriver à une harmonisation et à parler ensemble avec les pays limitrophes pour le loup ou avec la totalité de l'Europe pour le modèle agricole, pour que notre modèle européen soit celui qui marche. Cela ne sera pas le cas si nous sommes tout seul à le défendre. Nous ne sous défaussons pas et devons dire clairement aux autres pays européens ce que nous voulons.
A quoi vont aboutir les Etats généraux de l'alimentation (EGA) ?
Nous avons souhaité, alors que ce n'était pas prévu au départ, porter les EGA dans notre département, dans nos territoires parce qu'il est essentiel d'avoir la parole des agriculteurs de tous les secteurs. Nous attendons aussi des avis des acteurs de l'agro-alimentaire, des industriels et des concitoyens. Cela donnera lieu à un rapport parlementaire que nous présenterons aux ministres et au Premier ministre. L'objectif est multiple et ne se traduira pas seulement par des lois et des règlements. Nous savons d'ores et déjà que nous modifierons la loi de modernisation de l'économie, parce qu'elle n'est pas adaptée, parce qu'elle ne fonctionne pas, et que l'on sait qu'elle a fait du mal aux agriculteurs. La loi Sapin 2 également. Nous ne voulons pas juste les revoir avec des yeux de technocrates. Il faut réfléchir sur des choses concrètes. C'est pour cela que l'on fait ces EGA, pour récupérer des idées. Le constat que l'on connaît, c'est la détresse des agriculteurs et les différentes demande des concitoyens. Entre les deux, il faut que les acteurs puissent faire aussi part de leurs remarques.
Les agriculteurs ne vivent pas de manière correcte. Ce n'est pas possible. C'est un métier de passionnés, qui ne tient que parce qu'ils ont cette passion, ce n'est plus possible. Modifier cette situation relève de notre responsabilité.