Plus de mariages, moins de bébés
Société / Les derniers chiffres de l’Insee font état d’un regain des mariages en région.
Après des décennies d’érosion, le mariage connaît un regain de vigueur en Auvergne-Rhône-Alpes. En 2025, près de 30 000 unions ont été célébrées dans la région, un niveau inédit depuis 2009, selon une étude de l’Insee publiée en avril 2026.
La région confirme ainsi sa place de deuxième territoire français pour le nombre de mariages, derrière l’Île-de-France, avec 12 % des unions célébrées en France métropolitaine, soit un poids équivalent à celui de sa population.
Ce rebond ne gomme toutefois pas une tendance de fond : sur un demi-siècle, le mariage reste en net recul. Depuis 1975, le nombre d’unions a diminué de 29 % en Auvergne-Rhône-Alpes ; une baisse moins prononcée qu’au niveau national (-37 %).
La région résiste donc davantage que la moyenne française à la désaffection progressive pour le mariage.
Le mouvement a été marqué par plusieurs soubresauts. Deux pics ont été observés autour des années 1990 et 2000, le passage au nouveau millénaire ayant probablement joué un rôle symbolique.
Plus récemment, la crise sanitaire a provoqué un décrochage spectaculaire : en 2020, le nombre de mariages tombe à 19 300, avant de repartir fortement à la hausse et de dépasser le niveau d’avant-Covid dès 2022.
En 2025, la région retrouve le volume observé seize ans plus tôt, avec 30 000 unions, contre 42 400 en 1975.
L’Isère, un des moteurs régionaux
L’Isère occupe une place centrale dans cette dynamique : avec le Rhône et la Haute-Savoie, le département concentre un mariage sur deux célébrés en Auvergne-Rhône-Alpes. Ces trois territoires regroupent à eux seuls la moitié de la population régionale.
Mais l’Isère n’échappe pas à la tendance de fond. Entre 1975 et 2023, le nombre de mariages y a reculé d’environ 31 %, selon l’Insee. Une diminution proche de la moyenne régionale (-29 %), mais nettement moins marquée que dans certains départements plus ruraux ou vieillissants, comme le Cantal (-64 %) ou l’Allier (-57 %).
À l’inverse, la Haute-Savoie fait figure d’exception : c’est le seul département où le nombre de mariages progresse encore sur cinquante ans (+ 3 %), porté par une forte croissance démographique et l’attractivité de la zone frontalière suisse.
Autre enseignement : la région affiche aujourd’hui un taux de nuptialité de 3,5 mariages pour 1 000 habitants, exactement au niveau de la moyenne métropolitaine. Ce taux a toutefois été divisé par deux depuis 1975, où il atteignait 6,9 ‰.
Les unions homosexuelles restent minoritaires
Les mariages entre personnes de même sexe représentent une part limitée des unions, mais désormais stabilisée.
En 2025, 800 couples homosexuels se sont mariés en Auvergne-Rhône-Alpes, soit 2,7 % de l’ensemble des mariages, légèrement en dessous de la moyenne nationale (2,9 %).
Depuis la légalisation du mariage pour tous en 2013, près de 9 800 unions de même sexe ont été enregistrées dans la région. Après un pic lié à un effet de rattrapage en 2014, le rythme s’est stabilisé autour de 700 mariages par an.
Quant au Pacs, il s’est installé durablement dans le paysage conjugal s’ajoutant au mariage sans le remplacer. Introduit en 1999, il a progressivement gagné du terrain en Auvergne-Rhône-Alpes jusqu’à atteindre 23 000 unions en 2010, un niveau ensuite stable jusqu’en 2016, dernière année de données régionales disponibles.
Selon les derniers chiffres de l’Insee, le nombre de Pacs conclus en France en 2024, s'établit à 197 000 et celui des célébrations de mariage à 251 000 en 2025.
Au 1er janvier 2026, la population en France est estimée à 69,1 millions d’habitants, soit 0,25 % de plus qu’un an auparavant. 22 % de la population a au moins 65 ans, soit presque la même proportion que celle des moins de 20 ans.
En 2025, 645 000 bébés sont nés en France. C’est 2,1 % de moins qu’en 2024 et 24 % de moins qu’en 2010, année du dernier point haut des naissances.
L’indicateur conjoncturel de fécondité poursuit sa baisse : après 1,61 en 2024, il s’établit à 1,56 enfant par femme en 2025 ; c’est le niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Et pour la première fois depuis cette date, le solde naturel en France est négatif en 2025 : il s’établit à ‑6 000.
En 2025, 651 000 personnes sont décédées en France, soit une hausse de 1,5 % par rapport à 2024. Cette augmentation est notamment liée à l’épidémie de grippe hivernale. L’espérance de vie à la naissance augmente toutefois : elle s’établit à 85,9 ans pour les femmes et à 80,3 ans pour les hommes.