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Pays roussillonnais

Pour limiter les accidents, ils s'échauffent avant de travailler

PEPINIERE/ Depuis quelques années, et selon la bonne volonté de chacun, des employés des pépinières de l'Ambre, à Anjou dans le pays roussillonnais, pratiquent quelques exercices sportifs avant de travailler. Une initiative originale pour prévenir les risques d'accidents du travail.
Pour limiter les accidents, ils s'échauffent avant de travailler
Selon la Mutualité sociale agricole (MSA) Alpes du Nord, les accidents du travail en pépinière représentent près de 10 % de l'ensemble des accidents et sont le plus souvent liés à des chutes.
A la pépinière de l'Ambre, à Anjou, les employés ont trouvé un bon moyen de prévenir ces risques d'accidents. Et pratiquent régulièrement, avant de commencer à travailler, des exercices d'échauffement. Comme des sportifs.
Florian Primay, co-responsable de l'entreprise depuis son rachat il y a deux ans, raconte : « Tout cela a débuté à l'époque où j'étais simplement employé à la pépinière. Je faisais de la capoeira*, tout comme un de mes collègues. Nous avions l'habitude de nous échauffer, et cela nous semblait logique de le faire avant de travailler ». Il explique aussi que Jacques Chapuis, créateur et propriétaire des pépinières de l'Ambre jusqu'en 2009, a toujours encouragé ce genre de pratiques : « C'était son cheval de bataille pour éviter que ses employés aient des accidents. Il disait souvent que l'on fait les vidanges sur les machines, mais pas l'entretien des hommes ».

Des techniques pour forcer sans se blesser
Sur les sept employés de la pépinière, tous n'adhèrent pas à l'idée. « C'est suivant le bon vouloir de chacun, rien n'est imposé. C'est aussi une question de génération. Certains professionnels, plus âgés, sourient en nous voyant », précise, avec humour, le jeune responsable.
Bouger les bras, s'étirer, courir pour échauffer les muscles... Ce professionnel juge ces pratiques utiles, car « nous sommes tout le temps dehors, qu'il fasse chaud ou froid. Le corps peut souffrir, il faut en prendre soin car c'est notre principal outil de travail », assure-t-il. D'autant plus qu'ils sont amenés à porter des végétaux lourds, sur des terrains pas toujours plats. « C'est là où le dos est déséquilibré et nous risquons de nous blesser », note-t-il. Et d'ajouter : « Nous faisons attention à ne pas trop forcer avec le dos, mais plutôt avec les jambes. Il existe des techniques pour forcer sans se faire mal ».
Sans pouvoir affirmer que cela réduit le nombre d'accidents du travail, Florian Primay assure sans hésiter que ces exercices permettent tout de même d'en éviter quelques-uns et parfois, de limiter la gravité des blessures. Une méthode qui s'inscrit dans la continuité de ce qu'avait instauré Jacques Chapuis « avec le droit à deux séances d'ostéopathie par an, pour chaque salarié de son entreprise ».
Lucile Ageron
*Capoeira : art martial afro-brésilien mêlant danses et méthodes de combat.