Présidentielles : la FNSEA avance ses propositions
SYNDICAT / Le rapport d’orientation 2026 de la FNSEA, validé lors du dernier congrès, contient quelques mesures phares en matière d’agriculture qui seront soumises aux candidats à l’élection présidentielle 2027.
Le rapport d’orientation de la FNSEA est tout entier tourné vers l’échéance de l’élection présidentielle de 2027. « A la différence des rapports précédents, celui-ci s’adresse directement aux candidats et précise les orientations qui nous paraissent essentielles pour que le changement de logiciel, tant attendu en matière d’agriculture, voit enfin le jour », a expliqué le rapporteur et porte-parole de la FNSEA, Yohann Barbe, entouré des corapporteurs Frank Sander, Marie-Amélie Viargues et Frédéric Vincent. « On a voulu se saisir de ce moment particulier pour appeler à un cap clair, stable et partagé », a-t-il expliqué à propos de ce document qui complète et synthétise une partie des réflexions du rapport d’orientation de 2023. Le rapport, intitulé « Le projet de la FNSEA pour notre souveraineté : produire, entreprendre et vivre de l’agriculture en France », a également été préparé de manière à lui donner plus encore de retentissement et de légitimité. « Nos propositions s’appuient sur une consultation inédite du réseau sur sa vision et ses besoins, impliquant plus de 1 200 agriculteurs et agricultrices dans 85 départements, représentant toutes les filières », a expliqué Marie-Amélie Viargues. « Les mesures que nous préconisons ne viennent pas de Paris mais bien des territoires et sont largement partagées », a repris Yohann Barbe, observant que les préoccupations économiques, sur le revenu, la modernisation et la transmission étaient dominantes. « Les attentes des agriculteurs envers le futur président de la République convergent vers plus de simplification et plus de moyens (techniques, agronomiques, innovation…) », a-t-il poursuivi.
Une Direction générale de la souveraineté alimentaire
Le rapport formule quatre mesures phares que devrait engager tout chef de l’État dans la première année de sa mandature afin de marquer un cap. La première serait de marquer « son soutien politique clair et sans ambiguïté sur le fait que produire en agriculture est une solution incontournable pour l’avenir de notre pays, pour nourrir mais également au regard des aménités positives du secteur », est-il écrit. Pour affirmer le rôle stratégique de l’agriculture, notamment en matière de souveraineté, la FNSEA propose ensuite la création d’une Direction générale de la souveraineté alimentaire « au sein d’un ministère de l’Agriculture ayant réintégré tous les secteurs concourant à la souveraineté alimentaire et non alimentaire ». « Il manque aujourd’hui au ministère de l’Agriculture une capacité de pilotage autonome vis-à-vis de Bercy ou d’autres strates administratives », a précisé Yohann Barbe.
Un principe d’innovation dans la Constitution
Troisième mesure préconisée : la mise en œuvre rapide d’une réforme constitutionnelle, « pour la reconnaissance de l’agriculture comme activité d’intérêt général ». La FNSEA milite pour que soit inséré « un droit à l’approvisionnement alimentaire pour garantir un accès à l’alimentation issue de l’agriculture française à tous les citoyens », mais aussi l’introduction d’un principe d’innovation qui se substitue à l’actuel principe de précaution « devenu principe d’inaction ». Enfin, le rapport demande que le futur chef de l’État porte « l’ambition productive de l’agriculture et la protection des marchés communautaires sur le terrain européen et international ». Cela passe par la défense « d’un budget pour la Pac dédié, la garantie des règles uniques dans le marché commun, des mesures de réciprocité dans l’ensemble des échanges, etc.» Outre ces grandes orientations, le rapport revient sur plusieurs mesures destinées à redonner du revenu et de la visibilité aux exploitations, comme une plus grande autonomie accordée aux collectivités en matière de revitalisation des territoires avec l’élargissement du dispositif « France territoires d’agriculture » ou encore la prise en compte d’un « prix d’équilibre et de tunnels de prix qui intègrent les coûts complets de production sous la forme d’indicateurs économiques ». Toutes ces propositions seront portées dans le débat en plusieurs étapes, a conclu Yohann Barbe. Elles devront être débattues au sein du Conseil de l’agriculture française (CAF) « notamment avec La Coopération agricole puis vivre une deuxième vie dans les régions pour qu’elles se les approprient avec une vision territoriale ». Elles seront ensuite soumises aux équipes des candidats, avec en point d’orgue « le grand oral des candidats » lors du congrès de la FNSEA à Strasbourg, les 31 mars, 1er et 2 avril 2027.
Le conseil d’administration issu des élections du congrès de Caen a procédé à l’élection de son bureau. Si Arnaud Rousseau (Seine-et-Marne) et Hervé Lapie (Marne) ont été réélus respectivement président et secrétaire général sans surprise, le nouveau bureau compte 15 membres dont quatre nouveaux, dont trois femmes. Charlotte Vassant, agricultrice dans l’Aisne, secrétaire générale adjointe, Marie-Amélie Viargues, agricultrice dans l’Aveyron, Sylviane Lefez, agricultrice en Seine-Maritime, présidente de la Commission nationale des agricultrices de la FNSEA, accèdent au bureau ainsi que Jean-François Fruttero, agriculteur en Dordogne, également président de la MSA. Autre nouveauté, la FNSEA compte désormais quatre secrétaires généraux adjoints contre trois précédemment.
Actuagri
Le bureau renouvelé
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